SÉCRÉTION DE L’URINE
pression existant dans les diverses parties du système circu- . latoire tiennent non à la forme de ces parties (troncs, petits vaisseaux, ou capillaires), mais à leur distance des deux points extrêmes (ventricule gauche et oreillette droite) d origine et de terminaison de l’appareil vasculaire, il nous sera facile de voir que, dans les deux systèmes de capillaires rénaux, les pressions ne seront nullement ce qu’est la pression normale dans les capillaires ordinaires (des membres par exemple). En effet (fig. 152), tandis que dans ces derniers, par suite de leur position moyenne ( voy. Circulation, p. 252) entre l’origine du cône artériel et la terminaison du cône veineux, la pression est elle-même moyenne entre les deux pressions extrêmes correspondantes, c’est-à-dire est représentée par 12/100 (celle de l’origine de l’aorte = 25/100 et celle de la terminaison de la veine cave = 0 ou 1/100); dans le système rénal au contraire, ce nombre 12/100 représente non la pression de l’un ou de l’autre des deux ordres de capillaires, mais bien la pression du tronc efférent glomérulaire (du vaisseau p V de la fig. 151), puisque, comme le montre le schéma (fig. 152-2), c’est précisément ce tronc efférent. (SP) qui est placé au milieu de la distance entre le ventriculè gauche (V) et l’oreillette droite (0).
Quant à la pression dans les capillaires rénaux, un calcul semblable nous montre que dans ceux du glomérule, c’est-à-dire dans ceux qui sont placés entre le système artériel proprement dit et le vaisseau efférent (SP, fig. 152), la pression doit être moyenne entre 25/100 et 12/100, c’està-dire de 18/100 (en C'C',fig. 152). Dans ceux qui succèdent au vaisseau efférent, serpentent au milieu des tubes urinifères pour donner naissance à la veine proprement dite (fig. 151, RC ; et fig. 152 CC), la pression doit être moyenne entre 12/100 et 1/100, c’est-à-dire égale à 6/100. (Voy. Circulation, p. 253.)
D’une manière plus générale on peut donc dire que le sang des capillaires du glomérule est soumis à une pression plus considérable, celui des capillaires interstitiels ou parenchymateux à une pression moins considérable que le sang des capillaires ordinaires.
APPAREIL URINAIRE
L’intensité de la pression dans le premier système a attiré l'attention de tous les physiologistes et tous admettent qu’à ce niveau doit se produire une filtration toute mécanique, qui sera la source de la première phase de la sécrétion urinaire; mais on n’est pas d’accord sur la nature du liquide filtré. Pour les uns (Bowman), ce n’est que de l’eau; pour les autres (Ludwig), c’est de l’urine complète, mais trop diluée, et n’ayant qu’à perdre une partie de son eau ponr devenir l’urine telle qu’elle est versée dans la vessie L
Si nous appliquons ici les connaissances que nous fournit la physiologie des capillaires des autres parties du corps, en nous rappelant que les capillaires du glomérule présentent la même structure que ceux de toute autre région, nous devons conclure qu’ici doit se produire normalement, vu l’excès normal et permanent de pression, ce qui se produit anormalement dans toute autre région, lorsque la pression sanguine est exagérée. Or , lorsqu’une ligature comprime les veines du bras, lorsqu’une cause pathologique quelconque arrête la circulation veineuse abdominale, en un mot toutes les fois que la pression augmente dans des capillaires, ceux-ci laissent filtrer à travers leurs parois la partie liquide du sang, le sérum avec tous ses principes constitutifs, eau, albumine, etc. Nous sommes donc autorisés à penser qu’il en est de même normalement au niveau du glomérule, et que celui-ci laisse passer dans le tube urinifère, non de l’eau pure, mais le sérum du sang sans distinction de ses éléments.
Cette manière de voir est pleinement confirmée par une expérience toute faite que nous présente la pathologie: lorsqu’un tube urinifère se trouve oblitéré sur un point de son trajet, sa partie initiale continue à recevoir le produit de la fiitration glomérulaire, qui s’accumule dans celte portion oblitérée, la dilate et finit par former un kyste plus ou moins volumineux. Or, en analysant le contenu de kystes semblables, on trouve un liquide identique au sérum san-
1. Voy. Cl. Bernard, Leçons sur les liquides de /’ organisme , t. h leçon vi.