‹ Cours de physiologie (volume 2)Chapitre 32 sur 284 · LIQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN · texte numérisé non relu

LIQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN

L sages du liquide céphalo-rachidien. — Quant aux usages du liquide céphalo-rachidien, c’est là une question qui a soulevé bien des discussions, depuis Magendie, Pelletan et Bouigougnon, jusqu à Longet et les physiologistes contemporains. Analysant les conditiohs des expériences en appalence contradictoires de ses devanciers, Richet a nettement expliqué comment il fallait comprendre le rôle du liquide céphalo-rachidien, et a confirmé sa théorie par de nouvelles expériences plus rigoureusement instituées. De ces recherches, il i ésulte que ce liquide met l’encéphale à l’abri des compressions qui tendent à se produire par le fait de l’afflux intermittent du sang dans le crâne. En effet, dit Richet, à chaque contraction ventriculaire, le sang pénètre si brusquement dans le crâne, que, ne pouvant trouver par les veines un écoulement immédiat proportionnel, il soulève la masse encéphalique et la repousse contre les parois de la boîte ciânienne. Ce n’est pas tout : le sang veineux lui-même, au lieu de s écouler d’une manière continue, éprouve des temps d’arrêt, quelquefois même reflue en sens inverse, en sorte qu à certains moments la cavité crânienne, d’un côté recevant sans cesse, et d’autre part ne pouvant écouler, doit nécessairement éprouver un trop-plein dont les conséquences eussent pu se faire sentir d’une manière fâcheuse, si une usposition spéciale n’eût réalisé les conditions nécessaires au rétablissement de l’équilibre, c’est-à-dire au maintien u une pression normale. L’appareil qui présente cette disposition, c est le canal vertébral et le liquide céphalo-rachitlPn sous-arachnoidien. Le canal vertébral présente en € e , dit Richet, toutes les conditions d’un tuyau d’échappement ou de dégagement : situé à la partie la plus déclive e postérieure de la cavité crânienne, avec laquelle il communique par une large ouverture en forme d’entonnoir, il f e ®nc . * occipital à la pointe du sacrum. Dans toute sa ongueur il est constitué par des parois en partie osseuses c en partie membraneuses, par conséquent susceptibles 1 ,un(j C(jItainc extensibilité; et de plus, entre la dure-mère, res tache, et les parois osseuses, existent des plexus multiples e une graisse semi-fluide qui peut, de même que le san0, au besoin, refluer au dehors de la cavité rachidienne.

DU SYSTÈME NERVEUX

Le liquide sous-arachnoïdien, de son côté, est commun aux deux cavités encéphalique et rachidienne, et peut facilement se porter de l’une à l’autre par l’intermédiaire du trou occipital. Si donc on suppose que la pression augmente dans la cavité crânienne au delà des limites compatibles avec le peu de compressibilité des parties contenues, le liquide céphalo-rachidien fuit devant cette pression et s’échappe dans le canal rachidien, dont les parois sont moins inextensibles, et dans lequel il remplace le sang veineux qu’il expulse. La pression vient-elle à cesser dans le crâne et la tendance au vide commence-t-elle à s’y manifester : le liquide vient y reprendre sa place, favorisé dans ce mouvement de reflux par l’élasticité en retour de toutes les parties qu’il a déplacées.

Mais si les parois crâniennes, au lieu d’être partout rigides, offrent par places des parois élastiques, le liquide céphalo-rachidien, ou directement le cerveau lui-même soulèvera ces parois à chaque mouvement d’expansion de la masse encéphalique sous l’influence de l’afflux sanguin. C’est ainsi qu’en examinant la tête d’un enfant nouveau-né (fontanelles), ou celle d’un adulte dont les parois crâniennes, ayant subi une déperdition de substance, laissent la dure-mère à découvert, on voit les membranes qui remplacent les parois osseuses être agitées d’un double soulèvement : l’un, plus faible, isochrone aux pulsations artérielles, l’autre, plus marqué, correspondant à l’expiration (arrêt de la circulation veineuse). Cessoulèvementsou oscillations peuvent être soumises à une analyse exacte, ainsi que le montrent les expériences de Salathé sur l’étude graphique des mouvements du cerveau1. Ces expériences, pratiquées à l'aide d’un tube communiquant d’une part avec la cavité crânienne et d’autre part avec un tambour à levier, ont permis de suivre, chez les animaux, les moindres oscillations du liquide céphalo-rachidien, et de constater que ces oscillations, faiblesavec une respiration calme, deviennent très prononcées dans les efforts, les cris. L auteur a pu inscrire également des mouvements du cerveau chez l’homme, sur un malade qui, à la suite d’une fracture du frontal, n’avait à ce niveau le cerveau protégé que par des parties molles.

1. A. Salathé, Recherches sur les mouvements du cerveau et sur le mécanisme de la circulation des centres nerveux, thèse de doctorat, Paris. 1877.

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