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I. Beaunis, Physiologie, p

DÉSASSIMILATION.

chaleur, etc.), c’est-à-dire que le fait de dégagement de chaleur n’implique pas nécessairement le fait de combustion produisantde l’acide carbonique, pas plus que le dégagement d’acide carbonique n’implique celui de la production de chaleur.

En effet, d’une part les données nouvelles de la thermochimie montrent que des phénomènes autres que les combustions ou oxydations peuvent être la source de chaleur. Berthelot, qui a fait de ce sujet une étude approfondie, ramène les sources de la chaleur animale à cinq espèces de métamorphoses : ce sont d’abord les effets qui résultent de la fixation de l’oxygène sur divers principes organiques, puis la production d’acide carbonique par oxydation, ensuite la production d’eau, en quatrième lieu la formation d’acide carbonique par dédoublement, enfin les hydratations et les déshydratations. — D’autre part, Berthelot a également montré que l’acide carbonique de l’économie ne se forme pas toujours par oxydation du carbone, et provient quelquefois d’un dédoublement qui absorbe de la chaleur. Ces faits doivent intervenir dans le calcul exact et détaillé, évidemment prématuré aujourd’hui, de la chaleur et du travail produits parles animaux aux dépens des diverses substances nutritives qu’ils utilisent.

\U. Actes complémentaires de la désassimilation.

Nous avons vu que l’assimilation qui se produit au niveau des éléments anatomiques peut être précédée de certains actes d’emmagasinement et de formation qu’on peut considérer comme des actes préliminaires. De même, la désassimilation est achevée par certains actes complémentaires, c’est-à-dire que les produits de désintégration formés au niveau des tissus ne sont pas toujours rejetés au dehors sous la forme où ils ont pris naissance dans l’intimité des divers éléments anatomiques, mais peuvent subir, dans des organes particuliers, une transformation plus complète leur donnant le caractère définitif de produits excrémenlitiels. Ces actes complémentaires de la désassimilation sont peu connus, et ils n’ont été nettement étudiés que réi cemment pour les produits de désintégration des substances

albuminoïdes, dont la transformation définitive en urée semble s’accomplir dans le parenchyme hépatique. Nous emprunterons au mémoire de Brouardel1 les principales indications sur cette intéressante question de physiologie. Gomme le fait remarquer Armand Gautier (op. cü., t. II p. 1 9), 1 urée ne se produit pas d emblee dans l’économie par l’oxydation des matières azotées ; les dédoublements auxquels sont soumises ces matières donnent des produits riches en azote, qui sont soumis à des oxydations successives et se retrouvent dans les muscles, le sang, le cerveau (créatinine, xanthine, sarcine, acide urique). Bans les muscles, qui sont cependant le siège de combustions si intenses, on ne trouve pas durée; c’est que dans ces organes, comme dans la plupart des tissus, les albuminoïdes ne subissent que les premières phases de leur oxydation.

Où donc s’achèvent ces actes de combustion et de dédoublement? Dès 1864, Meissner avait été amené à considérer le foie comme l’organe principal où se produit l’urée : ayant contaté dans le foie des poulets de l’acide urique en quantité considérable, et sachant que l’acide urique des oiseaux est l’analogue de l’urée chez les mammifères, il fut amené à rechercher l’urée dans le foie de ces derniers, et y. trouva en effet cette substance en proportion relativement notable (voy. Brouardel, op. cit., p. 10). Puisque le foie, dit Meissner, contient une proportion relativement forte d’urée, lorsque les muscles, les poumons n’en révèlent aucune trace, il est permis de conclure que c’est le foie qui est le principal lieu de formation de l’urée. Ces résultats ont été confirmés par Bouchard, par Kuhne, par Cyon, etc.; ce dernier physiologiste a cherché à résoudre la question de la formation d’urée dans le foie par une expérience directe, en dosant la quantité contenue dans la veine porte et celle qui se trouve dans les veines sus-hépatiques des chiens: il a ainsi constaté que le sang qui sort du foie contient presque deux fois plus d’urée que celui qui y entre. Enfin, Murchison, adoptant les résultats de ces expériences physiologiques et enrecherchantles confirmations cliniques,

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