INNERVATION DU CŒUR
ciliaires; il est donc probable à priori que les contractions de ces muscles sont sous la dépendance du système nerveux.
Cœur. — Cependant on a cru longtemps, avec Haller, que le cœur était indépendant du système nerveux et que l’afflux du sang amenait la contraction de ce muscle creux en excitAnt directement par sa présence la fibre musculaire des parois cardiaques. Aujourd hui il est bien démontré que les mouvements du cœur sont régis par le système nerveux, comme les autres mouvements. La moelle (moelle épinière et bulbe) parait être le centre de ces actions, et l’on sait qu une commotion cérébro-spinale, les lésions de la moelle allongée, peuvent ralentir ou accélérer le mouvement cardiaque; celte action peut être réflexe et un grand nombre d’ impressions périphériques peuvent ainsi" accélérer ou ralentir ce mouvement. C’est qu’en effet la moelle et le bulbe donnent au cœur des nerfs, dont les uns (rameaux du grand sympathique) ont pour effet d’accélérer ses battements, les autres (pneumogastrique) de les ralentir: le pneumogastrique est donc un nerf paralysant du cœur (Weber et Budge). Nous trouverons des faits tout semblables dans 1 innervation des vaisseaux.
iSerfs modérateurs du cœur. — Budge, Weber et Cl. Bernard (1848) découvrirent à peu près en même temps que 1 excitation du pneumogastrique entier, ou seulement de son bout périphérique, a pour effet de ralentir les mouvements du cœur: ainsi, chez le chien, dont le cœur bat normalement d une façon désordonnée et très rapide, cette excitation a pour effet de régulariser la pulsation cardiaque. L explication du phénomène fut donnée de manières bien <li llerentes ; les uns virent dans le ralentissement des mouvements du cœur l’effet de l’épuisementdu pneumo-gastrique par une excitation trop forte : on ne pouvait voir, dans un nerf se rendant à un muscle, qu’un agent excitateur de ce muscle et c est par un épuisement de ce nerf qu’on s’expliquait le ralentissement succédant à son excitation. Celle explication tombait devant ce fait que la simple section dupneumo «aStnque produit une grande accélération des battements cardia-
SANG ET CIRCULATION
ques. Comme l’observation de phénomènes analogues dans d’autres parties du système nerveux (Voy. p. 39) nous a familiarisés aujourd’hui avec l’idée de nerfs qui ont des actions paralysantes , on admet généralement que le nerf pneumogastrique est un nerf modérateur du cœur; sa section supprime celte action modératrice et par suite accélère les battements; son excitation exagère cette action modératrice, et par suite ralentit les battements.
Quelques expériences récentes ont précisé divers éléments de ce fait physiologique. Ainsi Legros et Onimus, étudiant les résultats de l’excitation des pneumogastriques par des courants intermittents, ont montré que dans ces conditions les pulsations deviennent plus rares et plus amples, en raison directe du nombre des intermittences ; pour amener l’arrêt du cœur, il faut un nombre d’intermittences d’autant moindre que l’animal est plus affaibli, qu’il est dans un état d’hibernation, ou qu’il est à sang froid. Arloing et Tripier ont remarqué que l’excitation du pneumogastrique droit a plus d’action sur le cœur que celle du gauche. Il faut ajouter que l’étude de l’action comparée de ces deux nerfs sur la respiration les a conduits à admettre que le pneumogastrique gauche agit plus spécialement sur le poumon.
Nous avons déjà fait remarquer (voy. Nerfs crâniens, p. 55) que l’influence exercée par le pneumogastrique sur le cœur n’appartient pas à ce nerf lui-même, mais lui vient de la branche interne du spinal qui s’anastomose
avec lui.
Nerfs accélérateurs du cœur. — L’influence que la moelle exerce, par l’intermédiaire du grand sympathique, sur le cœur, pour augmenter et la force et le nombre de ses battements, a été" diversement interprétée, et les travaux de contrôle qui ont eu lieu à ce sujet ont amené la découverte d’un nerf à fonctions bien singulières, le nerf de Cyon, nerf
sensible du cœur, par lequel cet organe provoque un réflexe qui va dilater les voies de la circulation périphérique, et par conséquent permet au cœur de diminuer 1 énergie et e nombre de ses efforts. Nous empruntons aux leçons e CL Bernard (mai 1872) et à son rapport à l’Académie des