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I. DE L ORGANE CENTRAL DE LA CIRCULATION ; DU COEUR

Pour comprendre les fonctions du cœur, il ne faut passe représenter cet organe tel qu’on le trouve sur le cadavre

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Appareil de 1

reil de la grande générale) et de la petite (pulmonaire) circulation \

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SANG ET CIRCULATION

car là rien ne rappelle l’une des principales propriétés du muscle, Y élasticité, propriété aussi importante que la contractilité et qui est spécialement utilisée dans l’une des cavités du cœur, dans l’oreillette.

Les éléments musculaires du cœur sont des fibres striées, comme les muscles de la vie de relation, mais ces fibres s’anastomosent, présentent des stries plus fines, et sont dépourvues de mvolemme (voy. p. 13G).

Oreillette. La principale fonction de l’oreillette est de se prêter, par sa facile dilatabilité, à un facile écoulement du sang veineux, et, l’on peut dire qu 'elle agit comme une saignée à Vextrèmilé centrale de l'arbre veineux, dans lequel elle diminue par conséquent la pression du liquide. Pendant près des 8/10 du temps que dure une révolution cardiaque, l’oreillette est à l’état de repos, et elle se remplit de sang, ou plutôt elle se laisse remplir, car elle n’exerce que peu ou pas d’aspiration active sur le sang veineux (voy. Respiration). Elle est, pour ainsi dire, comparable en •ce moment aune bulle de savon qui se laisse distendre par l’air qu’on y insuffle : c’est ainsi qu’elle devient le réceptacle du sang, l’antichambre du ventricule, réceptacle où s’accumule une grande quantité de sang.

Quand l’oreillette est pleine de sang, elle se contracte très brusquement et chasse ce liquide vers le ventricule, pour ainsi dire en un clin d’œil. Sa contraction dure à peine 1/5 du cycle total. Lorsque le cœur bat 70 fois par minute (pouls normal), entre le commencement d’une pulsation et celui de la suivante (cycle d’une contraction cardiaque), il s’écoule une fraction de seconde (0,857) qui se partage •de la manière suivante : 2/10 P0111' la systole des oreillettes 5/10 pour la systole des ventricules et 3/10 pour le repos total du cœur. (Voy. le tableau p. 241 .)

Quand cette cavité se contracte, son contenu tend à se précipiter vers le ventricule, ou à retourner dans les veines, du côté des veines il n’y a pas de valvules, ou seulement des valvules insuffisantes (valvule d’Eustachi), ou placées très loin, et peu aptes à empêcher le reflux; mais les veines sont pleines de sang, sang qui est à une faible près-

CIRCULATION. — COEUR

sion, il est vrai, mais qui cependant offre une certaine résistance au retour du contenu auriculaire. — L’état du ventricule est à ce moment tout différent; il est vide, dans un état de relâchement complet, et par suite n’oppose aucune résistance ; il joue en ce moment, vis-à-vis de l’oreillette, le rôle que celle-ci jouait précédemment vis-à-vis des veines, et c’est toujours l'élasticité du muscle à l'état de repos qui lui permet de se laisser distendre (voyez : Physiologie du muscle, p. 139) avec aussi peu de résistance qu’en opposerait une bulle de savon. Ainsi le sang du l’oreillette contractée, éprouvant du côté des veines unefaible résistance, et du côté du ventricule une résistance nulle, se précipite dans celui-ci et le remplit.

Cependant l’oreillette ne se vide pas complètement et ses parois opposées n’arrivent pas au contact. Sa rapide contraction terminée, l’oreillette reprend son rôle d’organe passif et laisse librement couler dans sa cavité le sang qui gorge le système veineux.

Ventricule. A peine le ventricule est-il plein, que la présence du sang, par son contact avec les parois, en excite la contraction. La systole ventriculaire succède donc immédiatement à la systole auriculaire ; mais la systole ventriculaire dure longtemps (les 5/10 de la durée totale de la cardiaque. Yoy. p. 241), parce que ce réservoir est obligé de lancer son contenu dans une cavité déjà pleine de sang, et il éprouve une certaine résistance à le faire pénétrer. Sousl influence de cette Contraction, de cet effort prolongé, le contenu du ventricule passe dans l’artère correspondante, sans refluer vers l'oreillette.

Comment est empêché ce reflux vers l’oreillette? Par le jeu d’un appareil tout particulier, appelé valvules auriculoventriculaires, mais qui constitue en réalité une espèce de manchon, de boyau, qui pend des bords de l’oreillette dans le ventricule, et qui tantôt se rapproche, tantôt s’éloigne des parois de celui-ci. La dénomination de valvule fait voir qu’on n’a pas d’abord compris le rôle de cet organe. Il est démontré aujourd’hui que la valvulve tricuspide (ou la mitrale) est loin d'agir comme une soupape, mais que ce

SANG ET CIRCULATION

n’est qu’un ajutage mobile continuant 1 oreillette 6t sui lequel agissent certaines puissances musculaires. En effet, sur les bords et la face externe de cet appareil auriculoven tri cul aire (fig. 53) viennent s’insérer un grand nombre de muscles papillaires qui présentent jusqu’à 100 tendons dans le cœur droit et 120 dans le gauche. Quand le ventricule se contracte, ces muscles papillaires entrent aussi en action : on avait admis autrefois que ces muscles et leurs tendons serviraient à empêcher la prétendue 4alvule de trop se redresser sous l’effort rétrograde du sang, et de *e retourner à l’envers dans la cavité de l’oreillette. Mais le

Fig. 53. — Schéma de l'appareil auriculo- ■ventriculaire pendant le repos du ventricule *.

Fig. 54. — Schéma de l’appareil atiriculoventriculaire pendant la contraction du ventricule*.

fonctionnement est tout autre, car en introduisant le doigt vers la région auriculo-ventriculaire au moment de la systole du ventricule, on voit que l’espèce d’entonnoir qui pend de l’oreillette dans le ventricule continue à exister • il parait même s’allonger, et le doigt est comme attire dan s l’intérieur du ventricule. C’est qu’en effet, de a contraction des muscles papillaires il résulte d’abord 1 allongement du cône auriculaire, dont ensuite les bords libres sernppio-

chent. En même temps que ce cône creux descend dans le

-V. Veto.! - O.orcmcu,; - V laircs et leurs tendons, — Ai arlue, ^ïk.Îimmi

eulaire flottant dans l’intérieur du ventricule, -, 111 111 a ^ ja jc

** 1, Pendant la première moitié de la systole vculrici ni. , . "^^jciaire ;

cette systole; — AV, le piston creux dll'or,n° aorte ou pulmonaire.

— 0, oreillette; — V, parois du ventricule; — A, •'rien, aono i

CIRCULATION. — COEUR

ventricule, les parois de celui-ci se contractent, se rapprochent de lui, de sorte que l’appareil auriculo-venlriculaire agit comme une sorte de piston creux qui pénètre dans le ventricule, se rapproche de ses parois, en même temps que ces paroisse rapprochent de lui, et c’est ainsi que le ventricule (fig. 54) arrive à se vider complètement, le contact devenant parfait entre ses parois et le prolongement auriculaire.

Il résulte de ce mécanisme simple, et cependant si longtemps méconnu, qu’il ne peut se produire aucun reflux de sang vers l’oreillette : bien plus, il y a une sorte d’aspiration que l’oreillette, grâce au mécanisme que nous venons d’étudier, exerce sur le sang veineux, puisque sa cavité se. prolonge de plus en plus dans le ventricule. On voit en même temps que, dès la fin delà systole ventriculaire, le canal allonge, le cône plus ou moins creux qui fait. communiquer le ventricule avec l’oreillette , est déjà plein de sang, et qu il suffira de la faible et rapide contraction de l’oreillette pour chasser ce sang dans le ventricule et en amener la réplétion.

Presque tous les ouvrages classiques admettent, sans discussion, Iathéoiie de 1 occlusion des orifices auriculo-ventriculaires par un simple mécanisme de soupape, de valvule, comme pour les orifices artériels (voy. plus loin), sans remarquer la complète différence de structure qui distingue les valvules auriculo-ventriculaires des valvules sigmoïdes de l’aorte et de l’artère pulmonaire; cette théorie est devenue, jusqu’à un certain point, la propriété de Chauveau et Faivre, par les belles expériences qu ils ont si souvent répétées sur des chevaux foudroyés par la section du bulbe et chez lesquels on entretenait la respiration artificielle : « Si dans ces circonstances on introduit le doigt dans une oreillette et si l’on explore l’orifice auriculo-ventriculaiie, ou sentira, au moment où les ventricules entrent en contraction, les valvules triglochines ou tricuspides se redresser, s affronter par leurs bords et se tendre de manière à devenir convexes par en haut et à former un dôme multiconcave audessus de la cavité ventriculaire1. » Cette constatation ne fournit pas toujours des résultats aussi nets, et le doigt ainsi introduit

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