ÉRECTION
les surfaces sensibles; mais c’est l’excitation de la muqueuse du gland qui porte ce réflexe à son plus haut degré. En eflet le gland est garni de nombreuses papilles nerveuses, iqui lui donnent une sensibilité toute spéciale, etqu’on pourrait appeler génitale : c’est l’excitation de cette sensibilité qui est le point de départ de toute la chaîne des actes qui composent le coït (érection, sécrétion abondante de sperme, excrétion, éjaculation), comme l’excitation de l’isthme du gosi ei est le signal delà série des réflexes de la déglutition. ■je nerf dorsal de la verge est la voie centripète de ces réflexes, qui deviennent impossibles quand ce nerf a été coupé, comme on l’a expérimenté maintes fois sur les chenus- Nous verrons que la muqueuse prostatique doit venir mmédiatement après celle du gland, comme point de départ de ces reflexes.
La question du mécanisme de l'érection est une question rès complexe et sur laquelle on est loin de se trouver d’ac- •ord : il est démontré que ce phénomène consiste essentiel- ■ement en une accumulation de sang dans la trame du corps a verneux et spongieux del appareil érectile, maison estein- >ai lassé pour expliquer cette accumulation et cette rétenion de sang à une haute pression. Cependant quelques ireonstances peuvent éclairer 1 élude de ces faits : ainsi il ' st facile de constater que l’érection des corps caverneux est arfois indépendante decelledu corpsspongieuxdel’urèthre, t qu elle se fait sans excitation génitale, par un simple méanisme d opposition au retour du sang veineux : telle est érection qui se produit lorsque la vessie est gorgée de liuide, ce qui amène une compression des plexus veineux ui font suite à la veine dorsale du pénis (plexus de Santoini, situé entre la vessie et le pubis, ps, fig. 154, p.677).
1 est donc probable que lorsque l’érection est vraiment ac- ’ve, il se produit sur toutes les veines émissaires des corps recules une constriction semblable, par contraction soit des arois veineuses elles-mêmes, soit des nombreuses couches e muscles lisses que traversent ces veines pour rentrer ans le bassin (aponévrose moyenne du périnée presque ntièrement composée de fibres musculaires lisses), de orle que le sang est obligé de s’arrêter dans les mailles des
APPAREIL GÉNITAL MALE
tissus spongieux, et y arrive à une tension égale à celle du sang artériel.
Ainsi l’érection consisterait en une contraction réflexe venant arrêter le cours du sang dans les veines, et en effet on a trouvé parfois, chez des individus morts dans un état d’érection pathologique, des caillots qui remplissaient les veines des appareils érectiles et s’étendaient dans ces veines jusque dans le bassin, ce qui prouve que c est dans la cavité pelvienne que se fait la compression.
D’autre part, il faut reconnaître que les actions vaso-motrices (nerfs vaso-dilatateurs, voy. p. 280) doivent exercer la plus grande influence sur le mécanisme de l’érection, en laissant les tissus érectiles se distendre facilement sous l’afflux du sang ; mais il est évident que si la voie de retour du sang veineux restait librement ouverte, la paralysie vaso-motrice serait insuffisante à produire une véritable érection, et amènerait tout au plus une turgescence plus ou moins prononcée.
Du reste les phénomènes d’érection ne se manifestent pas seulement au niveau des organes génitaux. Le professeur Rouget1 2, dans ses nombreux travaux sur les mouvements et les appareils érectiles, a d’abord établi qu’il n’existe ni éléments ni tissus érectiles, mais seulement des organes et des appareils érectiles constitués, comme les autres organes non érectiles, par des vaisseaux, des muscles, des nerfs. Précisant ensuite les différents degrés et les éléments essentiels de tout phénomène d’érection, il a établi que, dans tous ces cas, il y a dilatation des petites artères; cela est évident dans les changements de couleur de la peau du visage, dans les turgescences de la , crête et des caroncules (oiseaux); cela existe également dans 1 hyperémie de l’ovaire et de la muqueuse utérine au début de la
période menstruelle; enfin, l’observation directe du début de
l’érection des organes eopulateurs, et les expériences d Eckhard
sur la paralysie des petites artères caverneuses et bulbaires sous
l’influence de l’excitation des nervi erigentes , démontrent egalement que la paralysie et la dilatation vasculaire sont le phénomène initial de l’érection même la plus complexe3.
1. Ch. Rouget, Recherches sur les organes érectiles de là (Journal de physiologie, t. I, 1858), et des Mouvements erectUes
(môme journal, 1868). . ... ,lTian(u
2. 11 ne faut pas confondre l’érection des tissus erectdrs (c h