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Chauveau et Faivre, Gazelle médicale de Paris

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a donné des sensations tout autres à un grand nombre d’observateurs.

La théorie que nous avons adoptée est la seule qui tienne compte de la présence et delà disposition des muscles papillaires ; indiquée d’abord par Parchappe (1848), cette théorie a été surtout développée par Burdach, puis par Purkînje et Nega ( 1 852) , et plus récemment par Malherbe (de Nantes) et Fossion ; elle a été admise par J. Béclard ( Physiologie , 6e édit., 1870) L Aujourd’hui il nous paraît donc incontestable que la contraction des muscles papillaires transforme le cône auriculo-ventriculaire, c’est-à-dire l’infundibulum laissé entre les parois opposées des valvules, en un véritable cordon tendineux à travers les interstices duquel le sang ne saurait se frayer un passage pour rîfluer vers l’oreillette.

Que devient le sang ainsi pressé entre les parois du ventricule? Le sang ne pouvant retourner vers l’oreillette, doit s’échapper par l’orifice artériel de cette cavité (artère pulmonaire ou artère aorte). Mais il faut remarquer que les artères aorte ou pulmonaire sont déjà, parla contraction précédente, pleines de sang soumis à une pression considérable et que l’on peut évaluer à 1/4 d’atmosphère (voir plus loin). On conçoit que pour surmonter cette pression il faut une grande énergie de la part du ventricule : aussi sa contraction se fait-elle lentement et avec force. A 1 inverse de ce que nous avons vu pour l’oreillette, la systole ventriculaire présente une durée très appréciable; c’est \

1. Telle est la théorie à laquelle est arrivé, en en précisant mieux le mécanisme, Marc Sée, dans une belle monographie sur les valvules auriculo-ventriculaires « Les muscles papillaires des valvules, dit-il, se contractent en môme temps que l’ensemble des parois ventriculaires; la contraction des muscles papillaires a pour clîet la^ tension des cordages tendineux et l'abaissement des valvules. Cet effet se produit malgré le raccourcissement systolique du diamètre longitudinal des ven tricules , admis par la plupart des auteurs. - Les muscles papillaires du ventricule gauche sont disposés de façon a s emboîter I un dans l’autre et à combler la portion gauche de la cavité ventriculaire. En se contractant, ils attirent à gauche les deux valves de la mitrale, qu ils appliquent l'une contre l’autre et contre la paroi ventriculaire. Dans le ventricule droit, les muscles papillaires appliquent les valvules de la Iricuspide à la surface de la cloison. (Marc bée, Rechei cites sur arm tomie et la physiologie du coeur, spécialement au point de 11 l01 tionnement des valvules auriculo-ventriculaires. Paris, 187,>.)

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pour cela aussi que les parois des ventricules sont beaucoup plus épaisses que celles des oreillettes , et d’autant plus épaisses que la résistance à vaincre est plus considérable, celles du ventricule gauche plus épaisses que celles du droit.

Ainsi l’artère pulmonaire (ou l’aorte, ventricule gauche) se trouve forcée d’admettre le sang que le ventricule lance dans son intérieur. Le ventricule se vide complètement: dès lors rien ne sollicite plus sa contraction et il se relâche. C’est à ce moment que le cœur se repose. D’une manière générale le cœur présente trois temps dans sa révolution: 1° systole auriculaire; 2° systole ventriculaire; 3° repos général. La durée typique que nous avons assignée à ces trois temps (voy. le tableau p. 241) peut beaucoup varier selon les circonstances, selon les individus et encore selon les animaux examinés: ainsi le 3° temps, celui du repos, est celui qui présente le plus de variété ; chez les animauxàsang froid, particulièrement chez les batraciens , le repos constitue un long intervalle entre chaque contraction du cœur.

Mais pourquoi, lorsque le cœur se repose, le sang qui vient d’être chassé dans l’artère ne revient-il pas dans la cavité ventriculaire? C’est que l’orifice artériel (pulmonaire ou aortique) est garni de trois valvules semi-lunaires ou sigmoïdes , qui se redressent alors sous la pression rétrograde du sang, et ferment complètement l’orifice correspondant; l’explication de ce mécanisme, évident à la seule inspection d’une pièce anatomique, n’a pas besoin d’amples développements: vu leur forme en gousset, dont l’orifice est tourné vers la cavité artérielle, au moment où le sang tendrait à refluer, la colonne liquide en retour s’engage dans leur intérieur, les refoule et se ferme ainsi elle-même lepassage. Le nodule d’Arentius, placé à la partie moyenne du bord libre de chacune des valvules, a sans doute pour effet de rendre l’occlusion plus parfaite.

L’ordre de succession et la valeur relative (durée) de chacune des phases de la révolution cardiaque, ont été établis par Marey d’une manière irréfutable au moyen de la méthode graphique. Cette méthode, dont nous avons déjà

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indiqué le principe à propos de l’analyse de la contraction musculaire ( myographie ), a été appliquée de la manière suivante ( cardiographie ) à l’étude des mouvements du cœur 1 .Des ampoules élastiques, pleines d’air, étaient intro-

poule était conjuguée, par l’intermédiaire d un long tube en

1. A. Chauveau et Marey, Appareils et expériences cardiographiques. Démonstration nouvelle du mécanisme des mouvements du cœui pa> l’emploi des instruments enregistreurs (Mémoires de l’ Académie de médecine 1 863, t. XXVI, p. 210. )— P. Lorain, Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratique. Paris 1867, t. VI, art. Cardiographie.

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caoutchouc, avec une autre ampoule extérieuresur laquelle reposait un levier ou pointe écrivante; l’ampoule extérieure recevait les impulsions de l’ampoule cardiaque et soulevait le levier à chaque compression de celte dernière, c’est-à-dire à chaque contraction. En employant trois ampoules cardiaques introduites l’une dans l’oreillette droite, l’autre dans le ventricule droit et la troisième dans le ventricule gauche, et en conjuguant ces trois ampoules cardiaques avec trois ampoules extérieures et par suite trois leviers, on obtient simultanément sur le cylindre enregistreur trois lignes ondulées, c’est-à-dire trois traces, comme le montre la figure 55. Le tracé supérieur (Or. D) est celui des contractions de l’oreillette droite ; le tracé moyen représente celles du ventricule droit (voy. le soulèvement de la ligne en m). Enfin le tracé inférieur donne les contractions du ventricule gauche (soulèvement en m').

On voit, en lisant ces tracés de gauche à droite, que l’ordre de succession des systoles auriculaire et ventriculaire est bien tel que nous l’avons indiqué, et qu’il en est de même de leur durée relative. Si en effet on compte celte durée en ayant égard au nombre de divisions transversales qu’occupe la base de chaque soulèvement, on voit que le soulèvement de la systole auriculaire correspond à 2 divisions, le soulèvement de la systole ventriculaire à 5 divisions, et le repos total à 3 divisions : le tout représente 10 divisions, correspondant à toute la révolution cardiaque (voy. le tableau p. 241).

On aurait pu se demander si ces tracés recueillis sur le cheval étaient applicables à la physiologie du cœur humain. Parmi les nombreuses* observations qui légitiment cette application, nous citerons seulement, d’après F. Franck, un cas exceptionnellement favorable pour l’élude de la physiologie du cœur chez l’homme, car la région ventriculaire du cœur faisait tout entière saillie à l’épigastre et permettait, outre les constatations faites par la palpation et l’auscultation, l’application simultanée de plusieurs appareils explorateurs.Nous ne nous arrêterons ici que sur les résultats fournis par ce dernier mode d’investigation.

En explorant les deux pulsations des ventricules à l’aide de deux explorateurs à tambour, placés l’un à droite et en avant

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l’autre à gauche et eu arrière de la tumeur ventriculaire, on obtient un double tracé qui montre à la fois le synchronisme des deux ventricules et l’impulsion plus énergique du ventricule o-auche. — La pulsation de l’oreillette précède immédiatement fa pulsation ventriculaire. — Si l’on compare ces tracés recueillis sur l’homme à celui recueilli par Chauveau et Marey sur le cheval, en explorant les pressions intracardiaques, on constate entre eux une parfaite identité. Au moment de la systole ventriculaire, le tracé de l’oreillette présente des soulèvements secondaires qui ont été attribués par Marey aux vibrations des valvules aurieulo-ventriculaires : dans le nouveau tracé obtenu chez l’homme, ces oscillations paraissent très atténuées, sans doute parce qu’on n’a pu explorer que l’extrémité de 1 auricule droite i.

Les battements du cœur se révèlent à l’extérieur par des signes que nous allons analyser et quipermettent de compter combien de fois le cœur se contracte par minute ; ce nombre, qui est de 70 à 75 en moyenne chez l’adulte, varie selon les conditions d’âge, et quelques autres conditions que nous indiquerons à propos du pouls (voyez plus loin).

Bruits et choc du cœur. Dans l’étude qui précède nous avons employé indifféremment les mots de cœur droit ou gauche, d’artère aorte ou pulmonaire; c’est qu’en effet tout ce que l’on dit du cœur droit peut s’appliquer au cœur gauche, et il n’y a pas plus de valvules aux veines pulmonaires qu’aux veines caves.

Les phénomènes que nous venons d’étudier dans les deux cœurs se révèlent à l’extcrieur par des bruits pm ticuliei s (1er et 2e bruit du cœur) et par • le choc du cœur; il y a donc un choc et deux bruits pour chaque révolution cardiaque. .

Le choc du cœur consiste en un ébranlement que l'on sent contre la paroi thoracique: en appliquant la main vers la 6° côte, en dedans du mamelon , il semble que le cœur

1. François Franck, Ectopie congénitale du cœur : comparaison de l’examen graphique des mouvements du cœur et de locardu^ra^ chez les animaux ( Compl . rend. Acad, des sciences, IG et 30 jumet 1877).

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est lancé a chaque contraction contre cette paroi, comme un marteau sur une enclume. Mais eu réalité il n’y a pas de choc dans le sens propre du mot, puisque la pointe du cœur touche en permanence la paroi thoracique, .et qu’il n y a jamais séparation entre ces deux parties ; du reste on ne saurait concevoir une semblable séparation, car pour remplir le vide qu’elle produirait, pour venir s’interposer entie le cœur et la cage thoracique, il n’y a rien, pas même le poumon, puisque en général il y a 4 pulsations du cœur pour un seul mouvement d’expansion du poumon. Il n’y a donc, à chaque prétendu choc, qu’un contact plus prononcé entre le cœur et le point correspondant de la paroi. Pour expliquer ce phénomène, on a invoqué un grand nombre de théories, dont la plus généralement admise est celle de Hifîelsheim, théorie du recul ou choc en retour. On compare le choc du cœur, au moment où le ventricule expulse son contenu, au recul d’un fusil au moment où le coup part. Mais de quelque côté qu’on touche le cœur, on sent ce choc, même quand on touche sa partie inférieure, à travers le diaphragme. Cette simple expérience réfute la théorie du recul qui ne peut s’exercer dans tous les sens. Elle renveise aussi 1 explication basee sur un mouvement de redressement de la crosse de l’aorte sous l’influence de l’ondée sanguine, d’autant plus que le choc du cœur existe même chez les animaux qui n’ont pas de crosse de l’aorte.

On se rend compte du choc du cœur en se rappelant les changements de forme et de consistance que le ventricule subit au moment de la systole: de l’état de relâchement il passe â celui de contraction; il presse avec force sur sou contenu pour le faire pénétrer dans l’arbre artériel qui renferme déjà du sang sous une tension assez forte. Même lorsque la poitrine d’un animal est ouverte, et qu’on saisit son cœur à pleine main , on sent sur toute sa surface se produire ce changement de consistance qui coïncide avec la systole ventriculaire : on sent alors le choc du cœur, comme lorsque la main, placée vers la région cardiaque, ne le perçoit qu’a travers la paroi thoracique. Le déplacement le recul, et même la torsion du cœur n’entrent donc que pour peu de chose dans la production du choc; celui-ci est dû

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essentiellement au changement d’état du ventricule, qui, de flasque et mou, se raidit dans sa totalité pour expulser son contenu.

En auscultant le cœur on entend pendant une de ses contractions deux bruits qui se succèdent à de courts intervalles: il est démontré par toute uue série de vivisections que 1 e premier bruit se produit pendant la systole du ventricule , et le second immédiatement après cette systole, quand le cœur entre dans son repos complet. — On est d’accord sur l’explication du second bruit: comme il se produit pendant le repos du cœur, il est évident qu’il ne tient pas aux mouvements de cet organe. Aussi l’attribue-t-on généralement et avec raison aux mouvements des valvules ' sigmoïdes aortiques et pulmonaires, qui se redressent brusquement sous l’influence de l’ondée de reflux qu’elles arrêtenl. Aussi ce bruit est-il court et sec. (Théorie de Rouanet.)

Quant au premier bruit , on est plus embarrassé pour l’expliquer. On admet généralement qu’il est dû au jeu des valvules auriculo-ventriculaires ; mais si ces replis membraneux fonctionnent en vraies valvules, ils doivent se redresser brusquement, et comme, d’autre part, le premier bruit présente une certaine durée, à peu près égale à celle de la contraction du ventricule, on ne peut expliquer son intensité et sa durée qu’en invoquant encore comme source de ce bruit un bruit de contraction musculaire produit pâlies parois du ventricule. — Si au contraire nous nous rappelons la manière dont nous avons conçu le fonctionnement des appareils auriculo-ventriculaires , 1 explication de ce bruit devient toute simple. Il est une manifestation sonore du fonctionnement des voiles membraneuses auriculo-ventriculaires, tendues et tiraillées par les muscles papillaires et leurs tendons aussi longtemps que dure la systole ventriculaire: en effet nous trouvons là toutes les conditions de tensions saccadées, longues et énergiques, capables de faire naître ce bruit.

Pour résumer en un tableau la durée relative des systoles cl diastoles auriculaires et ventriculaires , nous pouvons,

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