DU SYSTÈME NERVEUX
cédé général déjà indiqué parBeaunis1 : en injectant, après perforation du crâne , dans la substance cérébrale , quelques gouttes d’une solution caustique de chlorure de zinc colorée en bleu avec de l’aniline, ou une solution concentrée de soude caustique colorée avec du carmin, on produit sur des chiens des troubles divers qui ont été soigneusement notés ; puis, l’animal ayant été sacrifié et autopsié, les résultats de 1 observation des symptômes ont été disposés sous forme de tableau en regard des lésions reconnues à l’autopsie. De trente-six expériences de ce genre, Fournié conclut que les couches optiques sont des centres de perception. Le sentiment, dit Fournié, a été aboli cinq fois sur sept lorsqu’il y a eu destruction totale d une couche optique ; le sens de l’odorat a été aboli par la lésion de la partie antérieure des couches optiques ; le sens de 1 ouie a été détruit avec la lésion du tiers postérieur de la couche optique. Mais ces injections de substances caustiques sont passibles d’une objection capitale : non seulement le caustique détruit la partie dans laquelle il est déposé, mais il étend son action sui les parties voisines et jusqu’à une distance qu il est impossible de préciser, de telle sorte que ces lésions prétendues localisées sont au contraire extrêmement diffuses et qu il est impossible d’en tirer des déductions rigoureuses. Comme preuve de cette extension extrême de l’action du caustique, nous nous contenterons de citer les lignes suivantes empruntées au mémoire même de Fournié : « Dans les observations cliniques, on ne voit jamais la destruction d’une seule couche optique entraîner avec elle la perte du sentiment ; cette abolition ne se manifeste que lorsque les deux couches optiques sont complètement détruites. Nous ne pouvons attribuer cette différence qu à la manière dont la lésion est produite dans les deux cas : les couches optiques sont unies l’une à l’autre par un prolongement transversal de leur propre substance, qui, chez le chien, est relativement très volumineux. Or il n’est pas possible d’admettre que, dans ces conditions, l’injection caustique borne son action à un seul côté ; soit que, par une sorte de rayonnement, l’influence du caustique s etende jusqu’au côté opposé, soit que la destruction des vaisseaux sanguins et des tissus d’un côté retentisse dans la partie homologue du côté opposé, il n’en est pas moins vrai que celte influence est réelle, car toutes les fois que nous avons détruit une couche optique, nous avons trouvé celle du côté opposé fortement injectée ou ramollie. »
1. Bcaunis, Des injections interstitielles. (Bull.de l'Académie de médecine, juillet 1 868, Gazette médic. de Paris, 1872.)