LEVIERS DU SQUELETTE
breux muscles de l’avant-bras, dont les corps musculaires sont courts et les tendons très longs : et en effet, une longueur plus considérable de la fibre musculaire eût été icisuperflue pour produire un déplacement aussi peu considérable que la flexion de la main sur l’avant-bras et des phalanges les unes sur les autres. Le muscle cubital antérieur semble faire exception à cette règle; mais en réalité, quoique son corps charnu occupe toute la longueur de l’avant-bras, ses fibres musculaires sont très courtes, car elles sont disposées obliquement et constituent un muscle demi-penniforme, en s’étendant de l’os cubitus au tendon qui règne sur toute la longueur de l’avant-bras.
Parfois des intersections tendineuses placées sur le trajet d’un muscle ont un but spécial à réaliser: ainsi les intersections du grand droit de l’abdomen décomposent ce muscle en autant de muscles distincts, pouvant présenter des contractions partielles impossibles dans un muscle long tout d’une pièce; il en est de même pour les nombreux muscles digastriques du cou et de la nuque (grand complexus, etc.).
Mécanique des os considérés comme leviers.
Dans le jeu des muscles, des tendons et des os, nous trouvons des appareils mécaniques identiques aux leviers, dont ils présentent les trois variétés.
^Le levier du lor genre se rencontre assez souvent dans l’économie : on pourrait chez l’homme l’appeler le levier de la station, car c’est dans l’équilibre de la station qu’on en rencontre les plus nombreux exemples, et il est assez rare de le voir employé dans les mouvements du corps. Lorsque la tète est en équilibre sur la colonne vertébrale, dans l’articulation occipilo-atloïdienne (fig. 40), elle représente un levier du premier genre, dontle point d'appui est au niveau de son union avec la colonne vertébrale (en A); la résisance (poids de la tête) siège au centre de gravité de la tête, c’est-à-dire au-dessus et un peu en avant du centre des mouvements (en R); la puissance est représentée parles muscles de la nuque s’insérant à la moitié inférieure de 1 occipital (en P). En réunissantees divers points on obtientun levier coudé du 1 cr genre qu’on peut facilement transformer
MUSCLE ET SES ANNEXES
en un levier droit. — Il en est de même pour le maintien en équilibre du tronc sur les têtes des deux fémurs; les articulations coxo-fémorales forment le point d’appui d’un levier du 1er genre dont la résistance (centre de gravité du tronc) est placée en arrière, et la puissance (muscles
ig. 40. - Schéma de l'équilibre do Fig. 41. — Schéma du pied et de la chela tête sur la colonne vertébrale*. ville, le talon étant soulevé par le tendon d’Achille (Dalton) .
antérieurs de la cuisse) en avant. Semblable levier se trouve dans l’articulation de la cuisse avec la jambe, et de la jambe avec le pied (dans les mouvements à' équilibre de la station verticale).
Les deux autres genres de leviers se trouvent surtout réalisés, non dans l’équilibre de station, mais dans les mouvements de locomotion.
Le levier du 2e genre , ou interrésistant , dans lequel par conséquent le bras de levier de la puissance est plus long que celui de la résistance, etoù dès lors la vitesse est sacrifiée à la force, ne se rencontre guère chez l’homme que lorsqu’on soulève le poids total du corps en s’élevant sur la pointe des pieds, ce qui a lieu dans le mouvement de la marche, à chaque pas, dans le pied qui se détache du sol
* Levier du 1er genre. A, point fixe; R, résistance (centre de gravité de la tète); IJ, puissance (les flèches indiquent la direction dans laquelle agissent la puissance et la résistance).