DU SANG : SÉRUM
constitue le sérum. Ce sérum contient les substances albuminoïdes non spontanément coagulables dans une proportion considérable, avons-nous dit (70 à 75 gr. pour 1000). La principale de ces substances albuminoïdes est celle qui a reçu le nom de sérine; la sérine présente de grandes analogies avec l’albumine de l’œuf, mais elle est plus endosmotique et se coagule à une température un peu plus élevée (70° au lieu de 60). Les autres matières albuminoïdes sont en proportion bien moins considérables : ce sont la paraglobuline (de Schmidt) et les peploncs qui proviennent de l’absorption intestinale.
Le sérum contient des matières grasses, plus dans le sang veineux que dans l’artériel, plus après l’absorption digestive qu’après l’abstinence. En général le sérum contient de 2 cà 4 pour 1000 dégraissé, ce qui fait pour un litre de sang en moyenne 1,4.
On trouve encore dans le sérum une substance que l’on rapprochait autrefois des matières grasses, mais que la chimie a montrée analogue aux éthers et aux alcools, c’est la cholestérine (0,1 pour 1000).
C’est encore dans le sérum que nous trouvons ces composés désignés sous le nom de matières extractives, et qui sont aujourd’hui bien déterminés, comme : 1° sucres; le sang normal, ainsi que l’a montré Cl. Bernard, contient toujours du sucre qui provient essentiellement des transformations glycogéniques dont le foie est le siège (voy. Digestion, fonctions du foie );2° des alcools ( cholestérine citée plus haut) ; 3" des acides gras volatils : ce sont peut-être ces acides qui, particuliers à chaque animal, donnent lieu, quand on traite le sang par l’acide sulfurique, à une odeur caractéristique au moyen de laquelle on a prétendu pouvoir distinguer nettement le sang de l’homme de celui des animaux, et même le sang de l’homme de celui de la femme ; ■i° Y urée elï acide urique, produits excrémentiliels destinés à être rejetés et dont la rétention dans le sang amène les troubles les plus graves : telles sont encore la créatine, la créatinine, leucine, xanthine, hypoxanthine, dérivés azotés.
Nous devons encore citer ici des matières colorantes provenant sans doute des globules et destinées à reparaître
SANG ET CIRCULATION
dans quelques sécrétions et particulièrement dans la bile.
Les sels contenus dans le sérum (et par suite dans le liquor ) sont tout autres que ceux que nous avons signalés dansles globules. Le sérum renferme à peu près 6 à 8 pour 1000 de sels, dont la plus grande partie à bases alcalines. La base qui domine dans le liquor est la soude (chlorure de sodium : 3 à 5 gr. pour 1000 ; carbonate de soude : 1 à 2 gr. pour 1000; phosphate de soude : 2 à 5 décigr. pour 1000, etc.). Le sérum est très alcalin, et la nécessité de cette réaction se conçoit facilement si l’on songe à toutes les réductions qui doivent se faire dans ce liquide. Il est du reste peu de métaux dont la présence n’ait été soupçonnée dans le sang ( liquor et cruor)\ on en a retiré du fer et du manganèse ; on y a trouvé parfois du cuivre , qu'il faut peut-être considérer comme normal ; on prétend même y avoir rencontré de l’arsenic; ce n’est que rarement qu’on y a vu du plomb ; mais ce ne sont là que de simples curiosités chimiques.
Gaz du sang. Le sang ne contient pas seulement des solides et des liquides, il contient aussi des gaz. Considéré au point de vue de la respiration, le sang est une véritable solution gazeuse : 1° Nous avons déjà vu qu’une certaine quantité cl 'oxygène avait pour véhicule le globule rouge”. Une moins forte proportion de ce même gaz est dissoute dans le liquor. 2° Quant à Y acide carbonique , il est tout entier contenu dans le sérum, partie à l’état de dissolution, partie combiné avec les carbonates alcalins qui passent ainsi à l’état de bicarbonates (Emile Fernet) l. — L’étude complète des gaz du sang sera faite à propos de la respiration; nous verrons ainsi que le sang est essentiellement le véhicule des gaz qui servent aux combustions intimes des tissus ou qui proviennent de ces combustions. Nous dirons
1 . D’après les dernières recherches de P. Bert, loutl acide carbonique sérail dans le sang veineux combine avec les carbonates; il nvaurail pas d’acide carbonique dissous. (Voy. lechap. Respiration).
Dü SANG : FIBRINE.
seulement ioi qu’en moyenne le sang contient en volume -de 40 cà 45 pour 100 de gaz qui se répartissent ainsi :
Sang artériel : oxygène = 16 acide carbonique : = 28'
Sang veineux : oxygène = 8 acide carbonique : = 32
Appendice (voyez p. 219). La question des substances albuminoïdes du sang est une de celles qui ont. donné lieu au plus grand nombre de travaux, et cependant elle est loin d’être complètement élucidée. 11 est prouvé aujourd’hui que la fibrine ne provient pas des globules, comme on le croyait tout d’abord ; qu’elle ne représente pas une substance dissoute dans le sang, soit à la faveur du chlorure de sodium, soit à la faveur de l’ammoniaque (Richardson), quoique l’action fluidifiante de ces substances soit incontestable. Robin et Verdeil avaient déjà montré (1851) 1 que la fibrine ne préexiste pas dans le sang comme substance concrète, mais que son état normal est l’état liquide, qu’elle n’abandonne d’ordinaire qu’en dehors de l’économie. Mais aujourd’hui on est allé plus loin, et les études récentes, encore bien incomplètes sans doute, tendent à la faire considérer comme le produit d’un dédoublement, en même temps qu’elles précisent ses rapports avec les autres substances albuminoïdes qui Raccompagnent dans le liquor du sang.
Eu effet, une série de recherches, fécondes en applications pathologiques, ont donné des résultats tellement semblables à Denis (de Commercy) en France, et à Schmidt en Allemagne, que nous ne pouvons nous dispenser de les résumer en quelques lignes, pour compléter l’étude du sérum.
D’après Schmidt et Denis (de Commercy), la partie albumineuse du sang se compose de deux substances : l’une, la sérine (52 pour 1000 de sang), n’est coagulable que par la chaleur et les acides : l’autre, la plasmine (25 pour 1000 de sang), est coagulable par le chlorure de sodium, et peut se redissoudre dans 10 à 20 parties de son poids d’eau; mais de cette solution, comme de la plasmine normale, une partie peut se séparer spontanément et se coaguler : c’est la fibrine concrète (3 à 4 pour d 000 de sang) ; l’autre reste dissoute, mais est coagulable parle sulfate de magnésie : c’est \a fibrine dissoute^ pour \000 de sang). Ainsi la coagulation du sang résulte du dédoublement de la plasmine en fibrine dissoute et en fibrine concrète. Tout, dans les variations de la quantité de fibrine du sang coagulé, se