‹ Cours de physiologie (volume 2)Chapitre 43 sur 284 · MUSCLES LISSES · texte numérisé non relu

MUSCLES LISSES

l’utérus, vers la fin de la grossesse , on trouve les fibres lisses les plus volumineuses.

Quoique ces fibres paraissent rubanées, il est facile de se convaincre, par l’inspection de leur coupe (sur du muscle lisse durci par l’acide chromique), que leur forme est celle d’un prisme. Pour les isoler les unes des autres, la dissociàtion simple, sans emploi de réactif, est le plus souvent impuissante; mais on arrive à un isolement facile en faisant macérer pendant vingtquatre heures un fragment de muscle lisse dans une solution d’acide azotique étendu de quatre fois son volume d’eau, ou mieux encore dans un mélange à parties égales d’acide azotique et d’acide chlorhydrique (avec dilution d’eau à 1/5 ou 1/4).

On n’a pas démontré l’existence d’une membrane d’enveloppe autour des fibres musculaires lisses; du reste, nous avons vu précédemment que les fibres striées du cœur étaient également dépourvues de myolemme. Cependant la couche superficielle de la substance des fibres lisses est. plus ferme que les parties sous-jacentes, lesquelles sont formées dans toute la masse par une substance albuminoïde transparente et presque amorphe, si ce n’est.

dans la partie la plus large, OÙ cette sub- Fig. 34. - Muscles lisses de la vessie *.

stance paraît plus ou

moins granuleuse. Au centre de cette partie granuleuse, on aperçoit un noyau dont la forme est tout à fait caractéristique des fibres musculaires lisses. Ce noyau, en effet, est allongé en forme de bâtonnet (fig. 34, B) ; sa largeur est,- de 2 à 4 millièmes de millimètre, et sa longueur de J 5 à 30 millièmes de millimètre, c’est-à-dire qu’il est souvent dix fois plus long que large. 11 est orienté de telle sorte que sa longueur correspond au grand axe de la fibre lisse: aussi sa présence est-elle suffisante pour per-

* A, Avant l’action de tout réactif; B, après l'action de l’acide acétique dilué; a, a, a, fibres isolées ; b, b, fibres restées accolées les unes aux autres par leurs bords. küss et uuval, Physiologie. 10

MUSCLE ET SES ANNEXES

mettre de conclure à celle de la fibre musculaire lisse, ce qui arrive lorsque, par exemple, on examine, sans dissociation préalable, un lambeau de muscle lisse que l’on traite par l’acide acétique dilué; dans ce cas, en effet, le tissu devient transparent (B, fig. 34) et il est difficile de distinguer les bords des fibres musculaires, mais le noyau devient très évident, et sa direction même permet de reconnaître dans quel sens les fibres sont disposées. Par l’action continuée de l’acide acétique, ces noyaux prennent facilement une forme ondulée, mais leurs bords restent toujours très nets. Ces noyaux manquent, en général, de nucléole, mais on peut voir des noyaux nucléés dans les fibres de l’utérus (Ch. Robin).

Les fibres musculaires lisses, ou fibres-cellules, paraissent se former par une transformation très simple des cellules embryonnaires. Ces cellules, sans paroi propre, s’allongent en s’effilant à leurs deux extrémités, en même temps que leur protoplasma se transforme en substance musculaire et que leur noyau s’allonge en bâtonnet.

B. — Propriétés et fonctions.

La physiologie du muscle lisse, comparée à celle du muscle strié, est dominée par ce fait que, dans le premier, le passage de l'état de repos à l'état actif se fait avec une lenteur relativement très grande; après l’application d’un excitant qui met. en jeu la contractilité, il s’écoule un temps considérable avant que le muscle se contracte; en un mot, Y excitation latente (voy. p. 158) est de longue durée. La contraction, une fois établie, présente aussi une longue durée : l’analyse myographique, surtout par l’étude delà contraction induite, montre que la contraction du muscle lisse est une simple secousse; il n’y a donc pas à parler de tétanos physiologique pour les muscles lisses. La forme dite péristaltique est la forme la plus ordinaire de ces contractions, c’est-à-dire que, ainsi que l’ont fait observer avec soin Onimus et Legros, l’excitation, au lieu de rester localisée à la fibre excitée, se propage directement aux fibres voisines; ce fait peut tenir à la présence des plexus et ganglions intramusculaires, qui jouent peut-être le rôle de petits centres réflexes propagateurs du mouvement veriniculaire.

Les propriétés générales des muscles lisses sontdemême ordre que celles des muscles striés; ces muscles sont égale-

Page 1