SUEUR
(fournir l’eau à la sécrétion, la glande sudoripare emprunte 'Ses liquides aux tissus voisins, absolument comme nous avons vu que le faisaient les glandes salivaires. Les sueurs î prof uses de l’agonie se font sur une peau froide et pâle ; le >vulgaire parle avec juste raison de sueurs froides sous l’influence de certaines émotions. En effet, c’est l’état nerveux qui influe sur la sudation ; on transpire souvent parce que telle ou telle idée se présente, parce qu’on a peur. Ces sueurs sont souvent entièrement localisées, et dans tel ou tel point du corps selon les individus ; des réflexes très caractérisés peuvent produire une abondante sueur sur une zone du corps, sur une partie de la face ; dans certains cas d’hémiplégie la sueur peut ne se montrer que d’un côté du corps ; l’impression du vinaigre sur la langue et la muqueuse buccale produit de grosses gouttes de sueur sur le front, et parfois sur un seul côté du front ou de la face. On ne connaît pas bien les voies nerveuses de ces réflexes; la moelle épinière paraît en être le centre.
La sueur, ainsi sécrétée par le peloton sudoripare, suit e canal excréteur et arrive jusqu’au niveau de l’épiderme lont elle traverse les différentes couches par le canal sans parois propres creusé au milieu d’elles. La couche de Mal- )ighi étant très riche en liquide, la couche cornée proprement dite étant très cohérente, aucune de ces couches l’ empruntera riéaà la sueur; mais lacouche laplus superficielle, la couche cornée pulvérulente, furfuracée, poreuse, m absorbera une grande quantité dans ses interstices! ja sueur en arrivant à ce niveau est comparable à un fleuve
esseriement notable des vaisseaux; 2° qu’au moment de la mort orsque le cœur est sur le point de s’arrêter, on voit, sur les chats’ a sueur sourdre des pulpes digitales alors pâles et exsangues.— )’une manière générale, il n’y a aucune relation entre le degré de a congestion des pulpes digitales et l’activité de la sécrétion su- [orale dont elles sont le siège : en effet chez certains chats âgés on e parvient a provoquer la sécrétion des glandes sudoripares des’oreils ni par la curarisation, ni par l’action du jaborandi ou de la piîcarpine, etc.; cependant, sur ces mêmes chats, les actions vasoîotrices, constrictives ou dilatatrices, directes et réflexes, s’obtiennent ncore facilement. (Vulpiàn, Academie des sciences, mai août et septembre 1878.) ’
TÉGUMENT EXTERNE
qui se perd clans les sables ; presque tout le liquide disparaît. Aussi quand on touche la peau d’un homme en bonne santé, on la trouve légèrement humide et donnant une sensation indéfinissable, mais qu’on ne retrouve plus sur la peau en cas de fièvre, dans la période où la sueur est totalement supprimée. Ce n’est que dans les cas où la sueur est très abondante, qu’après s’être infiltrée dans la couche pulvérulente, elle déborde et apparaît sous la forme de gouttelettes au niveau des canaux excréteurs. Mais, dans les conditions les plus ordinaires, la sueur s’arrête dans les couches furfuracées, produit ainsi la moiteur de la peau, et s’échappant à l’état de vapeur, constitue ce qu’on nomme Y exhalation cutanée insensible.
Cet état d’humidité d’une couche poreuse superficielle met la peau et l’organisme entier dans des conditions toutes particulières: il se fait là une évaporation continue, par suite une perte de chaleur, qui est en raison directe de l’abondance de la sueur. Sous ce rapport le corps humain est comparable à ces vases poreux, à ces alcarazas qui servent à rafraîchir l’eau par l’évaporation produite à leur surface: or, comme la sudation est en général augmentée par l’élévation de la température extérieure, ou par toute action (travail musculaire) qui tend à produire de la chaleur en nous, nous possédons par cela même un moyen de nous défendre contre une accumulation trop considérable de calorique; et en effet nous avons vu, en étudiant la chaleur animale, que notre température ne pouvait sans danger dépasser 40 à 41° (voy. p. 482). Mais en même temps que la sueur constitue pour nous un précieux moyen de lutter contre la chaleur, elle offre par suite un grand danger: elle peut, en fonctionnant trop, ou mal à propos, amener un refroidissement.
Quand un semblable refroidissement se produit, la sécrétion de sueur s’arrête tout à coup, mais le plus souvent il est déjà trop tard, et le mal est fait; en effet ces refroidissements ont des retentissements singulièrement graves et variés sur toutes les parties de l’organisme. Les anciens, frappés surtout par l’arrêt de la sudation, lui attribuaient le plus grand rôle, et de même qu’ils considéraient la sueur surtout comme un émonetoire,
sueur.
:1s considéraient sa suppression, sa rétention, comme une cause d’empoisonnement. Sans doute la sueur contient des excréta, mais pas en assez grande quantité pour que nous puissions touijours comprendre ce prétendu empoisonnement, et de même que nous regardons le rôle rafraîchissant de la sueur comme son principal but physiologique, nous voyons dans ce refroidissement exagéré la cause principale de troubles dont la suppression de la sueur n’est alors qu’un phénomène concomitant.
Cette manière de voir est confirmée par les recherches de Lomikowsky ( Journ . de l’Anat. et de la Physiol, juillet 1878) sur les animaux vernis. Les expériences déjà anciennes de Fourcault (1838), celles de Valentin, d’Edenhuizen, et enfin celles plus récentes de Laschkéviteh, ont montré que lorsqu’on applique un vernis sur la peau d’un animal, celui-ci présente bientôt des troubles caractérisés par un tremblement général, l’accélération de la respiration, un abaissement considérable de température, et enfin la mort de l’animal, à l’ouverture duquel on constate des altérations des organes internes (congestion et hémorragie de la muqueuse gastro-intestinale, etc.;. Chose remarquable, si l’animal verni est enveloppé de ouate, ou placé Idans un milieu maintenu à une température élevée, tout symptôme morbide s’évanouit. Laschkéviteh, en présence de ce dernier fait, fut porté à penser que la mort des animaux vernis provient du refroidissement : expérimentant dans le sens de cette hypothèse, Lomikowsky a constaté que l’application de vernis sur la peau provoque chez les animaux des pertes ascendantes de calorique, sous forme de rayonnement, c’est-à-dire que la portion vernie de la peau de l’animal dégage une bien plus considérable quantité de calorique que celle qui ne l’est pas. I ne contre-épreuve a été faite en plaçant les animaux intacts (non vernis) dans un milieu très froid; ces animaux, refroidis par l’emprunt forcé de calorique que leur faisait le milieu ambiant, ont présenté les mêmes symptômes et succombé avec les mêmes lésions que les animaux vernis.
Sans doute aussi faut-il tenir compte de la suppression de la ■sécrétion excrémentitielle de la peau; tel est du moins le résultat des expériences de Lang (de Gôtlingen) ; cet auteur, étudiant les effets de la suppression de la perspiration cutanée, est arrivé aux résultats suivants: A l’autopsie d’animaux morts après avoir été enduits d’un vernis, il a trouvé des cristaux caractéristiques de phosphate anjmoniaco-magnésien dans le tissu cellulaire, le péritoine, les muscles. L’élude d’expériences de ce genre parait démontrer que, l’excrétion cutanée étant suppri-
TÉGUMENT EXTERNE
mée , les produits d’élimination tendent à prendre la voie du loin , cet oigane est par suite hypérénue ; plus tard même une exsudation se fait dans les canalicules urinifères, qui sont finalement oblitérés; de là rétention.'de l’urée avec toutes ses conséquences. Il est donc naturel d’admettre que cette substance, étant retenue dans le sang, produit en se décomposant de l’ammoniaque qui se combine avec les phosphates, pour déterminer la formation des cristaux susmentionnés de phosphate ammoniaco-magnésien. Les recherches faites sur les causes de la mort a la suite de brûlures étendues ont donné lieu aux mêmes résultats. Ainsi la mort par suite de la suppression de la perspiration cutanée aurait, entr’autres, pour cause l’hypérémie rénale, suivie de l’exsudation parenchymateuse dans les canalicules du îein, qui finissent par s oblitérer, et la rétention des principes excrémentitiels de l’urine1.
2° Glandes et sécrétion sébacées.
Les glandes sébacées se trouvent sur presque tous les points des téguments : en général elles sont annexées aux poils (voy. fig. 1 1 1), comme nous l’avons dit précédemment; mais en quelques régions où il n’y a pas de poils, elles peuvent se trouver isolées, comme sur le gland et la face interne du prépuce, sur le mamelon et à l’entrée du vagin ; enfin quelques points du tégument, comme la paume de la main, n’offrent ni poils, ni glandes sébacées (mais seulement des glandes sudoripares). — Autour des poils, les glandes sébacées forment des culs-de-sac multiples, qu’on peut considérer comme des bourgeons du follicule pileux (fig. 111 et 113), et qui entourent le collet du poil quelquefois en si grand nombre qu’ils masquent complètement l’appareil pileux. Ces glandes sont le type le plus simple des glandes en grappe : leur contenu est formé par des globules épidermiques dont les plus extérieurs sont bien conformés et identiques aux éléments de la couche de Malpighi; mais, a mesure que ces globules se rapprochent du centre de la cavité glandulaire, on les voit s’infiltrer de graisse, s’hypertrophier, et finalement se dissocier et laisser échapper leur contenu, espece d’émulsion de matières grasses et albumi-