I. BUT DE LA DIGESTION INANITION ALIMENTS
Le but des fonctions digestives est de transformer les matières empruntées à l'extérieur, de manière à les rendre aptes à pas-*:dans l'économie, à être absorbées et portées dans le torrent de la circulation, pour renouveler nos organes et entretenir les fonctions (chaleur et force), ou, en d'autres termes, pour le maintien du statu quo de l'organisme développé, et l'accroissement de cet organisme tant que son développement est incomplet.
Ces matériaux reconstitutifs sont les aliments.
Inanition. — La privation des aliments met les animaux dans l'état d'inanition; le résultat constant de l'inanition prolongée est, par le fait de la continuation des excrétions respiratoire, rénale, intestinale, etc., la perte graduelle du poids du corps, le refroidissement et la mort ; les animaux meurent quand ils ont perdu les 4/10 de leur poids primitif (Chossat). La perte se fait d'abord aux dépens de la graisse emmagasinée dans les divers tissus (spécialement la couche sous-cutanée); au terme extrême de l'inanition les graisses du corps ont diminué dans la proportion de 99 pour 100; puis les autres parties (muscles, etc. ; les masses musculaires n'arrivent pas à diminuer déplus de 50 pour 100) perdent également de leur poids; mais, chose remarquable, la quantité et la composition du sang restent à peu près identiques jusqu'aux jours qui précèdent la mort : c'est que le sang qui, comme milieu intérieur, résume les besoins de l'organisme, extrait des divers tissus tout ce qui est nécessaire à son intégrité, et que l'organisme général meurt seulement lorsque les matériaux de réserve disponibles sont épuisés (V. Nutrition). Cette perte se fait plus ou moins rapidement selon les animaux ; ainsi les animaux à sang froid résistent trente fois
M. Duval, Physiol. 20
plus longtemps à la privation d'aliments que les animaux à sang chaud : ils peuvent même y résister pendant une durée incroyable de temps. Ci. Bernard a vu des crapauds résister près de trois ans à la privation complète d'aliments. Un petit oiseau, au contraire. meurt de faim au bout de deux ou trois jours au plus. C'est que chez les oiseaux les combustions sont très actives. Comme elles sont plus actives chez les animaux de petite taille que chez ceux de grande taille, on trouve de grandes différences, chez les mamrni- : -s, par exemple entre le chien qui peut ne succomber qu'après trente-cinq jours, et le cochon d'Inde qui meurt après six jours d'inanition. On sait que dans ces dernières années divers >ujets
-ont soumis à des jeûnes prolongés, et Tanner et Merlatti se sont rendus célèbres, Je premier par un jeûne de quarante jouis. le second par un jeûne de cinquante jours. iJans les états de léthargie, chez des sujets hystériques, alors que les combustions organiques sont réduites au minimum, on a vu également des sujets résister à des jeûnes très prolongés. Mais on peut dire qu'en général l'homme succombe au bout de vingt jours d'inanition.
Fait important à noter, l'ingestion d'eau pure permet la prolongation du jeûne avec survie au delà du double, au moins, de la limite mortelle du jeûne absolu (Laborde, De Veau potable dans V inanition, Soc de Biologie, 18 déc. 1886).
Aliments. — Parmi les substances alimentaires destinées à réparer les pertes incessantes de l'économie, les unes sont directement absorbantes: les autres, déposées à la surface des voies digestives. doivent subir l'influence des sucs qui s'y trouvent versés, et modifier de manière k pouvoir être absorbées. C'est pour cela que l'aliment, introduit dans la bouche, parcourt successivement les diverses parties du canal digestif, et se trouve soumis, chemin faisant à diverses actions mécaniques, mais surtout à l'action chimique de liquides variés qui le fluidifient et le transforment.
Pour qu'un aliment soit complet, il faut qu'il contienne tous les éléments qui font partie de nos tissus.
1° 11 faut donc que, outre leurs principes organiques, les matières animales et végétales que nous consommons renferment les divers ■produits mine ra u.r qui se rencontrent dans nos tissus: tels sont les sels alcalins ou alcalino-terreux, le soufre, le phosphore, ie fer. tous éléments nécessaires à chaque cellule de nos organes. Lorsau'à une personne chlorotique on administre du fer, c'est à titre d'aliment: c'est parce que le fer, un ces éléments indispensables dans l'économie, a diminué dans le sang. Ces substances minérales sont à elles seules incapables d'entretenir la vie. Si les substances