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DES VAISSEAUX CAPILLAIRES

Il est difficile de refuser à ces petits vaisseaux le nom de capillaires.

On ne peut donc plus considérer les capillaires comme résultant de la fusion bout à bout de cellules dont la cavité deviendrait la lumière, et la membrane deviendrait la paroi du capillaire. Cette manière de concevoir le développement des capillaires, indiquée d’abord par Schwann et Kôlliker, d’après leurs recherches sur la queue de jeunes têtards, et que semn. aient confirmer les expériences de Balbiani sur la cicatrisrAion et la soudure de ces mêmes animaux, ne peut plus se maintenir devant le fait de l’existence d’un endothélium dans la cavité du capillaire ; dès lors il faut considérer cette cavité comme un espace non plus intracellulaire, mais bien intercellulaire.

Pour bien comprendre le rôle des capillaires dans la mécanique de la circulation, il faut tenir compte de ces connaissances acquises sur la structure des capillaires. Sans doute les vrais capillaires ne sont pas contractiles, leur structure ne permet pas de leur attribuer cette propriété, et tous les phénomènes de dilatation ou de resserrement qu’on y observe sont purement passifs et résultent de phénomènes semblables dont les artérioles ou les veinules sont le siège actif. Les anciens physiologistes faisaient, avec Bichat, volontiers jouer un rôle actif aux capillaires, qu’ils croyaient très contractiles et qu’ils considéraient comme un cœur périphérique; la capsule de Glisson, tissu fibreux qui entoure les réseaux vasculaires du foie, était pour eux un de ces'organes d impulsion périphérique destinés à aider l’action du cœur. Après l’étude que nous avons faite de la circulation, il est aisé de voir que la contraction des capillaires, de ces prétendus cœurs accessoires, serait plutôt un obstacle qu’un adjuvant à la marche du sang. — On donnait comme preuve de la contraction rythmique des capillaires les pulsations que l’on ressent dans un tissu enflammé (par exemple dans le panaris), mais nous avons déjà expliqué ce fait par une dilatation paralytique des petites artères (p. 259). Nous avons vu de môme que les agents hémostatiques agissent en amenant la contraction non des capillaires, mais des petits vaisseaux artériels.

Mais si les capillaires ne sont pas contractiles à la manière

S AK G ET CIRCULATION

des artérioles ou de l’organe central de la circulation, il faut cependant ne pas oublier que les parois de ces petits vaisseaux sont composées de globules qui ont en partie conservé les propriétés du globule vivant; que ces cellules peuvent changer de forme et modifier ainsi plus ou moins la lumière du vaisseau1. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre l’expresssion de contractilité des capillaires , employée récemment par les physiologistes allemands, par Slricker, par exemple. Cet auteur dit avoir observé que les parois capillaires des têtards jouissent d’une contractilité qui se manifeste par des rétrécissements et des élargissements successifs, et il pense être autorisé à attribuer la même propriété aux capillaires des animaux complètement développés.

Les capillaires représentent la partie de l’appareil de la circulation dans laquelle a lieu l'échange des matériaux,

1. Ce sont peut-être aussi ces notions sur la véritable structure des capillaires qui permettront de s’expliquer les phénomènes de diapédèse. si toutefois la réalité*de ces phénomènes est bien confirmée. On appelle diapédèse la sortie des globules blancs à travers les parois des petits vaisseaux, sortie dont plusieurs observateurs auraient été témoins, et que nombre de pathologistes admettent comme l’une des sources de la suppuration. INous avons vu que les globules blancs du sang et les globules du pus étaient identiques, ainsi, du reste, que les globules de la lymphe. On avait donc émis l’hypothèse que les globules du pus n’étaient que des globules blancs du sang sortis des vaisseaux. Dans ses recherches sur" l’inflammation de la cornée et du mésentère de la grenouille, Cohnheim (1869) aurait expérimentalement vérifié cette hypothèse, et aurait assisté à la diapédèse des globules bl .ncs ; Hayem a fait les mêmes observations et constaté de plus la diapédèse des globules rouges, surtout sous l’influence d’un excès de pression produit parla ligature des veines. Cette question de physiologie pathologique est trop importante pour que nous puissions nous dispenser de l’indiquer ici 5 mais elle est en meme lempsd une actualité trop passionnante pour que nous fassions plus que de 1 indiquer. La diapedèse compte aujourd’hui de nombreux partisans dans les écoles françaises : rejetée par Ch. Robin, elle est admise sans restriction par Vulpain et Charcot qui en font la base de leur enseignement sur l’inflammation; nous devons ajouter que, dans une série d’expériences personnelles, nous n’avons pu constater la sortie dns globules blancs que dans des circonstances exceptionnelles, et alors que la suppuration, déjà très avancée, avait ramené les parois vasculaires à l’état embryonnaire. (\oy. Mathias Duval et Straus, Arcliiv. de physiol., 1878; et M. Duval, Précis de technique microscopique, Paris, 1878, p. 261.)

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