ENCÉPHALE : CORPS STRIÉ
Mey-oert, d après des considérations anatomiques, fait des couches optiques un centre réflexe des mouvements inconscients. D’après cet auteur et d’après Wundt, les couches optiques se comporteraient avec la surface sensible tactile comme les tubercules quadrijumeaux avec le nerf optique; elles seraient les centres de relation des impressions tactiles et des mouvements de locomotion1.
Corps striés. — Tous les physiologistes ont toujours été d accord pour faire des corps striés des centres des mouvements des membres; les divergences se sont produites seulement quand on a voulu en faire les centres de certains mouvements particuliers ; c’est ainsi que Serres en faisait tes centres des mouvements des membres abdominaux' c est ainsi que Magendie admettait dans les corps striés un centre présidant aux mouvements de recul. Aujourd’hui on a renoncé à ces distinctions trop subtiles, en désaccord a\ec. les résultats expérimentaux et cliniques, mais on a nettement établi que les corps striés donnent passage et peu t-etre naissance aux fibres qui commandent les mouvements volontaires. Chez l’homme, la lésion du corps strié droit s accompagne toujours d’une paralysie du mouvement du cote gauche, et vice versa. Les recherches expérimenta es amènent a la même conclusion, pour le noyau caudé (exti a-ventnculaire) comme pour le noyau lenticulaire (inti a-ventnculaire). Nothnagel a observé, chez les lapins [u apres la destruction des noyaux lenticulaires, l’animal 6S pr,ve (lu mouvement volontaire; il admet, en conséquence, que ces noyaux constituent un carrefour où passent les nerfs des impulsions psycho-motrices. Les résultats sont les memes pour les noyaux caudés. D’après Ferrier application des électrodes sur ces noyaux détermine chez
DnrCn,n1\lm Pleurosth°tonos très énergique. Carville et ont pratique avec succès l’extirpation complète du «oyau et ont produit une paralysie du mouvement une hémiplégie dans le côté opposé. ’
Substance des hémisphères proprement dits. — Les Pari» Jl879, ** mrveUX> trad' f“anç..
DU SYSTÈME NE11VEUX
recherches expérimentales et les observations cliniques tendent aujourd’hui à établir, dans la substance blanche et dans la substance grise corticale des hémisphères, des localisations spéciales de conducteurs sensitifs ou moteurs (volontaires) pour la première substance, de centres moteurs ou de facultés intellectuelles pour la seconde. Ce sont ces recherches, dont le nombre a été si considérable dans ces dernières années, que nous allons rapidement exposer, en en discutant les résultats.
Localisations dans la substance blanche (capsule interne). Rappelons d’abord que l’épanouissement du pédoncule cérébral dans le centre de l’hémisphère forme une cloison, dite capsule interne , qui est placée entre le noyau lenticulaire d’une part et d’autre part le noyau caudé {strié proprement dit)1 et la couche optique, de telle sorte qu’on peut distinguer à cette capsule une partie antérieure ou lenticulo-striée et une partie postérieure ou lenticulo- optique.
Les expériences de vivisections aussi bien que les faits cliniques montrent que la région postérieure (lenticulo-optique) renferme des conducteurs centripètes ou sensitifs. Dans la découverte de ce fait de localisation, c’est la clinique et l’anatomie pathologique qui ont ouvert la voie : Turck (de Vienne) a été le premier à constater dans quatre autopsies que l’anesthésie de toute une moitié du corps avait été produite par une lésion de la partie postérieure de la capsule interne du côté opposé. Ensuite sont venues les observations et les nécropsies confirmatives de Jackson, de Charcot, de Vulpian ; puis les thèses de Virenque2 et de Veyssière 3, qui ont analysé et présenté le tableau des cas les plus précis d’hémianesthésie par lésion cérébrale (en dehors de l’hémianesthésie des hystériques) et ont confirme par des recherches expérimentales les données fournies par la clinique. Enfin, A. -F. Raymond a publié sur ce sujet (thèse, 1876) le travail le plus complet. De ces différentes recherches il résulte aujourd’hui que l’abolition de la sensibilité de toute une moitié du corps, abolition persistante, présentant les mômes caractères pendant toute sa durée, a pour origine des lésions diverses portant soit sur la partie externe et supérieure de la
1. Voy., pour cette nomenclature, Hugucnin, op. cit. (notamment pag. 362).
2. Virenque, De /’ hémianesthésie, thèse de doctorat. Paris, 1874, no 93.
3. Veyssière, Recherches cliniques et expérimentales sur l'hémianesthésie de cause cérébrale, thèse de doctorat. Paris, 1874, n" 379.