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MENSTRUATION ET OVULATION. 7U

ilice des trompes à l’ovaire (Ch. Rouget); mais son érecion ne doit pas être non plus sans influence, car on trouve lans la trompe une abondante trame érectile disposée de elle manière qu’en son état de turgescence elle amène probablement le pavillon de la trompe à embrasser la presque otalité de l’ovaire dans sa cavité. L’ovule y tombe donc; il aarcourt l’oviducte, grâce au mouvement des cils de l’épithélium vibratile et grâce aussi aux mouvements péristaltiques de la trompe, et arrive dans la matrice, où il donne lieu à des phénomènes tout particuliers s’il a été fécondé, îtd’où il est rejeté dans le cas contraire avec les produits de ;!a menstruation.

On a reconnu en effet que la chute de l’ovule coïncide à peu près exactement avec l’époque de la menstruation1 (tous les 28 jours en moyenne). La chute de l’œuf est donc périodique; ce phénomène s’accompagne d’autres phénomènes accessoires appelés molimina menstrualia, qui sont une congestion de la moelle épinière, un endolorissement de la région lombaire, des phénomènes de sensibilité excentrique, des douleurs périphériques qu’il faut rapportera la moelle; puis enfin le phénomène utérin caractéristique, Y hémorragie menstruelle.

L’ hémorragie menstruelle mérite d’être analysée avec soin, car nous y découvrirons un phénomène essentiellement épithélial. L’utérus, organe musculeux, mais dont l’élément musculaire ne joue de rôle important que pendant et surtout à la lin de la gestation, l’utérus présente une cavilé tapissée, par une muqueuse; cette muqueuse utérine ne se compose réellement que de Y épithélium cylindrique vibratile , appliqué presque directement sur l’élément musculaire, à peu près sans substratum conjonctif, sans chorion. Cet épithélium est très abondant, doué d’une grande vitalité, et forme par ses végétations profondes des glandes en tubes, analogues comme forme aux glandes de Lieberkuhn, et qui s’enfoncent dans 1 épaisseur des parois musculaires; nous verrons que lors de la fécondation cet épithélium forme d’énormes végétations papillaires qui donnent naissance à la caduque : en pathologie il est aussi la soui ce d un

1. Voy.F.-A. Pouchet, Ovulation spontanée et fécondation. Paris, 1847.

APPAREIL GÉNITAL FEMELLE

grand nombre de néoplasmes utérins. Mais ce que cet épithélium présente de plus remarquable, c’est qu’il est soumis à une clmte, à une mue mensuelle, coïncidant exactement avec l’ovulation ; une mue semblable se fait de même chez les femelles de mammifères à l’époque du rut. Or comme cet épithélium recouvre directement le muscle utérin, très riche en vaisseaux et même érectile, il en résulte que la chute épithéliale laisse à nu un grand nombre de petits canaux vasculaires qui, sous l’influence de la turgescence générale des organes à ce moment, se rompent et donnent lieu, surtout chez la femme, à une hémorragie plus ou moins abondante1. Ainsi, quoique l’hémorragie soit le phénomène le plus frappant, il n’est pas moins vrai que l’essence même delà menstruation estune mue épithéliale, sympathique du développement épithélial ovarique d'où résulte la chute des ovules, de l’ovulation en un mot2.

1. Ch. Rouget, en découvrant les fibres musculaires lisses qui sont contenues dans l’épaisseur des ligaments larges et qui englobent tous les vaisseaux placés dans ces organes, a aussi indiqué cette disposition comme la source principale du mécanisme de l’hémorragie menstruelle; il est en effet incontestable que ces faisceaux musculaires, en se contractant, compriment les vaisseaux veineux qu’ils enlacent, et s’opposent ainsi à la circulation de retour, sans nuire à l'afflux par les artères, qui, grâce à leur petitesse et à leur résistance, ne sont que peu ou pas modifiés par la compression. De là augmentation de pression et déchirure dans les capillaires utérins. La contraction de ces faisceaux musculaires prend aussi la plus grande part à l’érection de Fovaire, et à l’adaptation de la trompe (voy. p. 700), de sorte qu’une seule et môme cause préside aux trois phénomènes essentiels de l’époque menstruelle, rupture de la vésicule de Graaf, adaptation du pavillon tubaire, hémorragie cataméniale : dans ces circonstances l'adaptation de la trompe doit se faire la première et précéder fort heureusement la rupture de l’ovisac; elle doit se produire à l’instant où celte rupture, devenue imminente par l’hypertrophie de la vésicule de Graaf, provoque dans tout l’appareil génital interne cet état particulier (contraction des muscles péri-utérins) qui constitue le molimen menstruel. (Voy. Ch. Rouget, les Qrganes érectiles de la femme ( Journal de physiologie, t. I, 1858.)

2. Parfois la desquamation de l’épithélium utérin se fait tout d’une pièce, et les règles sont accompagnées de l’expulsion d’une fausse membrane reproduisant exactement le moule de la cavité utérine (Dysménorrhée membraneuse exfoliante). La muqueuse utérine se sépare du tissu sous-jacent comme au moment de l’accouchement et est expulsée, tantôt entièrement sous forme de sac, à villosités externes ou

internes, suivant qu’elle sort directement ou retournée sur elle-même,

tantôt par lambeaux plus ou moins considérables. Quelques auteurs ont nié le détachement menstruel de la muqueuse, et prétendu que ce

FÉCONDATION

Ce n’est pas à dire que dans l’hémorragie menstruelle les vaisseaux eux-mêmes ne jouent aucun rôle: il y a à cette époque des modifications de l’innervation vaso-motrice telles, que. si l’écoulement du sang ne s’effectue pas par la surface utérine, le flux hémorragique se fait jour par d’autres vaisseaux. C’est ainsi qu’on voit des femmes avoir, à l’époque des règles, des hémorragies nasales, pulmonaires, intestinales. Récemment encore on a rapporté l’observation singulière d'une femme dont les seins étaient tous les mois le siège d’une tuméfaction douloureuse, puis d’un écoulement d’abord séreux, puis sanguinolent, qui durait huit jours. (Tueffard, Union méd., 1872.)

Vagin. L’épithélium pavimenteux du vagin et du col de la matrice ne reste pas indifférent au phénomène de la menstruation: là aussi se produit, mais sur une bien plus petite échelle, une desquamation épithéliale, d’où résulte un produit liquide épais et blanchâtre. Dans certains états pathologiques très fréquents, celte desquamation est permanente et constitue les écoulements connus sous le nom de fleurs blanches , qui ont leur source dans le vagin et surtout le col de l’utérus.

Les parties génitales externes offrent aussi des desquamations épithéliales analogues, mais qui se rapprochent du produit sébacé ou plutôt du smegma préputial.

Le vagin et les parties génitales externes servent surtout à la copulation , qui a pour but la fécondation : nous les étudierons donc avec ce phénomène, que nous pouvons aborder maintenant, connaissant les produits mâles et femelles, c’est-à-dire les deux éléments dont la mise en présence constitue la fécondation.

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