‹ Cours de physiologie (volume 2)Chapitre 181 sur 284 · Voy. Coyne, op. cit., p · texte numérisé non relu

Voy. Coyne, op. cit., p

DU SENS DE L’AUDITION

ficile de définir, et que la physique paraît devoir attribuer à la production de plusieurs sons qui se combinent de manière à produire un son résultant qui, selon les variétés de la combinaison, présentera tel ou ter timbre (voy. Phonation, p. 501). Toujours est-il que, par un efiet de l’habitude, le timbre nous permet de juger de la nature du corps vibrant; il constitue ce que nous pourrions appeler, au point de vue physiologique, la saveur des sons : c’est lui qui nous permet de reconnaître la voix d’une personne, déjuger de son sexe d’après sa voix, enfin de juger même des sentiments qui agitent notre interlocuteur; dans tous ces cas les sons, quoique pouvant être de même intensité et de même hauteur, sont produits par des combinaisons différentes de sons simples, les ondes résultantes n’ont pas la même forme , et en jugeant du timbre nous pouvons dire que nous jugeons de la forme des vibrations. C’est sans doute cette aptitude de l’organe de l’ouïe à juger de qualités si différentes {amplitude, rapidité et forme ou combinaison des ondes sonores) qui exige de la part de l’oreille interne cette complication si grande qui embarrassera encore longtemps les physiologistes.

Les canaux semi-circulaires auraient encore, d’après Flourens,une grande influence sur T équilibration de l’animal. Ce physiologiste a découvert que les lésions de ces canaux produisent des mouvements de rotation. Vulpian a confirmé ces résultats expérimentaux et montré que sur un pigeon on obtient des mouvements de rotation, ou de roulement, ou de culbute, selon que l’on agit sur le canal horizontal, ou sur le canal vertical antérieur, ou enfin sur le vertical postérier. Mais ces faits résultent plutôt d’un vertige des sens et ne démontrent nullement que les canaux semicirculaires président à l’équilibre et à la coordination des mouvements. Enfin, on peut même se demander si les phénomènes produits dans ces expériences tiennent bien à la lésion des canaux semi-circulaires et non à celle de parties voisines. Bottcher, en isolant par une dissection attentive les canaux semi-circulaires de la grenouille, a pu les détruire avec la certitude de n’intéresser aucune autre partie du labyrinthe ou de l’encéphale. Jamais, dans l’expérience

ORGANES DES SENS

ainsi conduite, il n’a pu constater le moindre trouble de la locomotion oude lastation chez les batraciens. Ces troubles ne se manifestent que si la lésion est plus profonde. On en peut donc conclure que les canaux semi-circulaires constituent bien un appareil auditif et non un organe régulateur de l’équilibre dans la marche et la station1.

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