SÉCRÉTION EN GÉNÉRAL
réveillée par an apport plus abondanl d'oxygène et d'autres matériaux, en un mot, par un changement dans les conditions du milieu où vivent ces cellules. Cette hypothèse n'a rien d'invraisemblable, lorsqu'on tient compte de ce que pendant l'état de vaso-dilatation la glande est tout entière abondammenl baignée de sang artériel, car le sang des veines elles-mêmes est rouge, et qu'on a égard aux expériences dans lesquelles Cl. Bernard a mis en évidence l'influence excitante du sang rouge, par opposition au sang noir, sur les glandes. Cependant, outre les faits que nous aurons à examiner à propos de la sécrétion salivaire, nous donnerons plus loin, à propos de la sécrétion sudorale, une série d'expériences qui ne laissent aucun doute sur l'existence de nerfs excito-sécrétoires indépendants des nerfs vaso-moteurs.
G. De quelques agents modificateurs des sécrétions. — Nous devons compléter ces indications sur l'innervation des glandes par quelques considérations sur les agents médicamenteux ou toxiques qui modiiient en plus ou en moins l'activité sécrétoire du plus grand nombre des glandes de l'économie. Plusieurs de ces agents portent leur action sur les nerfs excito-sudoraux; nous allons voir que quelques-uns, au contraire, agissent par un mécanisme nerveux di lièrent.
Ainsi on a dit que les sécrétions étaient excitées ou activées par les agents anesthésiques, et on s'est basé particulièrement sur les effets observes sur les glandes salivaires sous* l'influence du chloroforme. Le fait est exact, dit Cl. Bernard, mais il faut savoir comment il se produit. Or il n'y a point la un résultat do l'action anesthésique par elle-même, c'est tout simplement une action locale du chloroforme, et l'on obtiendrait le même effet avec du vinaigre. En effet, en plaçant quelques gouttes d'eau ebloroformée sur la langue d'un chien muni d'une fistule salivaire, on voit la salive couler abondamment et dans ce cas le chloroforme a a°d .simplement comme excitant des extrémités terminales du nerf lin-mal' c'est ain^i qu'il agit au début de l'administration de vapeurs anesthésiques par la bouche, etc. ; du reste, il ne se produit rien de semblable quand on anesthésie l'animal par la trachée.
Au contraire, la morphine arrête les sécrétions; sur un animal morphine, on n'obtient plus de sécrétion salivaire en irritant la langue, c'està-dire le nerf lingual, avec du vinaigre ou un courant électrique. Cependant l'action de l'agent hypnotique ne porte pas son action sur les glandes salivaires, mais seulement sur les nerfs centripètes et sur le centre réflexe d'où dépend leur sécrétion. En effet, Cl. Bernard a montré que, dans l'expérience précédente, si l'on n'obtient plus rien en excitant la langue, ni même en coupant le nerf lingual et irritant son bout central, on voit la sécrétion se produire aussitôt qu'on irrite directement la corde du tympan (Les Anesthésiques , 1875, p. 290).
L'atropine est de toutes les substances celle qui agit le plus énergique-
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ment pour diminuer l'activité des sécrétions : à ce point de vue les expérimentateurs se sont surtout attachés à mettre en évidence l'antagonisme entre l'atropine, d'une part, et la muscarine ou la pilocarpine, d'autre part. Quand sur un chien on vient d'obtenir un abondant écoulement de salive par l'injection intra-veineuse d'une infusion de jaborandi, on peut, en quelques secondes, arrêter le flux salivaire en injectant par la même veine une dissolution de sulfate d'atropine (1 à 2 centigrammes dans 4 à 5 grammes d'eau). Inversement, si l'on a injecté d'abord une faible quantité de sulfate d'atropine, il est impossible lorsque les effets de cette substance sor.t manifestes (état de la pupille) de provoquer le moindre écoulement de salive en injectant de l'infusion de jaborandi ou une solution de sel de pilocarpine. même à haute dose, soit dans le tissu cellulaire, soit dans une veine. Du reste, cet antagonisme entre le jaborandi et l'atropine existe pour la sécrétion sudorale comme pour la sécrétion salivaire.
Parmi les substances qui agissent sur les sécrétions en général pour les rendre plus actives.il faut surtout citer la muscarine et la pilocarpine. La muscarine. alcaloïde de l' Arnanita muscaria. a surtout été étudiée par Schmiedeberg et Koppe, puis par Prévost nève). La pilocarpi .
alcaloïde du jaborandi, a été dans ces dernières années l'objet d'un grand nombre d'expériences. Nous rappellerons seulement que l'ingestion d'une infusion de feuilles de jaborandi, ou l'injection sous-cutanée de 1 à *2 centigrammes de chlorhydrate de pilocarpine produit une augmentation rapide de toutes les sécrétions i salivaire, pancréatique, biliaire, lacrymale, sébacée, etc. ; au bout de quelques minutes d'ingestion d'une infusion de 3 à 4 grammes de feuilles dans 100 à 150 grammes d'eau, il se produit une légère congestion de tout le tégument cutané, sur lequel la sueur commence à paraître abondamment après dix à vingt minutes; en même temps la salive afflue dans la bouche et le patient est parfois obligé de se coucher sur le côté pour laisser couler les flots de salive qui tendent à remplir sa cavité buccale. Enfin les glandes lacrymales sécrètent avec activité, la surface des yeux est couverte de larmes qui tendent à couler sur les joues et y coulent quelquefois: en tout cas, elles humectent abondamment la menai rane muqueuse des fosses nasales, qui est aussi le siège d'une sécrétion muqueuse plus abondante : il y a pareillement hyperémie des glandes muqueuses de l'arrière-gorge, de la trachée et des bronches. La sueur qu'on peut recueillir en abondance (300 à 500 centimètres cubes pendant les deux heures environ que dure l'hypersécrétion) est légèrement opalescente, et cet aspect est dû à la présence des matériaux de la sécrétion sébacée : c'est-à-dire que le jaborandi agit sur les glandes sébacées en même temps que sur les glandes sudoripares.
D. Sécrétions externes et sécrétions internes. — Des idées nouvelles tendent aujourd'hui à se faire jour sur le fonctionnement des glandes. Le rôle des glandes ne serait pas seulement de former le produit de sécrétion qu'elles déversent dans leurs canaux excréteurs, niais encore d'élaborer d'autres matériaux pour les livrer au torrent circulatoire. C'est-à-dire que, en outre de ce qu'on peut appeler
SECRETION UN GENERAL ;;,,;»
leur sécrétion externe (la sécrétion classique, connue ou soupçonné"' de tout temps), les glandes auraienl encore une sécrétion interne, selon l'expression de Brown Séquard. Nous verrons que le fait a été démontré depuis longtemps, par Claude Bernard, pour lefoie, quisécrètela bile dans l'intestin et le sucre dans les veines sus hépatiques. Les recherches récentes, dont nous parlerons plus loin, montrent un fonctionnement semblable pour le pancréas, enfin les expériences de Brown-Séquard tendent à prouver qu'il en est de même [tour d'autres glandes, par exemple pour le testicule l.
Cette influence des tissus glandulaires sur le sang était depuis longtemps connue, dans ses traits principaux, sinon dans ses détails, pour les glandes dites vasculaires sanguines (rate, ganglions lymphatiques, thyroïde, thymes, etc.), pour lesquelles, vu la nonexistence de conduits excréteurs, il fallait bien admettre que la glande, après avoir emprunté au sang les matériaux de son élaboration, versait ensuite dans le sang les produits par elle élaborés. On voit que, d'après les idées nouvelles, un grand nombre de glandes ordinaires, c'est-à-dire pourvues de canaux excréteurs, auraient, avec la fonction de verser un produit dans ces canaux, celle de verser, comme les glandes vasculaires sanguines, d'autres produits dans le sang. Nous reviendrons sur cette question à propos de l'étude des phénomènes généraux de la nutrition.
Résumé. — Les épithéliums sont des couches de cellules revêtant les surfaces internes ou externes de l'organisme.
Les membranes séreuses sont revêtues d'un épithélium pàvimenteux à une seule couche (dans les synoviales il y a plusieurs couches).
L'épiderme est un épithélium pàvimenteux stratifié, dont les cellules superficielles sont coinces et desséchées, les profondes pouvant seules être considérées comme vivantes.
U épithélium cylindrique simple revêt les voies digestives (estomac et intestins). La bouche et l'œsophage sont revêtus par un épithélium pavimenteux stratifié.
i Partant de ce fait bien connu que la castration est suivie de modifications profondes de l'individu, Brown-Séquard a été amené à penser (Société de biologie, i5 juin 1889) que les tfsticules fournissent au sang, sans doute par résorption de certains produits du sperme, des principes qui donnent de l'énergie au système nerveux et probablement aussi aux muscles. Dès 1869, il avait, conformément à cette hypothèse, émis l'idée que, s'il était possible d'injecter sans danger du sperme dans les veines de vieillards, on pourrait obtenir chez ceux-ci des phénomènes de rajeunissement, à l'égard à la fois du travail intellectuel et des puissances physiques de l'organisme. Il a en effet tenté l'expérience, par injection sous-cutanée d'un liquide obtenu par le broiement de testicules de chien ou de lapin, et cette opération, qu'il a pratiquée sur lui-même, a produit une plus grande résistance à la fatigue musculaire, et une plus grande facilité du travail intellectuel.
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Uépithélium cylindrique vibratile est le plus remarquable ; il se trouve dans les fosses nasales, la trachée, les grosses bronches, les canaux de répididyme chez l'homme, les trompes et l'utérus chez la femme, etc. Les mouvements des cils vibratiles sont à comparer à ceux, des spermatozoïdes (queue des spermatozoïdes) ; chez les uns comme chez les autres, ils persistent un temps variable après la mort de l'organisme général : ils sont arrêtés par les liquides acides et ex:-it::s par les liquides alcalins.
Les épithéliums ont pour fonction de présider aux échanges entre le milieu intérieur (sang et lymphe) et le milieu extérieur. Par leurs déchets (fonte et desquamation), les épithéliums des diverses muqueuses donnent les divers mucus, caractérisés par la présence de la mucosine, coagulable non par la chaleur, mais par l'acide acétique.
Les sécrétions sont les produits des cellules épithéliales des culs-de-sac glandulaires. Ces cellules élaborent, à l'aide de matériaux empruntés au sang, les substances de la sécrétion; puis elles versent, dans cavité dos culs-de-sac glandulaires, ces substances, soit en subissant elles-mêmes une véritable fonte (glandes holocrînes de R.anvier), soit par un simple phénomène d'exosmcse (glandes mérocrines).
Il existe des nerfs excito-sécrétoires indépendants des nerfs vaso-moteurs (voy. Sueur).