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C.Role du muscle dans V économie; son fonctionnement

Connaissant les deux formes du muscle et les propriétés dont il jouit sous chacune d’elles, nous pouvons déjà nous aire une idée de la manière dont l’élément musculaire folichonne dans 1 organisme. —Des diverses propriétés du mus-

on peut dire Que celles qui sont les plus utiles à l'économie sont:

0 — L élasticité. Nous verrons en effet plus tard que nombre de cavités à parois musculaires mettent plus partieu îerement a profit l’élasticité si parfaite, et la facilité vraiment merveilleuse du muscle à se laisser distendre; nous verrons notamment, à propos de Vestomace t des oreillettes du cœur, que le muscle placé dans les parois de ces sacs

MUSCLE ET SES ANNEXES

membraneux est surtout utile par la grande facilité qu’il prête à ces cavités de se laisser dilater, et nous n’aurons aucune répugnance à admettre des muscles (pour les alvéoles pulmonaires par exemple, ou tout au moins pour les bronches), qui agissent par leur élasticité, bien plus peut-être que par leur contractilité.

2° — La propriété de passer de la forme de repos à la forme active (ou contractilité du muscle) constitue pour l’élément musculaire la véritable activité vitale, la propriété physiologique essentielle; c’est là la forme essentielle de son irritabilité. Il nous reste donc à étudier cette irritabilité ; à voir si elle est bien une propriété du muscle, analogue à celle que nous avons signalée pour les cellules en général ; à voir quels sont les agents qui la modifient, les irritants qui la mettent en jeu; comment le muscle répond à ces irritants, et enfin comment on a essayé d’expliquer les phénomènes intimes qui se passent alors en lui.

Irritabilité ou contractilité du muscle. D’après la marche que nous avons suivie, faisant dériver du globule, forme première de tous les tissus, la forme anatomique et les propriétés physiologiques de l’élément musculaire, puisque nous savons que le globule possède la propriété de changer de forme, et que c’est là l’un des modes de son irritabilité, nous concevons facilement que le muscle ait conservé essentiellement ce mode d’irritabilité du globule, et que la propriété de réagir ainsi sous l’action des excitants lui soit absolument propre. Malheureusement il n’en a pas été ainsi aux yeux de tous les physiologistes, et quoique Haller eût déjà t'ait de Y irritabilité une propriété inhérente au muscle luimême, bien des auteurs depuis ont prétendu et prétendent encore que le muscle n 'est pas directemenv irritable (Funke, Eckard), et que tous les excitants appliqués au muscle n’agissent sur lui que par l’intermédiaire des terminaisons des nerfs moteurs qu’il contient. Parmi les nombreux faits qui réfutent cette manière de voir et démontrent l’irritabilité directe du muscle, nous ne citerons que les deux suivants:

Certains poisons (curare) rendent les nerfs moteurs coin-

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plètement incapables d’action (p. 40), par suite incapables de tiansmettre une irritation aux muscles; cependant, dans ce cas, les muscles excités directement peuvent passer de la forme de repos à la forme active (Cl. Bernard, Kolliker); les dernières et fines ramifications nerveuses qu’ils contiennent ne prennent aucune part à cette irritabilité, puisque les poisons en question tuent surtout les terminaisons intra-musculaires des nerfs (Vulpian).

Un nerf moteur séparé de l’axe cérébro-spinal perd après quatre jours toute excitabilité: le muscle, au contraire innervé précédemment par ce nerf, demeure encore directement excitable plus de trois mois après (si toutefois il a gardé ses rapports avec les nerfs sensitifs et vaso-moteurs qui président à sa nutrition (Longet). -

Variations de V irritabilité. L'irritabilité appartient donc bien au muscle lui-même; mais elle peut être modifiée par diverses circonstances, qui toutes peuvent être considérées comme modifiant la nutrition du muscle, ou sa constitution chimique. C’est ainsi qu’agit le repos trop prolongé car un exercice modéré, amenant un plus grand échange entre le muscle et le sang, entretient la nutrition du musclec eSt ainsi qu’en sens inverse agit la fatigue ou la contraction permanente, qui accumulent des acides dans le muscle

d onri^bPe" (Cl’alC-alinUé nécessaireau maintien de ses P I êtes , c est ainsi que peu de temps après la mort la

circulation ne lui fournissant plus les matériaux nécessaires

anrèsl6” là6"’ 6 m"SC'e n’esS pIus ‘Stable, et le temps apreslequelihsparad son irritabilité varie selonles animaux,

e parait elre d autant plus court que ceux-ci ont une nutri-

m“"L"S acllv®> C’est-a-dire que le muscle brûle plus vite les

il ,X quelul a lalssés 'a circulation: aussi ce temps est-

vui rL, T l6S animaux à sa"S froid- Cependant il ■ c clic/ un meme animal selon les muscles, et même se-

on les parties d’un même organe musculeux : ainsi le ven

taüVn C7'' 7 "" <leS muset ! d

eurent tandis que 1 oreillette, qui conserve son irrita! i-

dé plus longtemps que tous les autres muscles du corps

merde ainsi le nom A’ullimum moriens. ’

Mous voyons donc que la coMmctilité du muscle est une

MUSCLE ET SES ANNEXES

propriété qu’on a pu dire vitale, en ce sens qu’elle n’existe qu’avec la vie, la nutrition du muscle. Elle didère absolument à ce point de vue de Yélasticité des ligaments élastiques (voy. ci-après, chap. v, Annexes du syst. musculaire), propriété purement physique, qui subsiste après la mort. Au contraire les muscles du cadavre ont perdu leur contractilité.

Rigidité cadavérique. Dans ce cas le muscle, après avoir perdu son irritabilité, passe à l’état que nous avons déjà indiqué sous le nom de rigidité cadavérique , rigidité qui est due à la coagulation de la substance albumineuse du muscle (myosine) par les acides qu’il a formés : aussi le muscle peut-il passer à la rigidité spontanée, après une activité persistante qui produit un énorme excès d’acide ; les acides minéraux, la chaleur (50°), enfin tout ce qui coagule la myosine, produisent ou hâtent cette rigidité ; nous avons déjà vu qu’une injection de sérum ou de liquide alcalin l’empêche ou la retarde (page 140). L’espèce de rétraction que présentent les muscles pendant cette rigidité est due à ce que la myosine coagulée se rétracte et se solidifie; aussi le muscle est-il alors très fragile, et cet étal ne cesse-t-il que lorsque la putréfaction vient liquéfier ce coagulum ; il va sans dire qu’alors le muscle est. de nouveau alcalin, vu la présence de l’ammoniaque résultant de sa décomposition.

D’après ces quelques données théoriques, il est facile de comprendre les résultats précis que l’observation a constatés relativement à la rigidité cadavérique, et qui peuvent se résumer ainsi : la rigidité cadavérique se manifeste en général au plus tôt dix minutes et au plus tard sept heures api ès la moi t ; elle envahit les muscles du corps dans l’ordre invariable suivant : d’abord les muscles de la mâchoire inférieure, puis les muscles du cou et des membres inférieurs; enfin les muscles des membres thoraciques. Letle rigidité dure plusieurs heures, et, d’une manière générale, d autant p us longtemps qu’elle commence plus tard. Foui chaque musc e en particulier on observe que ceux qui se sont raidis les premiers (ceux de la mâchoire inférieure) demeurent es derniers en rigidité: plutôt un muscle perd son excita ji i e,

MUSCLES STRIÉS

plus tôt arrive la rigidité cadavérique ; c’est pourquoi elle vient plutôt chez les oiseaux que chez les mammifères, plutôt chez les mammifères que chez les vertébrés à sang froid (p. 153). Les muscles qui ont été fatigués fortement ayant la mort perdent rapidement leur excitabilité et deviennent plus vite rigides. Il est d’expérience vulgaire que les animaux tués après avoir été longtemps chassés ou surmenés, sont pris de raideur cadavérique presque aussitôt après la mort, et qu’alors la rigidité dure peu. On a constaté le même phénomène sur les soldats tués à latin d une longue bataille, et c’est ainsi qu’on a pu observer des cadavres immobilisés par la rigidité dans l’attitude même de la lutte.

. Poisons musculaires. Les poisons, ou, d’une manière plus généiale, les divers agents qui portent spécialement leur action sui les muscles, agissent les uns en augmentant, les auti es en diminuant leur irritabilité. Les premiers ou agents en ci to- musculaires sont peu nombreux ; on ne peut guère citer que la- verqlrine,Y acicle carbonique et le seigle ergoté. Les expériences de Prévost (de Genève) ont en effet démontré que la vératrine, injectée dans le sang d’un animal, augmente a tel point l’irritabilité musculaire que toute excitation, quelque faible qu’elle soit, place aussitôt les muscles dans un état de contraction analogue a celui du tétanos. L acide carbonique paraît également augmenter 1 irritabilité des muscles striés, et même produire directement leur contraction: les convulsions ultimes qui surviennent ai instant de la mort par hémorrhagie seraient dues en eflet d’après Brown-Séquard, à l’accumulation de l’acide carbonique dans les tissus qui ne peuvent plus s’en de lairasser, la circulation se trouvant détruite; mais l’acide carbonique exerce cette action surtout sur les muscles lisses (\oy plus loin). Quant à l’ergot de seigle, il agit uniquement sur ce dernier ordre de muscles. — Les agents paralyso-musculaires sont plus nombreux : on a d’abord reconnu cette propriété au sulfo-cyanure de potassium . Bernard, Pelikan, Ollivier et Bergeron) 1 : aussi une in-

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