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PHÉNOMÈNES CHIMIQUE» - ASPHYXIE ',YA

d'anemteplus ou moins grave selon les climats, a récemment publié études but ce sujet*. Selon lui. cet ensemble de sensations douloureuses qui constitue le mal des montagnes aurait pour cause principale la diminution de la masse d'oxygène dans le sang, l'anoxyémie, état provenant <!.' la diminution de pression effective de ce gaz dans l'air ambiant. M. Jourdanet indique, comme limite probable des accidents de cette nature, la demi-distance entre le niveau de la mer et le niveau où commencent les neiges éternelles, limite qui sépare les climats aV 'altitude des climats de montagne.

Les expériences de Paul Bert ont aussi parfaitement montré que le moyen de combattre les effets de la diminution de pression consiste à respirer de l'oxygène pur: c'est la précaution que prennent aujourd'hui ceux qui s'élèvent en ballon à une grande hauteur. « J'ai la conviction, dit Paul Bert. que Grocé-Spinelli et Sivel vivraient encore, malgré leur séjour si prolongé dans les hautes régions, s'ils avaient pu respirer l'oxygène. Ils auront malheureusement perdu brusquement la faculté de se mouvoir; les tubes adducteurs de l'air vital auront subitement échappe de leurs mains paralysées. »

Ces faits, avons-nous dit, nous expliquent l'influence qu'exerce sur l'hygiène et la pathologie des habitants des hautes montagnes la faible pression de l'atmosphère au milieu de laquelle ils sont plongés. Ces Lommes, ainsi que l'a montré Jourdanet, sont placés dans des conditions d'oxygénation insuffisante. Ils sont anoxyémiques*, a moins que leur organisme ne réagisse par la production d'un sang plus riche en hémoglobine, c'est-à-dire capable de fixer, pour un moindre volume de sang, une plus grande quantité d'oxygène, comme nous l'avons vu précédemment (p. 438) d'après les observations de Muntz et de Viault.

2° Si l'on fournit à l'animal enfermé dans un espace clos une quantité toujours suffisante d'oxygène, mais qu'on laisse s'accumuler dans cet espace l'acide carbonique produit par la respiration, on voit les animaux périr quand la proportion de ce gaz est devenue trop considérable, dans une mesure très variable selon les espèces. Ce n'est pas que l'acide carbonique soit un poison. mais la trop grande quantité de ce gaz (sa trop grande pression) dans le milieu ambiant s'oppose à la sortie de celui qui est dans le sang : par suite, le sang ne peut plus recueillir celui que dégagent les combustions des tissus, et la respiration de ceux-ci se trouve entravée.

Dans l'asphyxie dans une atmosphère confinée, les deux causes précédentes se trouvent réunies. Diminution de l'oxygène, augmentation de l'acide carbonique. Aussi l'arrêt mécanique de la respiration produit-il, comme tout le monde le sait, la mort très rapi-

i Jourdanet, Influence de la pression de Voir sur la vie de Vhomme, 2 vol., Paris, 1875.

2 Jourdanet, Le Mexique et V Amérique tropicale, Paris, 1864.

dément. Les plus habiles plongeurs de perles ne peuvent re-ter

plus de deux rainut — 3 - l'eau, et les noyés ne peuvent générale-

". près six ou huit minutes de submersion totale, être rap-

la vie. Dans ces diverses circonstances d'asphyxie par

'air, les deux causes de mort, privation d'oxygène et

le cari -ent agir toutes deux, mais dans

riions iflerentes et variables. D'après de nombreux

- que nous ne pouvons rapporter ici, Paul Bert arrive à

te conclusion que la mort, dans l'air confiné, est déterminée chez

animaux à sang ..aud par le manque d'oxygène, et chez les

animaux à sang froid par la présence en excès de l'acide car-

Dans la mort naturelle, quelle qu'en soit la cause, le sang tant artériel que veineux est privé de tout son oxygène. De là cette opinion de P. Bert, un peu paradoxale dans son énoncé, que «. l'on meurt toujours d'asphyxie ».

b) L'o -; par intoxication a pour type l'asphyxie par

l'o carbone s'esl ce gaz qui joue le rôle toxique essentiel

: . - .-> hS] .;x:es par la vapeur de charbon ( Leblanc i. Dans ce

est le globule rouge qui est primitivement atteint ; nous avons

déjà vu... ' tlea caractères spectroscopiques du sang (p. 19!

:3e de carbone venait prendre la place de l'oxygène

dans l'hémoglobine, et l'on conçoit facilement que cette hémoglobine oxycarboLée devienne impropre à entretenir la combustion des tissus2; : ssi [ans l'as ; xie par l'oxyde de carbone y a-t-il abais- M .. : de la te I ire Cl. Bernard). On voit qu'en somme cette

.;:..- se réduH privation d'oxygène; mais cette priva-

: ion a un autre mécanisme que précédemment, elle est due uni-

i *." ., Paul Bert, .'. ru sur la respiration, Leçons XXVII et XX\ III. 2 La rapidité avec laquelle se fait cette intoxication est très gi : il resuite

des expériences que Grebant a pratiquées sur des chiens, que chez un animal qui respire de l'air contenant 1/10 d'oxyde de carbone, le sang artériel, entre la dixième et la vingt-cinquième seconde, renferme déjà 4 pour iUJ d'oxyde de carbone, et seulement 14 pour 100 d'oxygène ; qu'entre une minute quinze secondes et une minute trente seconde, l'oxyde de carbone se trouve dans le sang en très forte proportion (18,4 pour 100). tandis que la quantité de l'oxygène a diminué encore davantage et se trouve réduite à 4 pour 100. I. donc permis de conclure, avec Grehant, que si un homme pénètre dans un milieu fortement chargé d'oxyde de carbone, le poison gazeux est des la première minute absorbé par le sang artériel, c'est-à-dire qu'il prend presque instantanément la place de l'oxygène dans le globule, et rend celui-ci incapable

d'absorber de l'oxygène. D\ plus récentes recherches de Grehant

Jou ■:■,. de Vaiiat.'et de la physioL, 1889), la combustion du tabac à fumer produit de l'oxyde de carbone, mais le fumeur n'en absorbe pas tant qu'il ne fait pas pénétrer la fumée dans la trachée, tandis que l'absorption a lieu, en petite quantité du reste, quand on fume très vite en avalant la fumée.

PHENOMENES CHIMIQUES ASPHYXIE 4 if,

quement à ce que le globule sanguin ne peut plus être Le véhicule

de ce gaz '.

I/oxyde de carbone n'est pas un agent qui porte directement

une action toxique sur les tissus, car Paul Bert a démontré que

la présence de ce gaz ne modifie en rien les échanges gazeux qui

stituent la respiration élémentaire des tissus au contact de

Yox\ gène.

11 est des gaz qui vont agir directement comme principes toxiques sur les éléments anatomiques; ces faits ne sont plus des cas d'asphyxie proprement dite, au point de vue de Ja respiration; ce sont des empoisonnements produits par un agent gazeux : tels sont, par exemple, les composés du cyanogène.

Les recherches de P. Bert sur l'influence de l'air comprimé l'ont amené à la découverte de ce fait bien singulier et bien innattendu, que l'oxygène suffisamment condensé exerce une action toxique2. Lorsqu'on place un animal, un chien, par exemple, dans de l'oxygène pur à la pression de 5 ou 6 atmosphères, ou, ce qui revient au même, dans de l'air •ordinaire à la pression de 20 atmosphères, l'animal présente des symptômes véritablement effrayants, consistant en des attaques de convulsions toniques, analogues à celles que produit la strychnine, et qui alternent avec des convulsions cloniques. Ces accidents débutent dès que le sang artériel du chien, au lieu de la proportion normale de 18 à 20 centimètres cubes d'oxygène par 100 centimètres cubes, en contient 28 ou 30. Si la proportion atteint 35 centimètres cubes, la mort est la règle. Chose remarquable, les accidents convulsifs continuent alors que l'animal est ramené à l'air libre et que son sang ne renferme plus que la quantité normale d'oxygène. L'oxygène est donc un poison du système nerveux qui amène un abaissement notable de température, indice d'un trouble profond dans les phénomènes généraux de la nutrition. Le sang ici joue seulement le rôle d'un véhicule allant porter le poison aux tissus. Cette circonstance explique pourquoi l'empoisonnement apparaît plus lentement par l'effet de la compression, alors que la masse du véhicule qui sert d'intermédiaire c'est-à-dire du sang, a été diminuée par une saignée copieuse, par exemple.

Cette action sur le système nerveux, exercée par l'oxygène en excès, se produit non seulement chez les vertébrés aériens, mais aussi chez les poissons qu'on voit périr quand l'eau renferme plus de 10 volumes d'oxygène. Les invertébrés eux-mêmes ne jouissent d'aucune immunité relativement à l'action toxique de l'air comprimé. P. Bert s'est appliqué à rechercher la nature de l'altération produite dans les phénomènes nutritifs sous l'influence d'un excès d'oxygène. Les manifestations les plus

1 V. Cl. Bernard, Leçons sur les anesthésiques et sur l'asphyxie Paris, 1875.

2 Paul Bert, Leçons sur la physiologie comparée de la respiration Paris, 1870.

frappantes sont une diminution des phénomènes d'oxydation occasionnée par une moindre absorption d'oxygène pendant l'intoxication, un abaissement de la proportion de l'acide carbonique contenu dans le sang, puis une diminution dans la production de l'urée. L'abaissement de température est un corollaire naturel de cette réduction de tous les processus chimiques consécutifs à la fixation de l'oxygène dans l'organisme. C'est ainsi que P. Bert a constaté, dans une atmosphère d'oxygène comprimé, le ralentissement ou même la cessation d'un grand nombre de phénomènes chimiques du groupe des fermentations, dont le résultat final est soit une oxydation, soit un dédoublement, soit encore une simple hydratation. Paul Bert a donc été amené à cette conclusion générale que l'air comprimé a un certain degré tue rapidement tous les êtres vivants, et que cette action redoutable est due non à la pression de l'air considéré comme agent physico-mécanique, mais à la tension de l'oxygène comprimé. En effet, il a démontré que sous l'influence de l'oxygène à forte tension, les combustions corrélatives au mouvement vital sont diminuées ou même supprimées; qu'en un mot une oxygénation trop forte des tissus en empêche l'oxydation1.

E. Résultats généraux de la respiration. — L'échange gazeux au niveau des poumons n'est donc que la résultante des produits des respirations (combustions) partielles qui se passent au niveau des différents départements de l'organisme. Or, comme respirer c'est vivre, c'est fonctionner, la grandeur des échanges gazeux pulmonaires nous donne la mesure de la vie, de l'énergie du fonctionnement de l'organisme en général. Aussi remarque-t-on, selon les circonstances, des variations assez considérables dans les quantités d'oxygène absorbé et d'acide carbonique exhalé ; ainsi on a pu établir que ces. échanges sont en raison directe de l'activité des organes ; qu'ils sont plus considérables dans la veille que dans le sommeil; qu'après le repas on absorbe plus d'oxygène et exhale plus d'acide carbonique ; que le mouvement et en général le travail musculaire amènent ces échanges à leur plus haut degré ; que le travail intellectuel les augmente aussi, puisque les cellules nerveuses et les éléments nerveux en général consomment de l'oxygène comme tous les autres éléments et surtout au moment de leur fonctionnement.

On dirait même que, de tous les tissus, celui quia le plus besoin de l'oxygène, c'est-à-dire du sang artériel, c'est le tissu nerveux; les premiers symptômes de l' asphyxie sont des troubles nerveux,

1 Paul Bert, Compt. rend, de VAc. des sciences, passim, de 1871 à 1873, et Recherches expérimentales sur V influence que les modifications de pression barométrique exercent sur les phénomènes de la vie, Paris, 1874 (Annal, des se. nat.). — La pression barométrique, recherches le physiologie expérimentale, Paris, 1877.

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