ENCÉPHALE : LOCALISATIONS CÉRÉBRALES
indiqués, car le cerveau du chien est trop différent de celui de 1 homme pour qu on puisse conclure de la topographie de l’un a celle de l’autre. Mais Hilzig, en 1874, a continué ses expériences en opérant cette fois sur un singe, dont le cerveau présente, au point de vue de ses principales divisions en Johes et lobules, une analogie assez considérable avec celui de
homme pour qu il soit possible de tracer, d’après les résultats obtenus sur 1 un, la topographie probable des régions qu’occuperaient chez l’autre les points supposés homologues quant à leuis fonctions motrices. La figure 26 nous montre cette situation probable des centres moteurs chez l’homme. On voit que tous ces centres seraient situésau niveau ou dans le voisina o-e immédiat des deux circonvolutions ascendantes qui limitent Je sillon de Rolando. fout en haut de la circonvolution pariétale ascendante serait le centre des mouvements du membre infé- Ve p1’ py jîg- 26); en avant de celui-ci et à cheval sur le sillon de Rolando, le centre des membres supérieurs (2); à la partie postérieure de la première circonvolution frontale ascendante le centre des mouvements de la tête et du cou (4); un peu plus bas, le centre pour le mouvement des lèvres (5)- enfin tout a fait en bas (en 1), le centre des mouvements de la langue c est le heu ou siégé la faculté du langage: partie postérieure de ta troisième circonvolution frontale).
On sait qu’il est de règle en physiologie expérimentale, pour
Ud,er es to,m,ons d'une partie, d'observer non seulement es resulla s de son excitation, mais encore ceux de sa destruc-
nar Frhfh 7rf Dl"'et„onl entr«Pri*. P®«f le» centres désignés •i ritsch, Ilitzig et Ferrier, ce second ordre de recherches:
i s ont enleve, a l’aide d’une curette, la substance grise dans les lieux désignés (chez le chien ou le chat) comme centres et a la suite de ces ablations, ils ont observé des paralysies limitées a des groupes de muscles particuliers1.
in.wf aV°11S VUqUC }es expériences sur le singe permettaient [h JJ 1111 certaui Point de déterminer la situation probable chez 1 homme des centres appelés moteurs (psycho-moteurs) pa Fntsch, Ilitzig et Ferrier. C’est ainsi que les pathologistes on t ete amenés a rechercher si, dans les cas de convulsions paridles avec lésions localisées des hémisphères , il n’y aurait^ concordance cnlre le siège de ces lésions et le lieu indicé par
„•! ' Car,VI!i° ct I)uret> Critique expérimentale des travaux de Fritsrh Ihturj et Ferrier (Société de biologie, décembre 1873 ot^nvierisw
logie, (ArM” * />%«<)-
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les expériences précédentes comme centre moteur correspondant .aux mouvements observés. Charcot, qui a poussé activement les recherches dans ceLte voie, a reconnu que dans ces cas les lésions siégeaient toujours dans les parties antérieures du cerveau; que les convulsions débutant par le membre supérieur se rapportaient à des lésions de l’extrémité supérieure et postérieure de la première circonvolution frontale, au voisinage de la frontale ascendante; que dans plusieurs cas d’épilepsie partielle débutant par la face, la lésion cérébrale occupait la partie moyenne de la circonvolution frontale ascendante; qu’en un mot, la pathologie, sans autoriser encore des localisations précises et ■détaillées, permet de cantonner dans le voisinage du sillon de Rolando les circonscriptions corticales dont les lésions produisent les convulsions partielles ou générales du corps et des membres.
Tels sont les faits cliniques et expérimentaux invoqués en faveur de localisations autres que celle, aujourd’hui si bien établie, de la faculté du langage articulé (Broca). Mais il s’en îfaut de beaucoup que tous les physiologistes et tous les cliniciens considèrent ces faits comme démonstratifs ; nous allons donc passer rapidement en revue les objections faites à la théorie des localisations.
Brown-Séquard est un de ceux qui se sont montrés les plus hostiles à cette théorie. Il s’est principalement appliqué à opposer aux faits cliniques susénoncés des faits clinique squi parlent en sens inverse. Dans une série de communications à la Société de biologie (1876), il a développé, avec de nombreux exemples à l’appui, cette thèse que, quand il s’agit d’une lésion <lu cerveau, il n’y a pas de symptôme qui ne puisse être observé, en quelque endroit du cerveau que siège la lésion; que les lésions les plus considérables peuvent ne donner lieu qu’à des phénomènes à peine appréciables. Brown-Séquard a communiqué, en effet, l’observation d’un cas où il avait trouvé à l’autopsie tout un lobe cérébral entièrement détruit, et n’avait cependant pas constaté pendant la vie d’autres manifestations •qu’une amaurose et quelques douleurs de tète. Toutes les fonctions dépendant du cerveau pourraient donc persister, dit ■Brown-Séquard, malgré la destruction complète d’un lobe cérébral entier; il serait donc impossible d’admettre des centres parfaitement localisés, c’est-à-dire répartis dans une portion bien limitée de l’encéphale.
1. Charcot, Leçons sur les localisations dans les maladies du cerveau. Paris, 1876.
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Les objections de Brown-Séquard visent surtout les faits cliniques; les faits expérimentaux ne sont pas moins susceptibles de diverses interprétations. C’est l’excitation électrique qui donne des résultats dans les expériences instituées selon le procédé de Fritsch, Hitzig et Ferrier. Or 011 sait combien il est difficile de limiter faction des courants électriques aux parties sur lesquelles sont appliqués les électrodes; 11e peut-il pas se faire que dans ces expériences, par le fait de courants dérivés, l’excitation électrique n’exerce pas réellement son action sur la substance grise cérébrale, mais aille, à travers celte substance grise, exciter les fibres blanches sous-jacentes? Il nous parait certain qu’en réalité les choses se passent ainsi. E11 effet, si l’on détruit par le fer rouge une partie de l’écorce grise désignée comme centre de certains mouvements, 011 obtient ces mêmes mouvements en appliquant les électrodes sur l’escarre ainsi produite, c est-a-dire en excitant les libres blanches sous-jacentes Cette expérience démontre que l’intégrité de la substance o-rise corticale n’est pas la condition nécessaire de la production experimentale des mouvements localisés; elle permet de croire que, dans les expériences par excitation électrique, ce sont les fibres blanches sous-jacentes aux prétendus centres corticaux qui sont excitées, mais elle ne renverse pas la doctrine des localisations motrices ; à la formule d’abord adoptée elle substitue celle-ci : au-dessous de certaines parties de l’écorce cérébrale se trouvent des faisceaux blancs assez nettement circonscrits dont 1 excitation provoque des mouvements localisés dans telle partie du corps, dans tel groupe de muscles.
Ramenée à cette formule, la théorie des localisations nous parait parfaitement établie. Mais du moment qu’011 admet des faisceaux blancs sous-jacents à la substance grise et formant les conducteurs spéciaux de certains mouvements, 011 peut se croire autorisé à considérer comme origine, comme centre de ces faisceaux, la partie de substance grise immédiatement superposée. Cette induction, qui ramène aux localisations corticales , n est pas légitimé, ainsi que le démontre l’étude des effets immédiats et ultérieurs produits par l’ablation d’un de ces prétendus centres corticaux moteurs. En effet, si, après avoir déterminé au moyen de 1 électricité, chez un chien, le centre des mouvements de a patte antérieure, ce centre cortical est enlevé avec une curette, 011 observe une paralysie des mouvements volontaires dans les muscles dont la contraction était précédemment produite p ai 1 excitation électrique appliquée sur la région enqueslion; mais celle paralysie guérit au beat Je peu de jours En
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présence de ce fait, nous ne voyons que deux interprétations possibles : ou bien la lésion produite par l’ablation de la substance grise a compromis momentanément le fonctionnement du faisceau blanc sous-jacent, qui est un conducteur dans lequel se localisent spécialement certains actes moteurs; ou bien l’ablation de la substance grise a réellement détruit un centre cortical moteur, dont la fonction a été suppléée par le fonctionnement plus énergique du centre correspondant dans l’hémisphère opposé; il y a eu suppléance. Or cette dernière interprétation n’est pas admissible, en présence des résultats suivants : si, après guérison de la paralysie produite par l’ablation d’un centre cortical du côté droit, on enlève le centre cortical homologue du côté gauche, la paralysie se produit de nouveau, mais elle guérit aussi dans un temps relativement court; si alors les mouvements reparaissent malgré l’ablation bilatérale de leurs prétendus centres corticaux, il n’y a plus lieu d’admettre l’existence réelle de ces centres.
Nous arrivons donc, en définitive, à ne pas trouver dans les faits expérimentaux et cliniques des preuves suffisantes de localisations motrices dans la substance grise corticale : ce résultat n’est nullement en contradiction avec le fait qu’une localisation corticale très précise, celle de la faculté du langage, est aujourd'hui parfaitement établie et admise par tous; dans le cas du langage, il s’agit de la localisation d’une faculté intellectuelle complexe, d’un centre coordinateur; dans les cas de localisations motrices corticales, il s’agirait purement et simplement de centres moteurs. Or les mouvements du membre antérieur ou postérieur, ceux de la face, des yeux, ont pour origine des phénomènes psychiques complexes, ayant eux-mêmes leur point de départ dans les impressions apportées par les divers organes des sens; les sources de ces mouvements doivent donc être multiples. On comprend bien que leurs conducteurs, provenant de parties corticales multiples, se groupent en faisceaux particuliers, pour venir ensuite prendre part a la constitution de la capsule in * terne lieu de passage de tous les conducteurs des mouvements volontaires; mais on ne voit pas à priori la nécessité de centres moteurs corticaux distincts.
E. Cervelet.
Toutes les recherches expérimentales comme les observations cliniques, semblent aujourd’hui d’accord sur deux conclusions, en partie négatives, qui constituent ce que nous