IV. — USAGES GÉNÉRAUX DE LA CIRCULATION
Le but le plus général de la circulation est de produire dans l’intimité de nos tissus des courants très rapides destinés cà fournir les matériaux de la nutrition aux organes et à entraîner les déchets qui résultent des échanges nutritifs, comme nous l’avons indiqué dès le début dans notre schéma de l’organisme. C’est le globule sanguin qui joue le principal rôle à ce point de vue. Ces échanges se passent au niveau même des capillaires (voy. p. 267); nous savons qu’en général la pression dans ces petits vaisseaux est de 10/100 à 12/100 d’atmosphère, pression qui paraît être très favorable à l’équilibre des échanges. Quand la pression
1. Cl. Bernard, Leçons sur la chaleur animale, sur les effets de Ut chaleur et sur la fièvre (dernières leçons). Paris, 1875.
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diminue, par exemple par l’effet d’une saignée, ce sont alors les résorptions qui prédominent; si au contraire la pression augmente dans les capillaires, par la compression par exemple ou la ligature d’une veine, l’exsudation dépasse es limites normales, et le sérum du sang épanché dans les tissus constitue ce qu’on appelle Y œdème. La dilatation paralytique des petites artères peut aussi produire l’œdème en augmentant l’afflux du sang et par suite la pression dans les capillaires (Ranvier).
Outre ces fonctions generales, le système circulatoire présente dans certaines régions des dispositions spéciales qui indiquent un but accessoire et particulier: ainsi, dans quelques organes es vaisseaux sont charges, outre la nutrition, d’un rôle de cal lefaction. nous pouvons citer à ce point de vue les vaissemiv dn pavillon de l’oreille, de la face en général, des extrémités des doigts des téguments des régions articulaires, vaisseaux qui sont dans toutes ces régions plus abondants que ne l’exigeaiUa simple nutrition. Dans d’autres points les capillaires sont disposes dans un but particulier d’absorption ou d’exhalation - tels sont ceux du poumon, qui forment dans ce viscère une lar^e nappe sanguine ou les globules rouges viennent se charger d W 0cne tandis que le sérum dégagé son acide carbonique. Y Ailleuis 1 afflux du sang est appelé à un rôle mécanique -omme par exemple celui de l’éreclion; c’est alors seulement pae nous trouvons des cœurs accessoires périphériques desti a a^entf la ^ision du sang dans les organes qffl sSb ’ e11 - en elIet> le muscle bulbo-caverneux et l’ischio-caverneux
eLrèvtrémkéTe'h118 r)'"1,miqiies P.enda'lt l’érection, ehassed é iLa.i,™ , 1 gc lc sang (1UI s’esl déversé dans le bulbe
e I uietlne et dans la racine des corps caverneux
Le mouvement de la circulation est indispensable au maintien u sang dans son état physiologique, dans l’état liquide- non pas ue ag.tat.on empêche la coagulation du sang, ci au coTfâ
s :iazs» VyT'î bauarje ** r“
. o V'°y- P- -17), mais le mouvement de la nn-nloi;™ Dntmuellement les divers points de la masse du sang én con ' et avec la Par01 mterne, avec Y endothélium des vaisseaux Or arm i les causes plus ou moins bien définies qui influent s» U lagulaiion du sang et que nous avons rapportées plus haut '• ^bS), la moins contestable, quoique la ni no rliffioii « icr, parait être l’influence encore éni matique de la paroHn
SANG ET circulation.
zoo , , . , .
Brucke. le contact se solidifier tant que le sang
circulent que° chacune de ses particules vient incessamment se
mettre au contact P“!°' couches centrales du tor-
Dès que la , c,r™of Aonc ^ se coa-uler : l'examen de la manière vent sanguin tendent donc a se coa u ^ des cainols for.
ioalSeV?tn'rtm étûdfnou moins intéressante pour le physiomes post moi tem, eiua i piieannrend à distinguer-
logiste que pour le patlio ogis , 1. Le ne se coagule
les caillots récents des caillots ^^tion des batte-
pas sur le cadavre r ^quel les artères mourantes
ments du cœui , . :nes continue encore une sorte
chassent leur ne trouve-t-on
de circulation quiempec ■ ?, . aue dans les veines,
généralement su^^^,^ sont gorgées du sang exprimé du Quand es jeu lalion commence à s’y produire dans
système artériel, la coa, ja paroi • 1Ci la coa-
ÏSSÏS lafflbrine
“ SS&X o u^oïr, présente en un mot ,'aspeet
cruonque. , . , . fin contenu des veines restent
Les parties P!"s Pe”|Jehe^rcsavant de se coaguler complètetoujours aumom - 1 y"1 ' . contact dp la paroi vivante conti-
nuent ; c’est qu’ici lacUon de ^ ^ lorsque a lieu la mort nue à faire sentir son influei ■ et le dernier battement
générale, lorsclue1^ faut de beaucoup qu’avec cette mort
du cœur ont eu lieu, U s ei anatomique; nous avons vu
coïncide la mort ^^^erV restent encore longtemps excitables, que les muscles et s’oppose encore pendant plusicuis
que l’ épithélium de inycssie 1 1 ; errons que les
heures à tout Score leurs mouvements pen-
épitliéliums vibratiles contn l 'endothélium des
dant 8 ou 10 heure» ; il mort complète, qu’a-
vaisseaux sanguins, coagulation des couches les plu.
près 20 ou 24 heures, qu > ®t s’effectuer: souvent on ex-
Œ presque comme du sang extra» de .'anima
vivant. . • 4,..\c î ente à sc produire dans le ca-
ria coagulation étant ainsi très lente V
USAGES GÉNÉRAUX DE LA CIRCULATION. 289
davre, nous avons là toutes les conditions qui favorisent la séparation de la fibrine et des globules, qui déterminent la formation d’une couenne (voy. sang couénneux , p . 218). En effet les vaisseaux peuvent être considérés comme formant un réservoir de forme compliquée, dans lequel, pendant la coagulation, fibrine et globules se déposent par couches selon les lois de la pesanteur, les globules vers les parties déclives, la fibrine vers les parties plus élevées, sous forme de caillots décolorés : de là les caillots mixtes , ou formés en partie de caillots cruorigues (centre et parties déclives des masses coagulées), et en partie de caillots décolorés ou couenneux. Dans ces derniers, comme dans la couenne formée après coagulation dans un vase, on trouve une très grande quantité de globules blancs (fig. 71), réunis parfois en si grand nombre qu’ils forment de petits amas qu’on prendrait facilement pour des amas de pus.
Fig. il. Caillot fibrineux sans globules rouges*.
La disposition de ces caillots mixtes est déterminée par la position du cadavre dans l’agonie : ainsi dans la veine cave, Je cadavre étant d’ordinaire couché sur le dos, le caillot est décooi e -vers le voisinage du cœur, puis il devient foncé vers la région lombo-dorsale, qui est plus déclive; puis de nouveau décolore vers l’angle sacro- vertébral, qui est un peu plus élevé, et reprend 1 aspect cruorique dans lesveines iliaques et surtout dans les iliaques internes: les caillots des veines pulmoraircs sont
nn, ürJ'- Couclie minco fibrineuse, montrant l’enlre-croisement des stries de h couche fibrineuse; — i, k , leucocytes englobés par la fibrine et pâlis par l’an h». I l'eau (gros.. 500 diam.) (Robin, Traité du microscope) P P laTnd° Küss et duval, Physiologie.
SANG ET CIRCULATION
t oui ours très foncés, vu leur position déclive; en changeant la position du cadavre, en le renversant pendant que se forment les caillots, on renverse la disposition de ceux-ci et on obtient
des caillots’ mixtes de composition inverse.
On voit combien ces faits sont intéressants et de quelle utilité ils peuvent être, par exemple en médecine légale, pour déterminer la position dans laquelle s’est trouvé un cadavre pendant les 24 heures qui ont suivi l’agonie. Tous ces faits sont le résil iât de la singulière propriété dont jouit la paroi interne du vaisseau d’empêcher la coagulation.
Résumé. A. Le CŒUR est l’organe central de la circulation.
T/oreillette a°ât en se laissant facilement distendre par le sang
veineux (élasticité! et en chassant par une contraction très ranirle (durée lL de la révolution cardiaque), son contenu dans le ventricule, avec léger reflux dans l’origine des veines.
Le ventricule, par une contraction énergique et d une duree appréciable, lance le sangdans l'origine des artères (pulmonaire et aorte); le reflux ne peut se faire vers 1 oreillette, parce que les" voiles auriculo-ventriculaires (valvules mitrale et tricuspide) sont appliqués par la contraction des muscles papillaires les uns contre tes autres et contre la paroi ventriculaire, d ou occlusioi
narfaite de l’orifice correspondant. , ^
PtLe cœur effectue chez l’adulte environ /O a /5 contractions par minute; chacune de ces contractions se révélé a l extérieur Lr- 1° le choc du cœur, attribué a un mouvement de lecul ou de torsion de cet organe, mais qui est dù en réalité au changement de consistance du muscle cardiaque en contraction , - L nremier bruit, synchrone à la systole ventriculaire, et du a tension des replis (valvules) auriculo-ventriculaires par les muscles papillaires; 3° 1 e second bruit (synchrone au début du temps de repos) qui est. dù au redressement brusque des valvules sig-
«S de M («A d’atmosphère) et avec une vitesse de 40 a oO centimeties.
de la circulation. Quant à la tntow, elle est “jf Son Ldit cône artériel en raison inverse do la suiface de se
USAGES GÉNÉRAUX DE LA CIRCULATION
respondant à celte région du cône. Il en est de même pour la vitesse dans le cône veineux : la vitesse va donc dans le système artériel en diminuant du centre à la périphérie, et dans le cône veineux en augmentant de la périphrie au centre. La nappe de
sang contenue dans les capillaires est ainsi comme le lac du fleuve sanguin.
La vitesse générale de la circulation est très grande : il suffit de quelques secondes pour qu’une substance toxique introduite dans le sang fasse le tour de la circulation (15 secondes).
On nomme vaisseau porte , système porte, toute partie de l’appareil circulatoire où le sang marche directement d’un système capillaire vers un autre système capillaire : veine porte hépatique; veine porte rénale (vaisseau efférent du glomérule).
La tunique moyenne des artères est la plus importante à considérer au point de vue physiologique : elle renferme des fibres musculaires lisses et des éléments élastiques ; dans les artères de mo \ en calibre, ces deux éléments anatomiques (muscles et tissu élastique; se partagent à peu près également la constitution de la tunique moyenne; mais dans les grosses artères (aorte, sommet
w arXfnlpr6/ ’ 6 Î'T elas|Kiues ré§ne seul, tandis que dans es ai tei mies (vers la base du cône artériel), c’est l’élément
musculaire qui finit par prédominer complètement.
Le tissu élastique sert à régulariser \ a circulation générale en transformant le jet intermittent du cœur en jet continu. ’
Le Ussu musculaire sert à régler les circulations locales (voy. INerts vaso-moteurs). v J
On nomme pouls la sensation de soulèvement brusque que le doigt éprouvé lorsqu il palpe une artère reposant sur un plan osseux , il sent alors J onde sanguine (ou vibration causée par e choc de la masse de sang que le ventricule lance dans l’aorte) • d ne faut pas confondre cette vibration, ce pouls avec le mouœment Uu-meme du sang en circulation (la vitesse de propagation e l onde pulsatde est de9metres par seconde; celle delà circu-
centi-
a, i°n d 1 origine de 1 aorte est seulement de 40 à 50 netres par seconde).
U dicrotisme du pouls est un phénomène normal exagéré ta.* certains états morbides, et qui est du à une seconde onde ausee par la réaction du tissu élastique des grosses artères aorte: systole artérielle). 1 ë aileies
Les capillaires, formés en apparence d'une membrane amor ■lie avec des noyaux, sont constitués en réalité par des ceTluîès'
éudees (endothélium vasculaire). - Le syslèZ eafiSZ *
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le lieu des échanges des matériaux soit avec les organes , soit avec les milieux ambiants ( poumon).
C. Les veines, étant très dilatables, servent jusqu’à un certain point de réservoirs au sang, qui, du reste, y circule par la ms a tergo et grâce à ce que les valvules sont disposées de manière à utiliser dans le sens du cours du sang toutes les causes de compression du vaisseau (contraction des muscles voisins).
Innervation de l’appareil circulatoire. Le pneumogastrique est le nerf modérateur , et le grand sympathique le nerf accélérateur du. cœuv. — De plus, le cœur contient dans l’épaisseur même de ses parois de petits ganglions dont les uns jouent le rôle de centres modérateurs, les autres décentres accélérateurs. C’est pour cela que le cœur, arraché de la poitrine, conlinue encore à battre plus ou moins longtemps, selon les espèces am-
lïl cil 6 S
Les vaso-moteurs sont les nerfs qui innervent les vaisseaux (tunique moyenne musculaire des artérioles) : ces nerfs nous sont représentés dans leur trajet périphérique par les filets du grand sympathique (expérience de Cl. Bernard sur le cordon cervical du sympathique chez le lapin : vascularisation de 1 oreille). Les uns sont vaso-constricteurs, les autres vaso-dilatateurs. L action de ces derniers s’explique par une action suspensive ou d ’ arrêt analogue à celle que le pneumogastrique exerce sur le cœur.
La fièvre résulte d’une action exagérée des nerfs vaso-dilatateurs, qui sont en même temps caloi'ifiques (Cl. Beinaid).