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PLACENTA

villosités chorio-allantoïdicnnes se développent, se ramifient ( placenta frondosum ) et plongent dans la caduque sératine (fig. 169 — 21), qui à ce même niveau subit une hypertrophie caractérisée par la présence de villosités tout nussi vasculaires et tout aussi ramifiées. Ces villosités, d’origine opposée, vont à la rencontre les unes des autres, s’enchevêtrent et constituent finalement ce gâteau plus ou moins

Fig. 170. — Schéma des vaisseaux de placenta *-

circulaire, d’apparence compacte, qui forme le lieu d’échange entre l’organisme fœtal et l’organisme maternel (fig. 169 — 20).

La figure 170 fait mieux comprendre que toute description quelle idée il faut se faire du mode selon lequel s’effectuent les échanges entre la mère et le fœtus. C’est par échange endosmotique au travers des capillaires de chaque villosité que le fœtus, à cette période de son existence, emprunte et rejette les matériaux nutritifs ; par là se font la nutrition et la respiration. Mais il n’y a pas communication directe des vaisseaux de la mère avec ceux du fœtus. (A une certaine époque les globules rouges de l’embryon sont autrement conformés que ceux de la mère. — La proportion des globules au liquor n’est pas la même dans le sang de l’embryon et dans celui de la mère, etc. — D’autre part une femme grosse succombant à une hémorragie traumatique, tandis que son cadavre est exsangue et ses vaisseaux vides, le système circulatoire de l’embryon sera trouvé au contraire normalement rempli de sang.)

La respiration fœtale s’effectue par le placenta; nous

* 1, utérus; — 2, tissu intermédiaire; 3, placenta (caduque séroline) où se ra-( mifient les vaisseaux maternels et foetaux. (Chailly-Honoré.)

KÜSS et DiJVAL , Physiologie.

EMBRYOLOGIE

avons déjà insisté sur ce fait (voy. p. 458), et l’analyse exacte du rôle du sang dans la respiration nous a permis de comprendre que la différence entre la respiration de l’adulte et celle du fœtus se réduisait à la présence d’un intermédiaire de plus, d’une station de transit de plus chez le second que chez le premier, entre les tissus et le milieu extérieur. — La nécessité de la respiration placentaire est du reste mise en évidence par les accidents graves qui résultent de la suppression des fonctions du placenta. Quand la circulation du cordon, qui relie le placenta au fœtus (voy. Circulation fœtale), est interrompue, le fœtus périt, non par le défaut de nourriture, mais par une véritable asphyxie; à la naissance le cordon ne cesse de battre que lorsque l’enfant a respiré par le poumon, parce qu’alors cette nouvelle forme de respiration remplace définitivement celle qui a lieu par le contact utéro-placentaire.

La nutrition du fœtus, à l’époque placentaire de son existence, se borne aussi à un échange de matériaux entre le sang fœtal et le sang maternel au niveau des villosités du placenta. C’est ici encore l’organisme maternel qui fait tous, les frais des actes préparatoires de l’assimilation (digestion, absorption) ; les matériaux arrivent au placenta, et par suite au sang et aux tissus de l’embryon, dans un état tel que ces derniers peuvent les employer directement à leur formation. Du reste, les rapports qui unissent chez l’adulte la nutrition et la respiration sont beaucoup plus simples chez le fœtus: l’adulte consomme surtout des matériaux qu’il bride pour produire des forces (voy. : Équivalent mécanique de la chaleur, p. 148) et de la chaleur. Le fœtus n’a pas de travail à produire, pas de force à dépenser; il n’a pas à produire de chaleur, qu’il emprunte à la mère. Il ne prend dés matériaux alimentaires que pour produire ses tissus et développer ses organes (voy. p. 553). Aussi les combustions, les oxydations sont-elles très peu prononcées dans son organisme; la différence entre son sang artériel et son sang veineux est loin d’égaler celle que l’on constate entre le sang artificiel etlcsang veineux de l’adulte. Nous avons déjà insisté sur toutes ces particularités en étudiant la respiration des tissus (voy. p. 471), et le faible degré des combustions respiratoires

DÉVELOPPEMENT Dtl CORPS. 723

m niveau tics tissus fœtaux se continuant encore pendant linéiques heures après la naissance nous a permis de nous 'en dre compte de la grande résistance relative du nouveau né à l’asphyxie.

Cependant des oxydations quelque faibles qu’elles soient, «e produisent chez l’embryon: ainsi son cœur travaille, et loit donner lieu à des produits de combustion: du reste ouïes les formations de tissus s’accompagnent de phénomènes d oxydation, qui doivent aussi donner lieu à des h oduits exci ementitiels. Ces produits sont éliminés principalement par le foie et par les organes urinaires (chabord es corps de WoltT, puis les reins); aussi le foie est-il relatiement très développé chez l’embryon, et on est porté à idmettre qu’il remplace jusqu’à un certain point le poumon omme organe d’excrétion des déchets organiques. (Nous, vons vu du 1 este que chez 1 adulte il joue encore ce rôle relavement à la cholestérine et aux déchets produits par Facilité des centres nerveux. (Yoy. p. 32.) D’autre part on trouve ans la vessie de l’embryon une certaine quantité d’urée, qui st de là versée avec l’urine dans la cavité de l’amnios. ’

Le liquide de l’amnios contient donc à la fin de la vie mbryonnaire un grand nombre de produits excrémentiels, car à l’urine qui y est versée, il faut joindre les profits de desquamation de la peau, qui fonctionne déjà d’une çon relativement active. La prcsence de ces produits œrémentitiels dans les eaux de l’amnios doit faire rejeter ute idée que ce liquide, avalé par l’embryon ou pénétrant ■sque dans ses poumons, puisse jouer un rôle de quelque importance, soit dans la nutrition, soit, comme l’ont même

•étendu quelques auteurs, dans les échanges respiratoires i fœtus.

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