DU SANG : HÉMOGLOBINE
complète, de tous les rayons les plus réfrangibles à partir du bleu ou de l’indigo (fig. 49, C).
Chose remai quable, le sang veineux, ou celui qui a perdu son oxygène, ou les solutions d’hémoglobuline que l’on a désoxygénées par un agent réducteur quelconque, présentent un spectre différent: l’intervalle qui sépare les deux bandes est obscurci, ou, en d’autres termes, les deux bandes noires se fondent en une seule, dite bande de réduction de ùtokes (fig. 49, E); en même temps l’ombre qui recouvre a Part‘e pïus réfrangible a reculé vers le violet, de sorte qu’d y a plus de transparence pour les rayons bleus.
II y a donc un spectre du sang oxygéné et un spectre du
sang désoxygéné, de l’hémoglobuline oxygénée et de l’hémoglobuline réduite.
Claude Bernard et Hoppe Seyler ont montré à peu près
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SANG ET CIRCULATION
en même temps que l’oxyde de carbone, qui chasse avec tant d’énergie l’oxygène du sang, prend sa place, et, combiné avec l’hémoglobuline, donne un spectre (spectre du sang oxycarboné) très analogue au spectre du sang oxygéné, si ce n’est que les deux bandes noires sont un peu déplacées vers la droite. Mais ce que ce spectre a de caractéristique, c’est qu’il ne subit aucun changement par l’action des agents réducteurs; en d’autres termes, le spectre de l’hémoglobuline oxvcarbonée ne peut plus donner, comme celui de l’hémoglobuline oxygénée, la raie de réduction de Stokes. Il est facile de comprendre l’intérêt de ces recherches et leur application par exemple à l’analyse du sang d’une personne asphyxiée par les vapeurs du charbon, par l’oxyde de carbone1. A un point de vue analogue, il est très intéressant de constater que ces bandes caractéristiques s obtiennent encore en traitant par l’eau des taches de sang même tresanciennes, laissées sur du fer, du bois, du linge, etc., ou bien encore avecdu sangdéjàdécomposé et putréfie. V alenlin a très nettement constaté la présence du sang sur une ancienne planche de table de dissection qui était restee sans usage depuis trois ans dans un endroit humide, et sur un vieux crochet rouillé de boucherie qui ne servait plus depuis longtemps. On n’a pas, malgré de nombreux essais (Ritter), trouvé de matière colorante dont le spectre put être confondu avec celui du sang, ni surtout qui pût donner par les agents de réduction quelque chose d’analogue à 1 apparition
de la raie de Stokes. , .
De plus, comme sensibilité, celle méthode de recherche
laisse bien peu à désirer, puisque Valentin a retrouve des traces reconnaissables du spectre caractéristique du sang dans une solution qui n’en contenait qu’un sept millième, vue sous une épaisseur de 15 mm. t t
L’étude successive des spectres du sang oxygéné et desoxy- Kéné de l’hémoglobuline réduite, spectres que 1 on peut reproduire leur à tour en enlevant et en rendant 1 oxygène à la solution sanguine, cette étude nous permet d app
1. Voy. Cl. Bernard, Leçons sur les anesthèsques et sur l'asphyxie , Paris, 1875.