STRUCTURE ET ROLE DES 'ARTÈRES
Les artères sont donc des canaux d’une grande élasticité, grâce à la présence du tissu musculaire et du tissu jaune! Ce seul énoncé nous indique que ces vaisseaux doivent avoir une foi me naturelle à laquelle ils tendent à revenir sans cesse, violentés qu’ils sont par la circulation. Aussi les artèi es ne sont-elles pas, comme on est porté à le croire, des cylindres creux, mais bien des rubans creux à parois aplaties et presque en contact.
En effet, une aitere de moyen calibre contient à peu près parties égales de tissu musculaire et de tissu élastique. Si le tissu musculaire était seul, comme il est disposé en couches circulaires, comme un sphincter, il ne laisserait, en réalisant sa forme naturelle de repos, pour toute ouverture
Fie. GO. — Cône artériel : composition des parois artérielles”.
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Fig. G7. — Forme naturelle des artères **.
centrale de 1 artère, qu un point ou une ligne axiale, indice du canal (fig. 67, A). Mais d’autre part le tissu élastique tend a maintenir l’artère largement béante, et lui donnerait I aspect dun large canal cylindrique, s’il existait seul (B). Je cet antagonisme continuel entre l’élasticité du muscle et celle du tissu élastique, résulte, par une espèce de com-
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Jans la composition de la paroi du cône depuis le sommet (At), jusqu’à la base C Cl • - 4,4 élément musculaire; - 2. élément élastique. q '«seC.C) ,
‘'Eléments qui déterminent la forme naturelle de« nri,\,v>c a , , ,
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SANG ET CIRCULATION
promis, une forme intermédiaire entre ces deux formes extrêmes, la forme d’un ruban cylindrique aplati (Cet mieux encore D), ayant pour lumière une fente transversale1. Celte forme naturelle est sans cesse violentée par la masse de sang que le ventricule lance à chaque systole dans l’arbre artériel : aussi les artères pleines de sang ont-elles un canal cylindrique; mais on sait aussi qu’elles peuvent changer de forme selon la plus ou moins une grande quantité de sang qui leur est envoyée. Quand une hémorragie considérable a lieu, elles réalisent leur forme naturelle rubanée; après la mort elles la réalisent aussi, en expulsant tout leur contenu vers les capillaires et les veines, aussi les artères du cadavre sont-elles vides et rubanées. Il faut ajouter cependant qu’elles ne conservent cette forme sur le cadavre que tant que l’air n’a pas pénétré dans leur intérieur ; dès qu’on fait une ouverture à leur paroi, elles aspirent l’air et prennent l’aspect de cylindres creux. Ce fait est facile à expliquer : après le dernier battement du cœur, les artères encore vivantes ont, en expulsant leur contenu vers les veines, réalisé leur forme naturelle de ruban creux aplati, forme due au conflit du tissu musculaire et du tissu élastique ; mais bientôt le tissu musculaire perd ses propriétés dès lors, au point de vue physiologique, l’artère n’est plus composée que de tissu élastique, et la forme naturelle de l’artère du cadavre est désormais celle d’un cylindre creux; toutefois la pression atmosphérique ne lui permet pas de se dilater et de réaliser cette forme, quelle ne peut prendre complètement que quand une incision laisse l’air s’introduire dans sa cavité.
Ainsi les artères sont pendant la vie dans un état de tension permanente ; c’est ce qui constitue leur tonicité, tonicité comparable h celle que nous avons étudiée dans les sphincters, dans les muscles en général2. Grâce à cet état,
1. Voir Louis Oger, Considérations physiologiques sur la forme naturelle et la forme apparente de quelques organes, et en particulier sur la forme naturelle et la forme apparente des artères. Thèse de Strasbourg, 1870, u° 283.
2. Ces considérations sur la forme naturelle et la forme apparente d’un organe, d’un tissu simple ou composé de plusieurs éléments, sont