NUTRITION EN GÉNÉRAL
Les progrès de la physiologie générale permettent aujourd'hui de tra ... sons le titre à' étude de la nutrition en général, une esqi is» les .apports les plus essentiels entre les phénomènes que nous venons dYtudier dans les chapitres précédents (digestion. circulation, respiration» et ceux qui seront l'objet des chapiti suivants sécrétions et excrétions en particulier). — La présente étude sera de plus un complément de celle que nous avons faite sur ia sécrétion en général (ci- dessus, p. 292).
I>'une manière générale, on désigne sous le nom de nutrition, l'ensemble des échanges qui se : ..: entre l'organisme vivant et le milieu qui l'entoure.
La nutrition, chez les animaux, comprend à la fois des actes préparatoires et des actes intimes qui se passent au niveau des tissus. es éJ iments anatonrques. Mais ces actes préparatoires sont tellement distincts, qu'ils sont aujourd'hui classés en physiologie comme . ïs fonctions particulières : digestion, ou actes de transformation
- - stances alimentaires; absorption, ou pénétration des substances transformées dans le sang ; circulation, ou transport du sang et de ces substances jusqu'au niveau de tous les tissus, de tous les éléments anatomiques. Au niveau des éléments anatomiques se produisent, au contact du sang, les phénomènes auxquels on réserve spécialement aujourd'hui le nom de nutrition: ce sont les - [ui s " ':. Missent plus ou moins directement entre le sang et les tissus, les actes par lesquels certaines glandes modifient la composition du sang, etc.
Lu sang dans la nutrition» Distinction des actes successifs de la lion. — Le sang est le milieu intérieur dans lequel
vivent les éléments anatomiques; il leur apporte les matériaux à
assimiler, il entraîne loin d'eux les substances résultant de la désassimilation.
Pour que cette nutrition (U>* éléments anatomiques s'effectue normalement, la composition de ce milieu intérieur ne doit pas subir
des oscillations trop considérables; si les substances qui y sont normalement contenuess'y trouvent dans des proportions exagérées, les éléments de tissus subissent des modifications fonctionnelles qui
se traduisent souvent par des altérations matérielles faciles à cou stater. Ainsi, par exemple, il est un tissu, celui du cristallin, qui nous donne une mesure de l'influence que peut exercer l'état de plus ou moins grande richesse du sang eneau,c'est-à-direla concentration du milieu intérieur (par perte d'eau ou bien par excès de substances salines ou autres en dissolution dans le plasma). On sait que lorsque, sur une grenouille, on introduit dans le tube digestif une forte dose de sel marin ou de sucre, telle que son absorption amène le sang à un haut degré de concentration, on voit bientôt le cristallin devenir opaque, parce qu'il cède une partie de son eau au sérum sanguin. Dès que l'on remet l'animal dans les conditions nécessaires pour que le sang reprenne son eau normale de constitution et rende au cristallin celle qu'il lui avait empruntée, l'opacité de la lentille disparaît aussi rapidement qu'elle s'était montrée. Un phénomène analogue se produit en clinique ; chez les malades diabétiques, c'est-à-dire hyperglycémiques,il est connu sous lenom de cataracte diabétique. Du reste, il est bien d'autres symptômes du diabète qui s'expliquent par le fait de la concentration du sang, c'est-à-dire par le fait des échanges endosmo-exosmotiques qui se font alors entre lui et les tissus; on sait, par exemple, que, chez le diabétique, l'eau ingérée pour satisfaire sa soif intense n'est pas éliminée de la même manière que chez l'individu sain ; elle passe beaucoup plus lentement dans les urines: c'est que, lorsque le diabétique boit, l'eau absorbée vient diluer le sang; mais, comme les tissus ont cédé au milieu intérieur, concentré par son état hyperglycémique, une partie de leur eau, ils enlèvent alors par extraction exosmotique au sérum du sang la quantité d'eau qu'ils avaient précédemment perdue. C'est pour cela que la diurèse, c'est-à-dire l'évacuation abondante d'urine, ne se fait pas, après l'ingestion d'eau, aussi rapidement chez le diabétique que chez l'individu sain.
Mais de pareilles ruptures d'équilibre ne sauraient constituer l'état normal : cependant les ingestions sont intermittentes, et si la composition du milieu intérieur (sang artériel général) reste relativement constante, c'est que la masse sanguine établit des rapports complexes entre les différents départements de l'organisme ; en tel lieu, certaines substances sont emmagasinées, mises comme en
serve, et ne reparaissent dans le sang qu'au fur et à mesure des besoins des antres tissus : ce sont là des phénomènes intermédiaires à l'absorption d'une part, d'autre part à la nutrition proprement dite. Le plus, quand les tissus ont rejeté dans le sang leurs produits
ssimilation, ce milieu intérieur peut servir semblablement à établir des rapports i s entre ces tissus et des organes où s'achèvent les métamorphoses chimiques des produits de désassimilation: ce -ont la des phénomènes intermédiaires entre la désassimilation au niveau destissus d'unepart, et d'autre part les actes de sécrétion excrémentitielle ou de rejet au dehors de l'organisme.
1 -'ii voit donc que l'étude delà nutrition, en ne comprenant cenomqueles métamorphoses que subissent lessubstances nutritives
puis leur arrivée dans le sang jusqu'à leur départ, sous forme de duits excrémentitiels, dans le- sécrétions, doit passer en revue une série d'actes très complexes et dont, il tant bien le reconnaître. quelques-uns sont peu connus dans leur nature, à peine soupçonnés dans leur mécanisme. Dans l'état actuel de la science, aborder l'analyse de ces phénomènes de nutrition, c'est tracer un cadre, indiquer un programme sel n lequel il nous est permis d'entrevoir que les progrès de la ,.../ si logie expliqueront ultérieurement ces phénomènes; c'est cherchera localiser les diverses phases de ces -actes intimes: s'il est peu de points de ce sujet sur lesquels nous ons en possession de connaissances complètes, permettant une théorie achevée, nous - mmes ou moins en mesure de démontrer combien les théories anciennes sont exclusives, peu en rapport avec les faits, insoutenables en un mot.
Le- considérations qui précèdent indiquent assez l'ordre que nous
ivrona dans cet exposé. Nous étudierons : ifl les fonctions par lesquelles des substances introduites dans le milieu inférieur sont mises en réserve dan- de- org nés ] lus ou moins nettement détermines : ce sont la des actes que nous pouvons considérer comme préparatoire* de la nutrition proprement dite: 2 les actes de nutrition proprement dite, c'est-à-dire d'assimilation et de désassimilation au niveau des éléments anatomiques en général; 3° les actes complémentaires ou d'achèvement de la désassimilation.
Cett^? triple série de phénomènes renferme le cycle complet de l'évolution assimilatrice et dé.-a.-similatrice des matérieux nutritifs au sein de l'organisme.
Mais nous ne devons pas perdre de vue ce fait que, des trois phases sns-indiqoées, c'est la phase moyenne, celle qui se passe au niveau des éléments anatomiques. qui est la plus importante. La nutrition proprement dite ne commence, nous le répétons, qu'au moment où les éléments anato-