DU SANG : HÉMOGLOBINE
globine comme 1 à 13. — On se procure de la globuline en plaçant une certaine quantité de globules frais dans un nouet de linge fin et en l’arrosant d’eau qui entraîne l’hémoglobine. — La globuline renferme une certaine quantité de sels de potasse et de soude (potasse 6 p. 100. soude 0,6).
B. Hémoglobine. — L’hémoglobine ou hémato-cristalline, substance très importante pour le physiologiste, est une matière albuminoïde cristallisable, chez l’homme et chez certains animaux seulement (rat, chien, cochon d’Inde). L’oxygène qui se fixe sur les globules, dans la respiration, se combine avec l’hémoglobine et forme un oxyde appelé oxybémoglobine. 100 grammes d’hémoglobine peuvent absorber 130 cent, cubes d'oxygène. — On se procure l’hémoglobine cristallisée en ajoutant quelques gouttes d’éther cn une petite quantité de sang contenu dans une éprouvette. L’éther détruit les globules et met l’hémoglobine en liberté. Celle-ci, d’abord dissoute dans l’éther, cristallise ensuite par, suite de l’évaporation de ce liquide. — Les cristaux d’hémoglobine sont rhomboédriques chez l’homme, tétraédriques chez le cochon d’Inde, hexaédriques chezl’écureuil.
Indépendamment des parties élémentaires qu’elle renferme, l’hémoglobine contient 0,43 p. 100 de fer.
Dérivés de V hémoglobine. En faisant agir divers réactifs sur 1 hémoglobine, on obtient des dérivés et des combinaisons del’hé-
Fig. 48. — Cristaux d’hcraine*.
mâtine cristallisant dans des formes régulières : ce sont 1 ’hémine et Yhématoidine.
1° h'hèmine. En faisant agir sur du sang desséché du chlo-
* Ohtenus artificiellement du sang par l’action du sel de cuisine et de l'acide acétique (chlorhydrate d’heniatinc). Grossiss. 300 diam. (Virchow). küss et duval, Physiologie.
SANG ET CIRCULATION
rure de sodium et de l’acide acétique crislallisalde, on obtient un nouveau corps, l'hémine (ou chlorhydrate d’hématine) (fig. 48), qui se présente sous forme de cristaux en tables rhomboïdales aplaties à angles aigus et d’un brun intense.
Les cristaux ainsi obtenus sont caractéristiques du sang. C’est bien du chlorhydrate d’hématine, car on est parvenu récemment à les produire en mettant simplement en présence l’hématine et l’acide chlorhydrique l 2.
2° Enfin, Y liémcitoidine est un dérivé de l’hématine, dérivé qui se produit spontanément dans l’économie, surtout dans les anciens foyers hémorragiques , et en général dans tous les épanchements sanguins. Ce corps, qui se présente sous forme de très petits cristaux rhomboïdaux obliques, est identique à la matière colorante de la bile : au point de vue de la composition chimique, l’ liémcitoidine n’est pas identique à l’hématine, elle en diffère par 1 de fer en moins et 1 d’eau en plus.
Ces matières colorantes du sang, et particulièrement l’hémato-cristalline ( hémoglobine ), ont été l’objet clans ces dernières années de très intéressantes recherches au moyen de Y analyse spectrale: Hoppe Seyler (1862) et Valentin en Allemagne, Stokes et Sorby en Angleterre, P. Bert, Claude Bernard, R. Benoît et Fumouze 1 en France, appliquant à l’étude du sang le procédé d’analyse découvert par Kirchhoffet Bunsen, ont montré que lorsqu’on regarde à travers .. un prisme (spectroscope) une solution de sang artériel très étendue, éclairée par la lumière solaire ou par la flamme d’une lampe, au lieu d’observer le spectre lumineux ordinaire, on voit ce spectre interrompu par de larges bandes obscures placées comme l’indique la figure 49: c’est ce qu’on appelle le spectre d'absorption du sang ; il est caractérisé essentiellement par deux bandes obscures dans la partie jaune verte (B, fig. 49), et de plus par l’extinction, à peu près
1. Voy. P. Cazeneuve, Recherches sur l'hématine (Journal de Vanai.
et delà physiol. de Ch. Robin, 1875, p. 309). t
M. Cazeneuve, dans ce travail, confirme les travaux antérieurs d apres lesquels l’hématine est un principe quinternaire contenant du carbone, de l’hydrogène, de l’oxygcne et du fer : il pilonne pour la quantité de fer la proportion suivante : 12 gr. 60 de peroxyde de fer pour 100 gr.
d’hématine. . .0
2. Fumouze, les Spectres d'absorption du sang. Paris, 18/-, m-4 .