MUQUEUSE PULMONAIRE
normal, ses éléments ne présentent-ils que fort peu de métamorphoses, et presque pas de déchet* épithéliaux. Ils tendent même à b' atrophier de plus .mi plus arec l'âge, et, les cloisons qui les supportent .-'atrophiant en même temps, il en résulte ce qu'on a appelé l'emphysème pulmonaire, altération si fréquente chez les vieillards. Mais il n'en est pas de même dans certains états pathologiques. S.>us l'influence des irritations, cet épithélium s'hvpertrophie et prolifère; c'est lui qui produit alors les fausses membranes du crotup. et les éléments caractéristiques de la pneumonie; il oblitère alors complètement les alvéoles, qu'il transforme en un tissu compact et résistant, ce qui a valu à cet état le nom à*hépatisation. C'est lui encore qui joue le principal rôle dans la production du tubercule, et dans celle de quelques transformationplus rares, comme le cancer du poumon.
Dans les cas (["infarctus du poumon, surtout dans les infarctus produits t'xpérimentalement sur le chien, il est facile de voir, dans les alvéoles pulmonaires infiltrés de sang, l'épithélium subir une certaine hypertrophie et quelques-unes de ses cellules tomber dans l'alvéole et s'y mêler aux globules sanguins (Vulpiam.
2° Cet épithélium est supporté par une membrane qui forme comme la coque de l'alvéole. Elle est composée d'un tissu connectif presque amorphe, parsemé de cellules plasmatiques et très riche en libres élastiques, qui forment des réseaux très serrés dont les mailles figurent des fentes extrêmement étroites ; parfois les fibres élastiques se montrent plus écartées, et, par dissociation, on peut
ces résultats ont été depuis confirmés par de nombreux observateurs. Par lesmêmes moyens d'investigation, Schmidt (thèse citée) est arrivé aux conclusions suivantes, (liiez les mammifères, les vésicules pulmonaires des embryons sont tapissées par des cellules régulières et de grandeur uniforme; chez le nouveauné, une partie des cellules précédentes s'étale en largeur et recouvre les capillaires; les autres n'éprouvent pas 'le changement et restent réunies par groupes dans les mailles des capillaires (fig. 114). Enfin, chez les adultes, les cellules sont réunies en plus petit nombre pour former des groupes; beaucoup d'entre elles sont isolées. Les grandes cellules qui les séparent semblent se fusionner en partie et prennent l'aspect de plaques membraneuses très simples .■t presque amorphes.
Les arguments empruntés à l'anatomie comparée contre l'existence de l'épithélium pulmonaire ont été renverses par des recherches plus exactes. La loche d'étang (Cobitis fossilis) est un poisson bizarre qui avale de l'air par la bouche, ^t. après avoir absorbé une partie de l'oxygène, rend de l'acide carbonique par l'anus. Leydig n'avait pu trouver d'épithélium intestinal chez, ce poisson où la respiration est en partie intestinale. Or. à l'aide du nitrate d'argent. Schmidt a constaté un revêtement épithélial complet sur toute la surface en question. Ici encore, des cellules diverses sont entremêlées sans, aucun ordre, tantôt groupées île façon que plusieurs petites cellules soient entourées de cellules plus grandes.
parfaitement les rendre évidentes sur une préparation. Ces éléments élastiques formés de fibres à contour nettement indiqué, avec bifurcations et anastomoses nombreuses, sont très importants à rechercher au point de vue pathologique, par exemple dans les crachats, car ils résistent longtemps aux causes de destruction et sont souvent les seuls débris qui, dans une portion de poumon nécrosée et éliminée, conservent une structure reconnaissable et caractéristique à l'examen microscopique. Chez quelques animaux des fibres musculaires lisses prennent évidemment part à la struc ture de la coque alvéolaire. Il est difficile de décider, par l'examen anatomique, s'il en est de même pour l'homme1. Nous aurons à discuter plus tard si les expériences physiologiques sont propres à résoudre cette question. Mais ce que cette membrane présente de plus important, c'est sa richesse en vaisseaux sanguins. Ce sont des réseaux de capillaires très petits, car ils ont une lumière juste assez grande pour le passage d'un globule sanguin, et très serrés les uns contre les autres, de sorte que les mailles qui les séparent sont très étroites. On trouve, par exemple, que, sur une surface donnée d'alvéoles pulmonaires, l'étendue occupée par les capillaires équivaut aux trois quarts, et les intervalles qu'ils laissent entre eux seulement à un quart de la surface. Or, la surface totale de l'ensemble des alvéoles équivalant à 200 mètres carrés 2, il en
1 « Les fibres musculaires apparaissent sur les grosses bronches sous la forme de faisceaux aplatis, circulaires ; ces faisceaux constituent une couche complète. Comme on les retrouve encore sur des rameaux de 0m,22 à 0m,18, il est probable qu'ils s'étendent jusqu'aux lobules pulmonaires. » (Kôlliker, 1870.)
La présence de l'élément musculaire dans la paroi des vésicules pulmonaires a été soutenue par Moleschott, Piso-Borme, Hirschmann et Chrzonszczewsky.
2 II est bien évident qu'on ne peut évaluer que d'une manière plus ou moins approximative la surface interne du poumon. Tout en conservant ici le chiffre donné par Kuss, nous devons ajouter que dans ces dernières années (Bul. de VAcad. de méd., t. XV, n° 8), Marc Sée s'est livré à des calculs qui l'ont amené à une évaluation certainement plus exacte. D'après cet auteur, on peut considérer la surface respiratoire comme une immense nappe sanguine dont l'épaisseur est celle d'un globule rouge du sang et dont l'étendue est égale, à peu de chose près, à celle de la surface de toutes les vésicules réunies. Sachant quel volume d'air renferme l'appareil respiratoire tout entier, si l'on en déduit l'air que renferment les voies respiratoires (larynx, trachée, bronches et leurs ramifications), on aura le volume total des vésicules pulmonaires. Comme on connaît, d'autre part, le diamètre moyen des vésicules, il est facile de calculer approximativement le volume et la surface d'une vésicule pulmonaire considérée comme formant une petite sphère. Le rapport entre le volume total des vésicules et celui d'une vésicule unique exprime le nombre des vésicules que contient le poumon. En multipliant la surface d'une vésicule par ce nombre, on aura l'étendue de la surface respiratoire du poumon. Par ces calculs, Marc Sée arrive à évaluer le nombre des vésicules du poumon à près de 900 millions (Kuss portait ce nombre à 1700 ou 1800 millions); quant à la