‹ Cours de physiologie (volume 2)Chapitre 80 sur 284 · DES VEINES · texte numérisé non relu

DES VEINES

capillaires : aussi sont-ils disposés et groupés dans des endroits où ils ne puissent être exposés à des compressions, comme par exemple derrière le corps des vertèbres (entre ce corps et le grand surtout ligamenteux postérieur). Du reste, la forme ramifiée et les anastomoses de ces plexus sont telles qu’une compression partielle et locale ne saurait entraver la circulation en retour, le sang trouvant toujours un passage facile par les vaisseaux restés libres. Enfin il est des veines dont les parois sont inextensibles et incompressibles, de sorte que rien ne peut y entraver la circulation, et que d’autre part elles ne peuvent se gonfler au point de comprimer elles-mêmes les organes voisins : les veines de la dure-mère (sinus crâniens) offrent le plus bel exemple de cette disposition.

Les veines sont en général munies de valvules disposées de telle manière que, quand une pression anormale se produit en un point, elles se redressent sous l’influence du courant sanguin qui tendrait à refluer, elles obturent la lumière du vaisseau et empêchent le sang de retourner vers les capillaires. Ces valvules servent donc à neutraliser et même à utiliser, dans le sens de la circulation, Faction du choc, des pressions irrégulières (de la part des muscles voisins en contraction, par exemple); elles servent aussi à soutenir, en les divisant, les longues colonnes sanguines, comme par exemple la colonne veineuse du membre inférieur. Les veines qui ont à supporter de longues colonnes de ce genre présentent des parois singulièrement épaisses: ainsi les parois des veines saphènes rappellent tout à fait par leur aspect celles d’une artère, et restent béantes quand on les incise, de même qu’un gros vaisseau artériel. La où les pressions locales sont rares, les valvules n’existent pas dans les veines ; tels sont les appareils veineux du cerveau, du poumon.

La principale cause de la circulation dans les veines est donc la vis à ter go (réplélion continue par le sang que chassent les artères à travers les capillaires) et l’utilisation, grâce a la présence des valvules, de toutes les causes de compression des veines.

De même que les phénomènes de passage et de reflux du

SANG ET CIRCULATION

sang à travers les orifices cardiaques donnent lieu à des bruits particuliers (Bruits du cœur, p. 240), de même la circulation périphérique donne lieu à desphénomènes sonores, plus faciles à constater dans les cas pathologiques (anémie) que dans l’état normal, et que l’on entend surtout au niveau du cou, sans doute parce que les aponévroses de cette région donnent, par leurs dispositions spéciale.s, aux parois des vaisseaux et à leur gaine, un état de tension qui favorise la transmission des bruits ; le timbre de ces bruits est très variable (bruit de souffle, bruit musical, bruit de diable) ; ils sont tantôt continus et tantôt intermittents; ils sont produits les uns dans les artères, les autres dans les veines. Weber leur donnait pour origine les parois des vaisseaux mises en vibration par le mouvement du sang. — Plus généralement, avec Chauveau et Potain, on attribue ces bruits cà la présence d’une partie étroite où le sang passe rapidement, et qui est suivie d’une partie plus large où il avance moins vile. Chauveau 1 a en effet montré que des vibrations se produisent dans ces circonstances par l’effet d’une veine liquide qui détermine une sorte de remous au point où la partie étroite s’abouche dans la partie plus large (veines fluides de Savart). Cette disposition peut se trouver réalisée de plusieurs manières : normalement, comme à l’ouverture de la jugulaire dans la sous-clavière; accidentellement, comme par la compression du vaisseau par un muscle, par une aponévrose tendue, et le plus souvent par la simple application du stéthoscope lui-même. Reproduisant expérimentalement ces bruits dans des tubes en verre, Heynsius (d’Utrecht) a pu rendre visibles les mouvements du liquide à l’aide de particules colorées qui suivaient, en suspension, les remous et les tourbillons, d’autant plus rapides que le bruit est plus prononcé.

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