ÉRECTION
Mais ce phénomène, suffisant pour produire à lui seul la forme la plus simple de l’érection, la turgescence, serait tout à fait impuissant pour réaliser une forme plus complexe, comme l’é- ■rection du bulbe de l’ovaire et celle de l’utérus; il faut que la contraction des trabécules musculaires lisses qui compriment les troncs veineux vienne s’y ajouter, et il est certain qu’au moment de la menstruation cette contraction permanente des muscles utérins et des muscles ovariolubaires coïncide avec l’aidaptation de la trompe à l’ovaire et la détermine. Il est certain aussi que les trabécules musculaires des corps caverneux et spongieux de la verge se contractent à la suite de la dilatation des petites artères. Quand cette contraction manque, sur le cadavre par exemple, le volume de la verge prend des .proportions tout à fait anormales, et sa rigidité reste relativement incomplète.
Enfin, dans l’érection des organes copulateurs chez l’homma et chez la femme, intervient encore, pour donner à ce phénomène tout son développement, l’action des muscles extrinsèques, et l’on sait en effet que, sans la ligature ou la compression des grosses veines du bassin, une injection, sous la plus forte tension, est parfois impuissante à produire une véritable érection 1.
A côté du rôle que jouent dans l’érection le sang, les petites artères dilatées, les muscles lisses et les muscles extrinsèques, 1 faut considérer aussi le rôle des nerfs (centrifuges); ceux-ci forment deux groupes dont l’action est distincte et opposée (Rouget) :
1° Les nerfs caverneux et spongieux fournis par le grand sympathique, nerfs qui portent sur leur trajet des corpuscules ganglionnaires, et dont l’excitation a pour résultat la paralysie des tuniques artérielles auxquelles ils se rendent (nerfs du plexus caverneux, nervi erigentes d’Eckhard).
2° Les nerfs qui se rendent, sans traverser de corpuscules
clitoris, etc.) avec ce qu’on a improprement appelé érection du mamelon. Quand le mamelon s’érige, il change de forme, s’allonge et s’amincit, par le fait de la contraction de ses fibres musculaires ; mais il n'augmente pas de volume ; il n’est pas turgescent comme les véritables organes érectiles (qui sont alors gorgés de sang).
1. Aussi pouvons-nous renvoyer, à propos de l’érection, à tout ce que nous avons dit à propos de la physiologie des nerfs vaso-moteurs. Ainsi nous retrouvons pour l’érection la théorie de la dilatation active de Scliiff, et la théorie du péristaltisme des vaisseaux de Legros tel Onimus. (V.»y. Vaso-moteurs, p. 280 et suiv.)
APPAREIL GÉNITAL MALE
ffan°-lioMnaires, aux muscles des trabécules et dont l’excitation a pour effet, comme l’excitation des nerfs directs (et sans ganglions) des muscles ischio-caverneux, bulbo-caverneux, Iransverse profond, de déterminer la contraction des muscles qu’ils animent (nerfs uréthro-péniens, plexus latéral).
Les appareils érectiles sont munis vers leur partie la plus profonde, la plus postérieure, de muscles qui les entourent et fonctionnent comme de vrais cœurs périphériques destinés à chasser le sang de la base de la verge vers son extrémité libre, qui doit présenter le plus haut degré d’érection. Ce sont les muscles ischio-caverneux et le bulbo-caverneux qui entourent, les premiers, la racine des corps caverneux, le second le bulbe de l’urèthre, et chassent par des contractions rythmiques, vers le gland et la pointe des corps caverneux, le sang qui afflue à la racine; en un mot, ris font progresser l’érection de la base au sommet.
Ces muscles se contractent par action réflexe (voy. plus haut), sous l’influence des excitations du gland, et à chaque contraction, on pourrait dire à chaque pulsation des bulho caverneux, le gland devient plus turgide et plus sensible, ses papilles étalées par l’érection étant plus impressionnées par le frottement. — Lorsque enfin cette sensibilité a atteint son plus haut degré, elle provoque le phénomène réflexe de l’éjaculation.