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LEVIERS DU SQUELETTE

pour osciller et se porter au-devant de l’autre. Dans ce cas (fig. 41, 42) le point d’appui est sur l’axe du cylindre transversal que forme la série des têtes métacarpiennes au niveau de leur jonction avec les phalanges. La puissance est représentée par les muscles du tendon d’Achille, et son point d’application se trouve à l’extrémité postérieure du calcanéum; la résistance, c’est-à-dire le poids du corps transmis par le tibia, se trouve à la face supérieure du calcanéum et de l’astragale (ne formant qu’un seul et même os dans les mouvements de ce genre), au niveau de l’articulation tibiotarsienne, et par conséquent entre le point fixe et le point d application de la puissance. Le bras de levier de la puissance est donc plus long que celui de la résistance, et par suite la puissance déployée par les muscles du mollet pour soulever le corps peut être inférieure au poids du corps luimême, ainsi que nous l’indique la loi des leviers du 2e genre («g- 42).

Le levier du 3° genre ou interpuissant est de beaucoup le plus répandu dans l’économie; c’est par excellence le levier

1' ig. 42. — Type d’un levier du 2e genre, auquel se ramène la fig. 41. (Dalton, Physiologie et Hygiène.)

de la locomotion : on le trouve dans la plupart des mouvements partiels ou d’ensemble, et spécialement dans les mouvementsde flexion et d’extension. Inutile d’analyser par exemple les articulations de l’épaule ou du coude (fig. 43) dans la préhension, pour y constater le type de ce levier, dans lequel le bras de la puissance est plus court que celui de la résistance, de sorte que l’énergie de la contraction musculaire doit toujours être supérieure à la résistance «à

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vaincre. Mais, en compensation, le chemin parcouru par l’extrémité résistante du levier (main, par exemple, dans la flexion de l’avant-bras) est plus grand que celui parcouru par le point d’application de la force (insertion du biceps à la partie supérieure de l’avant-bras) : ce qui est perdu en force est donc gagné en étendue.

Le jeu de ces divers leviers est facilité par la disposition des os; ceux-ci sont creusés d’une vaste cavité (médullaire) remplie de matières molles et presque liquides (moelle). Grâce à cette disposition, le poids des leviers osseux est diminué, en même temps que l’os présente une surface

suffisante pour donner insertion aux nombreux muscles qui doivent le mouvoir. La substance qui remplit ces cavités est la substance la plus légère de l’économie, la graisse (moelle de l’adulte). Enfin cette disposition da la substance osseuse favorise aussi le rôle des os comme supports, car la mécanique nous apprend que de deux colonnes de même hauteur et formées d'une même quantité de matière, si l’une est pleine, et l’autre creusée d’un canal central, c’est cette dernière qui sera la plus résistante. Ce principe est applicable aux colonnes creuses que représentent les os des membres, c’est-à-dire qu’à égale quantité de substance osseuse ces organes offrent plus de résistance avec la forme canaliculée qu’avec la forme pleine; ils réunissent donc ainsi la force à la légèreté.

Les os ne servent pas seulement comme leviers rigides nécessaires aux mouvements ; nous avons vu que pendant la station ils servent de colonnes ou de supports destinés à soutenir le poids du corps. Parfois aussi ils forment autour de certaines cavitée une charpente plus ou moins complète destinée à les protéger : telles sont les côtes, le bassin, et,

ElG. L3. — Schéma du coude, comme levier du 3e genre*.

* OA , Humérus; AO', avant-bras; — MM' le biceps. — Comme levier: A, point fixe; O', point d’application à la résistance (main); M’ point d’application de la puissance (levier intcrpuissanl).

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