Robin et Verdeil, Traité de chimie anatomique
SANG ET CIRCULATION
réduit à un dédoublement qui partage d’une façon plus ou moins inégale la plasmine en ses deux produits : lorsqu’on trouve un excès de fibrine concrète {par ex. 8 gr.), il y a alors diminution de la fibrine dissoute (17 seulement dans l’exemple choisi) et
vice versa.
Cette manière de voir permet de se rendre compte de tout ce qu’avait encore d’obscur la physiologie comme la pa'hologie de la coagulation du sang. Ainsi le sang des veines sus-hépatiques paraît ne pas renfermer de fibrine; mais que l’on précipite sa plasmine par le chlorure de sodium, et, si l’on dissout ce coagulum dans 10 à 20 fois son poids d’eau, on verra spontanément ou par le battage se précipiter la quantité normale de fibrine concrète (2 à 4 gr.) : la plasmine du sang sus-hépatique contenait donc, comme normalement, les deux espèces de fibrine, mais une cause difficile encore à préciser ( voyez plus haut, p. 220) en empêchait le dédoublement, et nous cachait ainsi 1 existence de la fibrine concrète telle qu’elle est anciennement connue. D autre part nous avons reconnu comme règle générale 1 augmentation du caillot, de la fibrine dans les inflammations ; cependant il est quelques inflammations où l’examen du caillot semblerait indiquer une diminution dans l’élément coagulable, une hypinose ; mais ici encore la fibrine concrète l’emporte sur la fibrine dissoute dans la composition de la plasmine, et se révèle immédiatement si l’on parvient par un artifice à provoquer le dédoublement de cette dernière, et la formation du caillot (précipitation par le chlorure de sodium, dissolution en 10 fois son poids d’eau, exposition à l’air, battage, etc.). Nous pouvons donc conclure avec Germain Sée (Pathologie expérimentale : fies Anémies ) que dans les maladies en général, comme dans les anémies, il n y a pas réellement excès ou défaut de fibrine, mais une plasmine plus ou moins parfaite, plus ou moins facile à dissocier en deux éléments qui se partagent d’une façon variable sa composition. Enfin, pour Vulpian, toute la partie albumineuse du sang forme probablement un composé, dont la sérine, la plasmine (et ses deux éléments), sont un produit de dédoublement, comme l’alcool et l’acide carbonique sont le produit du dédoublement du sucre. Cette manière de voir jette un grand jour sur la pathogénie des albuminuries, particulièrement des albuminuries par altération de l’albumine du sang, et des albuminuries expérimentales après ingestion ou injection d’albumine, même de l’albumine retirée précédemment du sang de l’animal. (Expériences de Cl. Bernard, de Stokvis, de Calmettes.)
Résumé sur le sang. — Principale humeur constituante:
DU SAING : IlÉSUMÉ. 2-25
milieu intérieur. — Réaction toujours alcaline ; saveur légèrement salée.
Le corps humain renferme en moyenne de 5 à 6 litres de sang.
Un litre de sang se compose à peu près de deux parties égales de cruor (globules) et de liquor (plasma). (Exactement : 446 de globules pour 554 de plasma.)
A. — Les globules se distinguent en : — 1° globules blancs (1 pour 300 de rouges), ou leucocytes, caractérisés par leur forme sphérique, leur aspect homogène, incolore, et par ce fait que l’action de l’eau, ou de l’acide acétique, y fait apparaître de un à quatre petits amas ou noyaux; — 2° globules rouges : ceux-ci, en forme de disque biconcave (chez l’homme), de 7p. de diamètre, de 2.u d’épaisseur, sont colorés par une matière très importante, 1 hémoglobine d’où dérivent l’hématine, l’hémine (chlorhydrate d’hématine) et l’hématoïdine. Il y a 5 millions de globules rouges dans un millimètre cube de sang normal.
La matière colorante du sang donne, par Yexamen spectroscopique, desbandes d'absorption caractéristiques de l’ hémoglobine oxygénée et de Y hémoglobine réduite (non oxygénée) : l’hémoglobine oxycarbonèe (empoisonnement par Yoxyde de carbone) donne à peu près le même spectre que l’hémoglobine oxygénée, mais avec cette différence capitale qu’avec les agents réducteurs on n’obtient plus alors le spectre de l’hémoglobine réduite.
La fonction des globules rouges du sang consiste à prendre Yoxygène au niveau de la surface pulmonaire, pour le porter dans les tissus, au niveau des capillaires généraux (voyez Respiration).
L’origine des globules rouges est encore l’objet de discussions et de recherches : d’après Recklinghausen, les globules blancs se transformeraient directement en globules rouges. Mais aujourd’hui cette théorie est contestée, llayem a étudié dans le sang de petits éléments cellulaires, les liématoblastcs, qui se transformeraient en globules rouges. Les hémaloblastes ne peuvent être observés qu’à 15 ou 20°. Les uns sont incolores, d’autres contiennent de la matière colorante par places et celle-ci s’étend ensuite graduellement à tous les globules. Les hématoblastes ont un noyau qui disparaît à mesure que le globule se développe.
IL — La partie liquide du sang contient beaucoup de substance albumineuse (environ 78 à 100 grammes pour un litre de sang). Ces 78 grammes (de substance albumineuse sèche) sont
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composés de 3 grammes de fibrine (sèche) et de 75 grammes de diverses albumines (sèches).
La séparation et la solidification de la fibrine sont la cause de la coagulation du sang. Lorsque les globules rouges se déposent au fond du vase avant la séparation de la fibrine, celle-ci se coagule alors en un caillot incolore qui vient surnager et que l’on nomme couenne.
Le mécanisme de la coagulation de la fibrine est encore discuté ; on ne peut qu’enregistrer les causes qui la retardent (froid, contact des parois vasculaires) et qui la favorisent (contact de l’air, des parois du vase, des corps étrangers, battage, présence des globules, etc.).
Le liquide qui reste après la coagulation et la séparation de la fibrine est le sérum , dans lequel on trouve:
1° Les albumines An sang : sérine, fibrine dissoute de Denis, paraglobulines, peptones ;
2° Les matières grasses (2 à 4 pour 1000 de sérum);
3° Les alcools (cholestérine), les sucres (glycose), les dérivés azotés (acide urique, urée, etc.);
4° Les sels minéraux (G à 8 pour 1000 de sérum), qui sont, dans l’ordre d’importance : le chlorure de sodium, le carbonate de soude, le phosphate de soude.
Le sang contient en volume 45 pour 100 de gaz ; cesontl’oxygène et l’acide carbonique, en proportions de sens inverse dans le sang artériel et dans le sang veineux (voyez Respiration).