SUEUR
-et peut être représentée selon les circonstances par des nombres qui seront dans les rapports de 1 à 100. Cependant on évalue en moyenne la sueur de 24 heures à 1 kgr., 300 contenant 15 à 20 gr. de parties solides; cela fait 40 à 142 gr. de sueur par heure; mais la sécrétion peut s’élever ià 400 gr. par heure sous l'influence d’un exercice violent. Dans ce cas la quantité d’excreta solides peut aussi augmenter, et l'on s’explique ainsi l’affaiblissement qui résulte de sueurs prolongées. Le produit solide normal de la sueur (15 à 20 gr.) représente à peu près 1/4 du produit solide de l’urine (60 à 70 gr.); ce rapport est précisément le même que nous avons indiqué entre les masses des deux appareils (on remarque en général que les parties solides du produit des glandes sont en rapport avec la masse de celles-ci et qu’il n’y a que la quantité d’eau qui varie).
La sueur se compose d’eau, des sels ordinaires du sang (le chlorure de sodium domine, de principes gras, et d’un grand nombre d’acides, tels que l’acide formique, butyrique, propionique et même un acide qui lui serait particulier, Y acide sudorique (Favre). Aussi la réaction de la sueur est-elle généralement acide; elle peut le devenir encore plus, si les corps gras qu’elle contient se dédou- Dlent et laissent dégager leurs acides. Ce sont ces acides gras et volatils qui donnent à la sueur son odeur acide, parfois très variable selon les personnes, et même selon les races humaines. — La sueur contient toujours un peu de graisse par elle-même; ainsi à la paume de la main il n y a pas de glandes sébacées, mais d’abondantes glandes sudoripares, dont le produit est toujours chargé d’une certaine proportion de corps gras. Certaines sueurs ( glandes de l aisselle) contiennent une proportion beaucoup plus considérable de corps gras.
Enfin on trouve aussi dans la sueur des élémenls azotés, et entre autres de l’urée; si la décomposition de ces produits prédomine sur celle des graisses, ii peut se produire de l’ammoniaque et alors la sueur devient alcaline. L’élimination de l'urée, et en général celle des produits de combustion des albuminoïdes, est assez importante pour faire
de la peau un émonctoire analogue au rein et qui peut le
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TÉGUMENT EXTERNE
suppléer dans certains cas. Nous verrons qu’à l’état normal les 2/3 de l’azote introduit dans l’organisme s’éliminent par l’urine; l’autre tiers peut en partie s’échapper par le poumon, ou par les matières fécales, ou plutôt encore par la peau.
On croyait autrefois que la sécrétion sudoripare n’était qu’une simple évaporation des parties liquides du sang traversant 1 épiderme. La découverte des glandes sudoripares a permis de localiser cette sécrétion: quant au mécanisme intime de la sécrétion de ces glandes, nous devons, pour le comprendre, 1 étudier d’abord dans les glandes cérumineuses; nous voyons que le produit épais et graisseux, le cérumen, se fait par une fonte incomplète des globules de la glande; dans l’aisselle la sueur est encore remarquable par la proportion de ses matériaux solides, qui proviennent évidemment des végétations et des chutes épithéliales. Nous sommes ainsi portés à admettre que la sécrétion de la sueur ordinaire se fait de même, mais par une fonte infiniment plus complète et en empruntant au sang beaucoup plus d’eau; aussi lorsque le sang ne peut fournir assez d’eau, comme dans le choléra, où ce liquide devient très épais, la sueur elle-même devient visqueuse, c’est la sueur pois- ■ seuse des cholériques.
Cette tonte cellulaire, cette sécrétion, se fait surtout sous l’influence du système nerveux, qui agit non seulement sur les vaisseaux de la peau, mais encore directement sur les éléments glandulaires; sans doute l’hypérémie de la peau (comme la produit une forte chaleur), la grande tension du sang (comme celle qui résulte de l’absorption d’une grande quantité d’eau) peuvent exagérer la production de sueur, mais le système nerveux peut amener des sécrétions réflexes tout aussi énergiques et nullement en rapport avec l’injection sanguine de la peau 1 ; si le sang ne suffit pas à
1. Les récentes expériences de Vulpian ne peuvent plus laisser aucun doute à cet égard ; dans scs recherches sur l’influence du système nerveux (et des poisons du système nerveux) sur la sécrétion sudorale des pulpes des doigts du chat et du chien, Vulpian a constaté:
1° que l’abondante sudation qui se manifeste sur les pulpes digitales postérieures lors de la faradisation du sciatique, coïncide avec un