V. — ANNEXES DU SYSTÈME MUSCULAIRE
(Tissus conjonctif, os, tendons.)
Mécanique animale , locomotion, etc.
Mécanique générale des muscles. La fibre musculaire, èn changeant de forme, joue dans l’économie un rôle important comme source de travail et de mouvement. Elle est à cet effet en rapport avec d’autres organes. Sous ce point de vue elle présente deux dispositions différentes : elle opère par pression ou par traction.
Dans le premier cas (pression), les éléments musculaires sont disposés sous forme d’anses ou d’anneaux, ou môme de poches membraneuses, de façon à comprimer dans tous les sens les organes qu’ils circonscrivent. Sur ce type sont construits les sphincters, les canaux musculaires (pharynx, oesophage), le cœur, ainsi que tous les organes creux contractiles. — La presque totalité des muscles de la vie organique (muscles lisses) présente cette disposition. Ils sont chargés le plus souvent de faire progresser, dans l’intérieur des réservoirs et des canaux dont ils constituent les parois, des matières liquides ou du moins ramollies, et c’est en produisant dans ces réservoirs des inégalités de pression qu’ils atteignent leur but, les liquides tendant toujours à se déplacer dans le sens de la plus faible pression. (Voy. Mouvements de l'estomac , de l'intestin, de la vessie , de l'utérus, etc.)
Dans le second cas, la fibre musculaire va s’insérer sur les organes qu’elle doit attirer, sur les leviers qu’elle doit mouvoir (os), par l’intermédiaire de cordes résistantes (tendons)^ l’étude des os (et de leurs articulations) se rattache celle des ligaments; à l'étude des tendons et des muscles, celle des aponévroses. — Les os, les cartilages articulaires, les ligaments, les tendons, les aponévroses forment donc l’ensemble des organes passifs de la locomotion. Les tissus de ces organes ont des rapports histologiques et chimiques si intimes qu’on les a réunis dans une vaste famille dite groupe du tissu conjonctif ou collagène ; les tendons, les aponévroses, les ligaments et la gangue connec-
TISSU CONJONCTIF. 177
tive des organes forment le tissu conjonctif ou cellulaire proprement dit.
Tissu conjonctif (ou lumineux ) proprement dit. Il aies connexions les plus intimes avec l’élément musculaire : c est lui qui, sous les noms de périmysium et d’ aponévrose
Fig. 35. — Coupe d’un cartilage diaphysaire*.
d enveloppe, réunit les fibres musculaires en faisceaux et en corps charnus, de façon à permettre une action d’ensemble de la part des éléments contractiles; mais ce tissu se trouve répandu non seulement dans les muscles, mais dispersé dans tous les autres organes : c’est ce que les anciens appelaient tissu cellulaire, nom devenu impropre, car il n exprimait qu’une disposition grossière de ce tissu, apte à se laisser pénétrer par des gaz ou des liquides qu’il circonscrit dans des vacuoles ou cellules (dans le sens macrographique du mot). Le corps entier peut, jusqu’à un certain point, être considéré comme une masse de tissu conjonctif ou de ses diverses formes, masse au milieu
*C, c, Cartilage calcifié ; déposer; — p, pc'ricondre.
laire.)
c',o', les sels calcaires commencent seulement à se — Grossiss. 350 diam. (Virchow Pathologie ccllii-
MUSCLE ET SES ANNEXES
de laquelle sont plongés les éléments plus essentiellement actifs.
Les tissus de substance conjonctive sont en général assez riches en globules embryonnaires (voy. plus haut, p. 23), ou plasmatiques , ou corps fibro-plastiques (ou leurs dérivés : cellule cartilagineuse, cellule osseuse, fig. 35 à 37).
— Il est des points où ces éléments globulaires paraissent jouer un certain rôle, comme peut-être dans les villosités intestinales, où ils pourraient ne pas rester étrangers au travail de l’absorption ; ailleurs ils peuvent, en se remplissant de graisse, jouer le rôle de réservoir pour cette substance, comme dans le panicule adipeux de 1 enfant. Cependant on peut dire que l’élément globulaire du tissu conjonctif ne prend départ importante qu’aux phénomènes pathologiques, lorsque, sous l influence d une excitation plus ou moins directe, il prolifère et donne lieu a la ptoduction du pus et des diverses neoformations (tissu cicaliiciel entre autres). Même dans les tissus conjonctifs les plus pauvres en globules plasmatiques, ceux-ci pi ennent en pathologie un développement prédominant. Mais, en règle générale, moins un tissu de substance conjonctive renferme de cellules plasmatiques, moins il a de tendance
♦La cornée est coupée parallèlement à sa surface : on voit les corpuscules étoiles (globules embryonnaires ou cellules plasmatiques), aplatis avec leurs pro ongemen
Fig. 30. — Cellules plasmatiques île la cornée*.
OS ET LIGAMENTS. 17g
à se modifier sous l’influence des causes pathologiques: aussi les tendons, relativement pauvres en éléments globulaires et essentiellement constitués par des faisceaux de fibres lamineuses, résistent-ils longtemps au milieu des foyers de suppuration.
L élément globulaire du tissu conjonctif proprement dit comme ses dérivés (ensemble des tissus collagènes os’ cartilages, etc.), n’ayant de rôle important qu’en pathologie! nous pouvons presque en faire abstraction en physiologie* de sorte qu’à ce point de vue nous n'avons à considérer dans les organes formés essentiellement de ces tissus, en dehors de leurs phénomènes de nutrition, que des propriétés physiques et des rôles mécaniques, qui sont dus à la nature de a substance fondamentale au milieu delaquelle sont noyées tes cellules plasmatiques. ‘
Ces propriétés physiques sont très diverses et parfois opposées, quoique réalisées dans des formes de tissu connectif très proches parentes : telles sont la rigidité des os et l 'élasticité des ligaments.
0's- Ces os sont formés de lamelles emboitees les unes dans les autres, incrustées de sels calcaires, et circonscrivant ainsi des canaux dans lesquels se trouve la moelle ; les os renferment dans Heurs lamelles calcaires des élé- \ /
nments globulaires (corpuscules osseux, cellules osseuses) ana- Fl0 S7 "n'""' , . . . ogues aux globules plasmatiques (l,g. 3/); mais ces globules ne
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MUSGI-E ET SES ANNEXES
Tendons et ligaments . — Les tendons et les ligaments se composent essentiellement de fibres ondulées, et parfois enchevêtrées et anastomosées (fig. 38 et 39) ; leur rôle est
purement mécanique et résulte de leur îésistance et de leur élaslicité. — Cette dernière propriété se trouve développée au plus haut degré dans le tissu jaune élastique, variété non collagène du tissus connectif; la fibre élastique est encore plus ondulée que la fibre connective ; elle est excessivement crépue (fig. 38, b et c), et exerce, quant on l’a allongée, de fortes tractions pour reprendre sa forme naturelle : aussi les ligaments jaunes ou élastiques serventils à ramener les pièces du squelette dans leurs positions
* a. Fibres connectives avec quelques globules embryonnaires ; - b, ■ tiques avec leurs anastomoses et leurs divsions ; — c, fibres élastique | -
(en crin do matelas) ; - d, noyaux de cellules avec nucléoles. Pris son* le pectoral; grossissement 3Ü0 diamètres. (Todd cl Bowman, rite jihysiolog Analomy of Man. London, 1845, p. 74.)