‹ Cours de physiologie (volume 2)Chapitre 33 sur 284 · VI. — SYSTÈME DU GRAND SYMPATHIQUE · texte numérisé non relu

VI. — SYSTÈME DU GRAND SYMPATHIQUE

Le grand sympathique se compose d’une série de ganglions disposés le long de la colonne vertébrale, un de chaque côté pour chaque vertèbre (excepté à la région cervicale, où il y a fusion en trois gros ganglions): les ganglions d’un même côté sont réunis entre eux par des commissures, d’où résultent des cordons en chapelets.

De plus ces amas globulaires envoient des commissures d’une part vers la moelle épinière (• rami communicantes ), d’autre part vers les viscères et vers tous les organes en général (nerfs du grand sympathique). A une certaine distance de la chaîne du grand sympathique, sur le trajet de ces commissures allant soit à la moelle, soit aux viscères, se trouvent de nouvelles masses ganglionnaires : ce sont de nombreux amas globulaires échelonnés sur les nerfs du grand sympathique: le plus remarquable de ces amas est le ganglion semi-lunaire que Bichat appelait le cerveau abdominal; enfin, encore plus loin, sur le trajet des nerfs viscéraux, au moment où ils se distribuent dans les viscères, on trouve une nouvelle série de ganglions disséminés dans l’épaisseur des parois des organes, et d’ordinaire de dimensions microscopiques : tels sont ceux que l’on trouve dans l’épaisseur des parois intestinales, dans la charpente musculaire du cœur, sur les bronches, etc., etc. (ganglions viscéraux ou parenchymateux).

Le système nerveux grand sympathique ainsi constitué représente-t-il un système nerveux indépendant du système céphalo-rachidien? C’est ce qu’on a cru longtemps; c’est ce que pensait Bichat. On en faisait alors le siège de toute une série de phénomènes nerveux plus ou moins mystérieux, que l’on décorait du nom de sympathies, et dans lesquels nous ne voyons aujourd’hui que des réflexes. O11 a reconnu en même temps que le grand sympathique n’est nullement un système à part; il partage les propriétés et les fondions du système médullaire, et s’associe à lui.

En effet ses filets nerveux sont excitables par les mêmes agents que les nerfs rachidiens, par l’électricité, par les

DU SYSTÈME NERVEUX

agents chimiques; mais l’excitant physiologique que nous avons désigné précédemment sous le nom de volonté n’a pas d’action sur ce système: aussi les mouvements qui se produisent dans le domaine du grand sympathique sont tous involontaires. D’autre part, ces mouvements, lorsqu’ils sont produits par l’excitation artificielle du nerf, mettent un certain temps à se produire; ils apparaissent lentement et cessent lentement. Cette nouvelle différence tient autant à la nature des fibres nerveuses et sympathiques, qui sont surtout des fibres de Remak (voyez p. 28 et 30), qu’à la nature des muscles auxquels elles se distribuent ( muscles lisses; voy. plus loin). — L’excitation des filets du grand sympathique donne aussi naissance à des phénomènes de sensibilité, mais il faut porter sur eux une irritation intense et longtemps soutenue; dans les étals pathologiques, le grand sympathique est beaucoup plus excitable et devient le siège, le conducteur d’un grand nombre de sensations douloureuses.

Le grand sympathique possède donc des fibres nerveuses qui fonctionnent par une conduction centripète, et d’autres qui fonctionnent par une conduction centrifuge. Il peut ainsi prendre part à des réflexes ; et en effet, dans la classification des réflexes que nous avons donnée (p. 76), nous avons vu que ces phénomènes pouvaient trouver l’une de leurs voies (la centrifuge ou la centripète), ou même toutes les deux à la fois, dans les nerfs du sympathique. Les réflexes auxquels nous faisions allusion alors avaient du reste leurs centres dans le système médullaire. Mais ici se présente, sous une nouvelle forme, la question de l’indépendance du grand sympathique. Les réflexes qui ont ce nerf pourvoie de conduction peuvent-ils avoir pour centre uniquement des ganglions sympathiques, de façon à ne rien emprunter (ni comme conducteur, ni comme centre) au système céphalorachidien? On a cru longtemps à cette indépendance complète, et c’est dans celte pensée que Bichat donnait aux ganglions semi-lunaires le nom de cerveau abdominal. Or» faisait donc présider le grand sympathique, comme centre, aux fonctions des viscères en général, et plus particulièrement aux fonctions de nutrition.

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