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BRUITS DE LA RESPIRATION

violentés par L'inspiration ; aussi l'une a t-elle à peu près la même force que l'autre. Mais elles n'ont pas toutes deux. Le même type, la même forme, la même durée 5 c'est-à-dire que l'inspiration, produite par des contractions musculaires, s'effectue d'une manière à peu près égale, et peut être représentée par une Ligne régulièrement ascendante : l'expiration, au contraire, vu son mode de production, suit dans Ba forme la loi des corps élastiques; or, si l'on comprime un gaz dans le corps d'une seringue, par exemple, au moyen du piston, au moment où l'on cessera de presser sur celui-ci. on le verra d'abord remonter brusquement, puis achever lentement sa réaction ascensionnelle; il en est de même de l'expiration : elle est d'abord brusque, puis elle s'achève par un mouve-

Fig. 124. — Tracé normal des mouvements respiratoires chez l'homme,

d'après Marey *.

ment lent et d'une durée relativement longue. Dans un schéma on pourrait la représenter par une ligne d'abord presque verticale, très prolongée et très oblique ensuite. C'est du reste, ce que montre le tracé de la figure 124 obtenu par l'enregistrement des mouvements du thorax à l'aide du pneumographe de Marey (décrit ci-dessus, p. 410). De sorte qu'en somme l'expiration dure plus longtemps que l'inspiration. Mais un examen superficiel ne laisse constater que le premier temps de l'expiration, qui alors paraît être très courte, plus courte que l'inspiration.

Bruits de la respiration. — Le passage de l'air dans les tubes. aériens produit des frottements que l'on désigne sous les noms de bruit de L' inspiration et bruit de V expiration. Le bruit de l'inspiration dure aussi longtemps que cet acte lui-même ; celui de l'expiration ne se perçoit à l'état normal que pendant la première partie de cet acte ; parce que, pendant la seconde partie, le courant d'air est trop lent et trop faible pour se faire entendre. On

* La ligne descendante est le tracé de l'inspiration, l'ascendante celui de l'expiration.

voit donc que l'auscultation de la respiration normale donnerait une idée fausse de la durée relative des deux actes de la respiration, puisqu'elle assignerait une plus grande longueur à l'inspiration qu à 1 expiration, et que ce qui est vrai pour les bruits n'est pas vrai pour les actes mêmes qui leur donnent naissance.

Depuis la découverte de l'auscultation (Laënnec), bien des théories ont été émises pour expliquer le bruit que produit la respiration normale et ses altérations dans les cas pathologiques. Le murmure respiratoire est dû évidemment au frottement de 1 air contre les parois des conduits aériens, mais il est plus difficile de localiser exactement le siège de ce murmure. On l'attribue généralement au déplissement des vésicules pulmonaires, d'où le nom de murmure vèsiculaire. Beau en plaçait cependant le siège au niveau de l'ouverture de la glotte: beaucoup de physiologistes se sont ralliés à cette manière de voir: mais aujourd'hui (Cornil, "Woillez. etc.i, on s'accorde à en chercher la principale cause dans le poumon lui-même. En effet, on ne peut placer la cause des bruits respiratoires au niveau de la glotte, car le murmure persiste avec ses caractères ordinaires dans le cas où l'air ne passe plus à travers le larynx, comme après les opérations de trachéotomie. Concluons donc que les causes du murmure respiratoire sont multiples, et que l'on peut désigner comme principales (Sabatier) : la crépitation sourde produite par le décollement des trabécules ou cloisons légèrement humides des alvéoles pulmonaires : les vibrations imprimées à l'air par les éperons bronchiques, et peut-être enfin le retentissement plus ou moins prononcé des bruits supérieurs ou glottiques ».

B. Effets mécaniques pnduits par la respiration dans les organes

voisins du poumon. — Les conséquences mécaniques des mouvements respiratoires et expiratoires ne se localisent pas seulement dans les voies aériennes, elles retentissent encore sur les canaux sanguins, et sur la circulation du sang, puisque la plus grande partie de l'appareil circulatoire se trouve enfermée dans la cavité thoracique.

Nous avons schématiquement figuré l'ensemble de la circulation

par un 8 de chiffre, dont le cercle supérieur représenterait la circulation pulmonaire, le cercle inférieur la circulation générale, et dont le point de jonction serait occupé par le cœur (V. fig. 68. p. 210; et fig. 76, p. 223); or, la cavité thoracique contient : 1° toute la circulation pulmonaire, c'est-à-dire le cercle supé-

1 "N . les recherches de V. Cornil, A natomie pathologique et auscultation du poumon (Mouvement médical, avril et mai 1873.)

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