‹ Cours de physiologie (volume 2)Chapitre 238 sur 284 · DEUXIÈME CIRCULATION · texte numérisé non relu

DEUXIÈME CIRCULATION

b . — Cœur. L’organe central de la circulation, qui se présentait d’abord sous la forme d’un tuhe rectiligne, puis contourné en S (fig. 173), se divise, au moyen de rétrécissements, en trois cavités : cavité auriculaire, cavité ventriculaire et cavité artérielle (ou bulbe aortique). Alors il se recourbe déplus en plus en forme d’S, de telle sorte que le ventricule, qui d’abord était situé en haut, se trouve en bas et en avant, et l’oreillette en haut et en arrière. — En même temps que s’établit la circulation placentaire, de la pointe du ventricule part une cloison médiane qui divise la cavité ventriculaire primitive en un ventricule droit et un ventricule gauche. Dans le bulbe aortique qui se tord en spirale, se forme également une cloison qui le partage en deux conduits tordus sur eux-mêmes, dont l’un communique avec le ventricule droit, c’est l’origine de Y artère pulmonaire future, l’autre avec le ventricule gauche, c’est l’origine de Y aorte.

La cavité auriculaire tend aussi «à se diviser, par une cloison qui part de la région auriculo-ventriculaire, en deux oreillettes, droite et gauche. Mais pendant tout le reste de la vie fœtale cette séparation demeure incomplète, et il y existe toujours une ouverture ( trou de Botal), qui fait communiquer les deux oreillettes. Les rapports de ce trou inter-auriculaire avec les embouchures des deux veines caves dans l’oreilletle droite présentent une disposition toute particulière, et qui constitue l’un des points les plus essentiels delà circulation placentaire. L’embouchure de la veine cave inférieure est pourvue d’une valvule, la valvule d’Eustache, très développée à cette époque et disposée de telle manière que le sang qui arrive par la veine cave inférieure ne fait que parcourir la partie postéro-inférieure de l’oreillette droite et se trouve presque directement dirigé

moses entre les deux veines cardinales antérieures, futur tronc brachio-céphalique gauche; — 8, 9, 10,; futures jugulaires et sous-clavières.

B. Troncs veineux persistants (comme chez l’adulte). — Ces vaisseaux, comme dans la fig. A, sont représentés comme s’ils étaient vus par la partie postérieure du corps); — 1, veine cave supérieure gauche oblitérée; — G, voine innominée droite; — 7, veine innominée gauche; — 8, sous-clavière; — 13, tronc de la demi-azygos); — 18. intercostale supérieure gauche — 19, 20, parties supérieure et inférieure de l’azygos gauche.

EMBRYOLOGIE

par cette valvule vers la cloison inter-auriculaire, de façon à être déversé par le trou de Dotal dans l’oreillette gauche, et delà dans le ventricule gauche, etc. (voy. plus loin); le sang au contraire qui arrive par la veine cave supérieure, laquelle est dépourvue de toute valvule, passe de l’oreillette droite, qu’il remplit comme chez l’adulte, par l’orifice auriculo-ventriculaire droit, dans le ventricule droit, etc. (Yoy. plus loin.) Nous verrons dans un instant comment se fait la circulation cardiaque placentaire par cette série d’orifices et de cavités, dont les communications semblent au premier abord constituer un véritable labyrinthe. Mais il nous faut auparavant étudier, pour compléter le cercle circulatoire, la formation du système artériel. c. — Artères. Nous avons vu précédemment partir de l’extrémité antérieure du tube cardiaque deux branches qui se recourbaient bientôt en arrière et constituaient ce qu’on nomme la première paire d'arcs aortiques (voy. p. 728). Bientôt, derrière ce premier arc aortique, réuni plus bas en une aorte impaire, se développent successivement deux ou trois autres paires d’arcs aortiques, qui se réunissent aussi dans le tronc médian de l’aorte descendante (fig. 177); mais l’existence de ces arcs n’est que très transitoire, et ils s’oblitèrent bientôt pour la plupart, ne laissant persister que quelquesunes de leurs branches pour former les gros troncs permanents de la circulation : c’est ainsi que les arcs les plus supérieurs constituent le tronc brachio-céphalique droit, la carotide et la sous-clavière gauche (fig. 177; 5, 4); le second arc disparaît à droite, mais forme à gauche la crosse de l’aorte définitive (3) ; le troisième émet de chaque

* 1, troncs qui naissent do chaque ventricule (bulbe aortique divisé en origine de l’aorte et origine de l’artère pulmonaire); on voit au dessus jusqu’à 5 paires d'arcs aortiques; les deux plus élevés disparaissent complètement; les trois plus rapprochés du coeur laissent seuls des parties permanentes, c’est-à-dire les sousclavières cl carotides droites et gauches, 5, 4; la crosse de l'aorte, 11, l’aorte descendante, 2; au point de jonction de la crosse et de la partie descendante de l’aorte droite 8n voit aboutir le canal artériel droit, qui n'a qu’une existence très transitoire (comme l'aorte droite elle-même, 2').

Fie. 177. — Arcs aortiques et troncs artériels penna nents *.

Page 1