SÉCRÉTION URINAIRE
:guin: c'est donc bien du sérum qui filtre au niveau du , glomérule .
Tel est le premier phénomène de la sécrétion de l’urine : filtration du sérum sanguin.
Voyons maintenant comment le produit de la tiltration "glomérulaire se transforme en urine: il est évident que cette transformation va se faire dans le trajet sinueux des tubes urinifères que parcourt le liquide filtré pour se rendre de son point d’origine vers le bassinet.
Les auteurs qui ne voient dans le produit filtré que de l’eau pure ne peuvent concevoir l’achèvement de l’urine que par une sécrétion des parois des canalicules urinifères, -sécrétion qui vient ajouter cà l’eau les matières que l’urine doit contenir. Ceux qui, comme Ludwic et V. Wittich J, voient, dans le produit filtré, de l’urine trop diluée, conçoivent au contraire l’achèvement de celle-ci par une simpie résorption aqueuse effectuée par les parois des tubes urinifères, et amenant l’urine au degré de concentration voulu.
Comme nous croyons avoir démontré que le produit de la filtration glomérulaire est du sérum sanguin, comme cl autre part l’élude comparée de la composition du sérum et de 1 urine montre que d’une manière générale le premier liquide ne diffère du second que par de l'albumine en plus, nous sommes amenés à concevoir Y achèvement de l'urine par la résorption de cette albumine, résorption qui se fera nécessairement dans le long circuit des tubes urinifères.
Cette manière de concevoir la seconde phase du travail rénal résulte nécessairement de l’idée que nous nous sommes faite de la première partie de ce travail; nous n’avons pas de moyen de vérification directe; mais nous pouvons examiner si ce que nous connaissons de la structure du rein est favorable à celte manière de voir.
b’abord la longueur, la forme si diversement contournée des tubes urinifères, forme qui rappelle si bien les circonvolutions
1. V. Wittich, Virchow’ s Archiv fur palliologische Anatomie , Band X. — Dondcrs, Physiologie des Menschen. Leipzig, 1859, Band I.
APPAREIL URINAIRE
intestinales, porte naturellement à y voir un appareil de résorption, où le cours du liquide est ralenti pour que l’absorption soit favorisée par un contact prolongé avec les parois. D’autre part, l’épithélium qui tapisse ces tubes est, dans la plus grande partie de leur trajet, clair et transparent, et non granuleux comme les épithéliums des culs-de-sac sécréteurs des glandes 1 : tandis que ces derniers révèlent leur fonctionnement par les nombreux débris cellulaires que l’on trouve dans le liquide sécrété (puisque d’une façon générale toute sécrétion de ce genre est le résultat d’une fonte épithéliale desquamative), au contraire l’épithélium des tubes urinifères ne montre que peu ou pas de ces débris, et l’urine est un des liquides les plus pauvres en formes ou éléments globulaires. Cet épithélium paraît donc plutôt destiné àprésideràune absorption, et sansdoute y préside-t-il d’unemanière active en enlevant au sérum précisément leprincipe si nécessaire ., à l’organisme, et dont le sangne peut être privé sans danger, l’albumine. Que cet épithélium soit malade, il ne fonctionnera plus, et alors l’albumine ne sera plus résorbée, elle paraîtra dans les urines : c’est ce qui arrive dans la maladie de Briglit, qui porte précisément sur l’épithélium rénal. Les auteurs qui font jouer à cet épithélium un rôle de sécrétion, par lequel la paroi du tube ajouterait à l’eau filtrée les principes constituants de l’urine, se voient en face d’une singulière contradiction, quand ils veulent expliquer la pathogénie de l’albuminurie, car il résulterait de leur manière de voir que quand cet épithélium est malade, il sécréterait non seulement les matériaux solides qui d ordinaire entrent dans la constitution de l’urine, mais encore un nouvel élément, l’albumine : ainsi, exemple unique dans l’économie, cet épithélium, à l’état pathologique, fonctionnerait plus activement qu’à l’état normal, tout en livrant tous les éléments qu’il livre à l’état
normal2. 1 . ,
Nous savons qu’en général l’absorption est favorisée par une faible pression dans les vaisseaux sanguins qui doivent recevoir le produit de cette absorption (voy. p. 379). Or nous avons vu que dans les capillaires voisins des tubes urinifères la pression est moindre que dans les capillaires ordinaires. Le réseau san-,