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DIXIÈME PARTIE

ORGANES DES SENS

Nos surfaces, tant internes qu’externes, sont soumises aux actions des agents extérieurs : parmi ces actions, le plus grand nombre, sous la forme d’excitants mécaniques, physiques ou chimiques, impressionnent les origines périphériques du système nerveux centripète ou sensitif et donnent lieu à des phénomènes nerveux dont la plus grande partie a déjà été étudiée avec ce système. Ainsi nous savons qu’il y a des impressions qui peuvent passer inaperçues du centre cérébral, dont nous n’avons pas conscience, et qui néanmoins amènent des réactions en se réfléchissant au niveau de l’appareil médullaire. Ces impressions et leurs résultats rentrent dans les attributs du système décrit par Marshall- Hall sous le nom de système excito-moteur , par Magendie sous celui de sensibilité inconsciente, et que nous avons étudié sous le nom de phénomènes réflexes : telle es| par exemple la sensation qui fait que la salive est sécrétée; tels sont encore les phénomènes qui amènent les battements^ du cœur, car nous avons vu que cet organe entrait en contraction sous l’influence excitante, ou mieux excito-réflexe du sang qui impressionne ses parois.

Nous avons également, en étudiant le système nerveux, indiqué ce qu’on doit entendre par sensibilité proprement dite (p. 107). Nous avons vu que les phénomènes de sensibilité pouvaient se diviser en phénomènes de sensibilité générale, comprenant les sensations qui nous avertissent, d une façon vague (sentiment), ou plus ou moins localisée (sensation), des modifications qui se passent dans notre corps, et eu phe I nomènes de sensibilité spéciale qui, se produisant dans des organes particuliers, nous renseignent, par les modifica-l

SENSATIONS GÉNÉRALES

tions de ceux-ci, sur certaines qualités spéciales des objets qui nous environnent.

Mais il ne faudrait pas croire qu’il y a une limite bien tranichée entre chaque classe de ces sensations; il existe au contraire une certaine confusion, due à une foule de sensations ■de transition: c’est ainsi par exemple que telle impression i passera, pour être perçue, par deux ou trois phénomènes : réflexes inaperçus; c’est ainsi, d’autre part, que l’estomac, qui en général ne nous donne que peu de sensations, peut, dans l’état pathologique, devenir très sensible pour notre conscience à la présence des aliments ou des corps étrangers.

Maintenant que nous connaissons et la nature des phénomènes sensitifs, et les surfaces qui sont leur point de départ,

; il nous faut étudier sur chacune de ces surfaces les sensations générales et les sensations spéciales.

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