CERVELET
savons de plus précis sur les fonctions du cervelet : 1° celte masse encéphalique, relativement si considérable sur les animaux supérieurs, ne prend cependant aucune part aux fonctions intellectuelles proprement dites, aux manifestations de la sensibilité, de la mémoire, de la volonté; 2° les fonctions du cervelet sont en rapport avec la motricité.
1° Le cervelet ne prend aucune part aux actes de l’intelligence proprement dite. Mais nejoue-t-il aucun rôle dans le mécanisme de certains instincts? Ou sait que Gall faisaitdu cerveletle centre de V amour physique, de la passion érotique. Malgré des expériences et des observations contradictoires deLeuret, de Ségalas, de Gombette et de Vulpian, nous voyons plusieurs arguments empruntés à l’expérimentation et à la clinique par Budge, Valentin, Wagner, Lussana, apporter peut-être quelque apparence de réalité à l’hvpolhèse de Gall, et assigner, mais au lobe moyen seulement (plus constant dans la série animale), un rôle
important dans les manifestations et l’exercice de l’instinct génital.
2° C’est essentiellement comme appareil coordonnateur des mouvements, que le cervelet paraît jouer un rôle important. C’est ce qui résultait déjà anciennement des expériences de Rolando et, plus tard, des recherches si nombreuses de Flourens; c’est ce que confirme l’expérience sur le pigeon et toutes les vivisections portant sur les divers ordres de pédoncules cérébelleux (ci-dessus, p. 90). Cette manière de voir a été adoptée aujourd hui par la plupart des physiologistes; mais quant au mode de fonctionnement de cet appareil coordonnateur, quant aux localisations de ses divers éléments, nous n’avons encore, à ce sujet, que des résultats peu significatifs.
1) une pai t, on ne saurait plus aujourd’hui regarder le cervelet comme le centre de la sensibilité musculaire , ainsi que Lussana 1 énonçait récemment encore; on ne peut pas non plus admettre, avec Luys, qu’il soit l’origine de la force motrice, de « cette force nerveuse spéciale qui se dépense en quelque point que ce soit de l’économie, chaque fois qu’un effort moteur involontaire se produit, » car ce serait là ou bien se payer de mots, ou bien méconnaître étrangement le rôle des actes réflexes médullaires. — D’autre part, les faits expérimentaux ne nous donnent que des renseignements négatifs sur les fonctions des parties grises des hémisphères cérébelleux, car les troubles de la coordination locomotrice ne se manifestent que si les narties profondes du cervelet ont été lésées; bien plus, Vulpian et hilippcaux n ont produit aucun trouble de locomotion sur les
DU SYSTÈME NERVEUX
poissons par l’ablation du cervelet. Rappelons enfin que la physiologie de la moelle et du bulbe nous a fourni presque tous les éléments suffisants pour nous rendre compte du mécanisme réflexe de la locomotion, et nous comprendrons alors combien est •encore problématique la physiologie du cervelet.