DU SANG : GLOBULES ROUGES
Les globules rouges ou globules sanguins proprement dits sont de petits disques excavés sur leurs deux faces et
Fig. 45. Tube capillaire de Malassez examiné au microscope avec l'oculaire quadrillé. (Voy. la noie ci-dessous.)
épais sur leurs bords (fig. 46): leur diamètre est de 1/150 de millimètre et leur épaisseur de 1/600; en millièmes de
niercs a perdu plus ou moins d’eau par les exosmoses qui se sont opérées (par exemple au niveau des capillaires de la peau — Malassez, Archives de physiologie, 1874). — Plus récemment encore, Hayem et Nachet (Compt. rend. Acad, des sciences, avril 1875) ont proposé un appareil et un manuel opératoire plus simple et exempt des erreurs qui se produisent avec tout appareil se remplissant par capillarité. Ne pouvant entrer ici dans le détail des manœuvres de la numération des globules, nous donnons seulement dans la figure ci-jointe (fig. 45) l’aspect d’une certaine étendue du tube capillaire (méthode Malassez) examiné au microscope avec l’oculaire quadrillé, et nous indiquons le résultat le plus général au point de vue physiologique : M. Malassez semble donner comme chiffre normal que fournit le sang du doigt d’un sujet sain, le nombre de 4300000 (par millimètre cube); M. Hayem donne le nombre de 5 000 000.
SANG ET CIRCULATION
millimètre, unité employée en micrographie et désignée par la lettre p, ils ont en diamètre de 6 à 7 p., et en épaisseur environ 2 p.
Au point de vue histologique, les globules rouges sont de petites masses de protoplasma associé à des composés chimiques particuliers (voy. plus loin: Globuline, hématine, etc.) ; vus par la tranche, ces éléments se présentent sous la forme d’un biscuit rétréci en son milieu et renflé à
ses deux extrémités (fig. 46, c); vus de face, ils représentent des disques de couleur jaunâtre plus foncés sur les bords, plus transparents vers le centre (fig. 46, a). On ne voit pas de noyau ni d’enveloppe bien distincte, mais cependant une couche limite très mince qui semble indiquer une membrane enveloppante, ou tout au moins une zone limite plus condensée, et de composition différente de celle du corps même des globules : on a cru démontrer l’absence de membrane en étudiant les déformations que ces globules subissent par l’action d’une température de 40 à 45°, ou par celle du carbonate de potasse (Dujardin) : dans ces circonstances les globules se dépriment et se retournent en formede bonnet ou de coupe, dont les bords peuvent venir se souder régulièrement, ou par des expansions sarcodiques isolées.
Mais dans les mêmes circonstances on observe les mêmes phénomènes sur le corps des infusoires (Rouget), auxquels on ne peut refuser une enveloppe, ou tout au moins une couche corticale (, hautschicht des Allemands). Enfin, par l’action de l’acide picrique ou chromique, de l’alcool et par la coloration au sulfate de rosaniline,on observe très nettement une membrane «qui est formée par une substance très ductile et molle comme une pâte, puisqu’elle se laisse
ec
Fig. 46.
— Globules sanguins d’un homme adulte *.
* a, Globule rouge ordinaire, ayant la forme d’un disque; — b, globule blanc; — c, globules rouges vus de côté, appuyés sur leurs bords; — d, globules rouges empilés comme des écus ; — e, globules rouges anguleux, l’exosmose leur ayant jait perdre une partie do leur contenu, d’où l'aspect ratatiné; — f, globules rouges ratatinés (à bords mamelonnés; leur face présente un soulèvement semblable à un noyau); — g, ratatinement plus complet; — h, dernier degré de ratatinement. Grossiss. 280 diam. (Virchow).