‹ Cours de physiologie (volume 2)Chapitre 223 sur 284 · OVAIRE ET OVULATION · texte numérisé non relu

OVAIRE ET OVULATION

lus se trouve un noyau ou vésicule germinative (B), qui contient lui-même un nucléole ou tache germinative(k).

Toutes les vésicules de Qraaf d’un ovaire ne sont pasarrivées en même temps à ce degré de développement et ne contiennent pas toutes des ovules à cet élal de maturité.

A la naissance il est probable, comme l’a constaté Rouget, et comme l’indique la sécrétion du lait, si fréquente et si inexplicable cà cette époque de la vie (voy. p. 552), qu’il se fait une congestion ovarique et une poussée incomplète d’œufs à l’ovaire (Courty); une pareille impulsion, mais bien plus remarquable, se fait à la puberté.

Ce n’est qu’à partir de l’époque de la puberté que l’on voit chaque mois, ou pourmieux dire à chaqueépoque menstruelle, un ou deux ovisacs se développer complètement. Ces vésicules de Graaf, d’ordinaire celles qui sont le plus près de la surface de l’ovaire, se gonflent, s’accroissent, leur contenu augmente, s’épaissit; la partie de la paroi qui avoisine la surface de l’ovaire est pressée contre cette surface: il en résulte en ce point un arrêt de nutrition et une usure des parois; cet état, aidé par la turgescence de la partie centrale de l'ovaire {bulbe de l'ovaire), amène facilement une rupture, de sorte que le contenu de l’ovisac s’échappe, entraînant l’ovule au milieu des débris du disque proligère. C’est d’ordinaire à ce moment que l’ovule est fécondé par l’arrivée des spermatozoïdes, s’il y en a eu d’introcluils dans les organes génitaux femelles; mais que l’ovule soit fécondé ou non, les annexes de l’utérus se comportent au point de vue mécanique à peu près de même vis-à-vis de lui, et nous pouvons étudier les phénomènes qui succèdent à la déhiscence de la vésicule de Graaf, en faisant le moins d’allusion possible à la fécondation, qui doit former une étude à part.

Après l’expulsion de la plus grandepartie de son contenu, la vésicule de Graaf revient sur elle-même et se cicatrice, en laissant une faible trace, colorée en jaune par le pigment sanguin résultant de la petite hémorragie qui accompagne la rupture de l’ovisac. Chose remarquable, si l’ovule qui a été expulsé est fécondé, et qu’arrivé dans l’utérus il y amène les phénomènes de la gestation, il se produit dans l’ovaire

APPAREIL GÉNITAL FEMELLE

par un acte sympathique ou réflexe difficile à expliquer, une évolution hypertrophique de l’ovisac déchiré, hypertrophie à laquelle succède très ultérieurement (fin de la grossesse) une atrophie donnant naissance à une cicatrice analogue à la précédente, mais beaucoup plus considérable et plus persistante. On appelleces cicatrices des corps jaunes] les premières sont dites corps jaunes de menstruation , ou faux corps jaunes ; les secondes, corps jaunes de fécondation (de la grossesse), ou vrais corps jaunes.

Ce qui prend, du reste, la plus grande part à la formation des corps jaunes, c’est moins le caillot sanguin qu’un épaississement hypertrophique de la membrane propre de la vésicule de Graaf: les cellules de cette vésicule ( cellules de Vovariule de Ch. Robin) se multiplient et s’accroissent énormément, de façon à obliger la membrane à se plisser et à remplir tout Fovisac, dont le contenu présente des espèces de circonvolutions. Ces cellules sont envahies en même temps par une production granuleuse, graisseuse, colorée en jaune et qui est la principale cause de la coloration caractéristique des corpsjaunes: cette production n’a du reste rien de bien spécial, et Courty a vu dans des cystosarcomes de l’ovaire cette production envahir la membrane propre de plusieurs kystes Vésiculaires, et donner naissance à des masses considérables de matières jaunes.

B. Trompe de Fallope , matrice et menstruation.

L’ovule est donc expulsé de l’ovaire, et tombe en dehors de cet organe; il peut tomber dans le péritoine et y disparaître, et même, s’il y a eu fécondation, s y développei (grossesses péritonéales)1 ; mais ce n’est pas là le cas normal: dans les conditions physiologiques, l’ ovulation s’accompagne de phénomènes particuliers qui font tombei 1 ovule dans le pavillon de la trompe de Fallope ou oi iducte. — La trompe, en effet, est un organe mobile, contractile et érectile. Sa contractilité, et celle des fibres musculaiies lisses qui se trouvent dans les ligaments larges et dans le ligament tubo-ovarique, doit favoriser l'adaptation de 1 o-

1. Voy. Th. Relier, des Grossesses extra- utérines (avec deux observations de Kœberléj. Thèse de Paris, 1 872, n° 157.

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