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MUSCLES LISSES

ment élastiques et extensibles: ainsi l’intestin, la vessie et même l’utérus se laissent dilater à un degré extrême; mais l’excès de dilatation en produit facilement la paralysie et en facilite la déchirure.

La physiologie expérimentale n’a actuellement que peu de données relativement aux diverses propriétés des muscles lisses, telles que pouvoir électro-moteur , nutrition, phénomènes chimiques, sens musculaire, etc.

La contractilité dès muscles lisses présente d’abord h signaler ce fait capital, qu’elle n’est pas mise en jeu. par la volonté; ce sont des muscles involontaires, entrant normalement en jeu parle fait d’innervation réflexe. Quant aux excitants, que l’on peut faire agir directement sur le muscle ou par l’intermédiaire des nerfs, ils sont de même ordre que ceux du muscle strié, mais présentent, dans leur mode d’action, quelques particularités que nous signalerons rapidement.

D’arprès Legros et Onimus, tandis que pour les muscles striés Y excitation électrique des nerfs moteurs du muscleproduit plus d’effet que celle du muscle lui-même, il se présenterait une différence de sens inverse pour les muscles lisses. D’après ces mêmes physiologistes, lorsqu’on fait agir sur des muscles lisses les deux pôles d’un courant d’induction, en plaçant ces pôles aune certaine distance l’un de l’autre, au lieu de voir le muscle se contracter dans toute ■son étendue (comme pour le muscle strié), on observe, par 'exemple sur le tube intestinal, qu’il n’y a contraction que dans les points en contact avec les pôles électriques : cela 'tient peut-être à ce que la contraction se propage lentement dans la longueur de la fibre lisse, ou bien à ce que l’on agit plutôt sur les plexus et les ganglions nerveux intra-musculaires que sur le muscle lui-même. Un fait plus singulier encore, et auquel doit certainement être attribuée cette dernière interprétation, est celui signalé par Legros et Onimus relativement à l’action des courants continus : par l’application de ces courants sur les organes qui jouissent de mouvements péristaltiques (intestin), on observerait des effets différents selon le sens du courant : lorsque celui-ci suit la direction des contractions péristaltiques normales.

MUSCLE ET SES ANNEXES

il y aurait relâchement ; avec le courant de sens contraire, il y aurait contraction.

La chaleur, le froid, c’est-à-dire un changement brusque de température excite également la contraction des muscles en général; mais si la variation de température est lente et ne s’éloigne pas beaucoup de la chaleur normale, les muscles striés ne manifestent aucune réaction, tandis que les muscles lisses se contractent. C’est ainsi qu’il faut comprendre les dénominations de muscles thermosystaltiques appliquées aux fibres lisses, et de muscles athermosystaltiques appliquées aux fibres striées; c’est ainsi que les fibres lisses du dartos, et en général celles de la peau, se contractent parle contact d’un milieu froid, et notamment par l’immersion dans l’eau froide; c’est ainsi que l’on voit les parois intestinales d’un animal sacrifié et ouvert, présenter des mouvements péristaltiques très accentués soit par le contact de l’air froid, soit par celui de l’eau chaude. Il suffit d’eau à 20 degrés sur un animal mort depuis quelques instants et déjà refroidi. — La lumière elle-même est un excitant des muscles, mais seulement des muscles lisses (expériences de Brown-Séquard sur des yeux de grenouille et d’anguille).

Comme excitants directs des fibres musculaires lisses, excitants qui agiraient sur ces fibres à l’exclusion des fibres striées, on a cité divers agents, dont l’action est encore très contestable à ce point de vue, car elle paraît se produire plutôt par l’intermédiaire du système nerveux. Nous citerons l’acide carbonique, d’après Brown-Séquard : le seigle ergoté, d’après Holmes1; la quinine, l’atropine, d’après divers expérimentateurs ; mais Vulpian a montré combien étaient peu précises nos notions théoriques sur le mode d’action de ces diverses substances ( Vaso-moteurs , t. II).

Nous manquons de données précises sur le travail musculaire, sur la fatigue musculaire des muscles lisses. Mais leur entrée en rigidité cadavérique a lieu comme pour les muscles striés : on l’observe sur les muscles de la peau, sur

1. Holmes, Éludes expérimentales sur le mode d'action de l'ergot de seigle, thèse de doctorat. Paris, 1870.

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