‹ Cours de physiologieChapitre 162 sur 260 · I. - Sensations générales · texte numérisé non relu

I. - Sensations générales

Les sensations générales sont très répandues. Un grand nombre de surfaci s ne donnent lieu qu'à ce genre de sensations, qui ne nous révèlent nullement les qualités des corps impressionnants, mais ne manifestent leur action que par dos impressions difriciles à définir, telles que le plaisir, la douleur, ou même des effets encore plus difticiles à préciser et qui rentrent en grande partie dans les phénomènes réflexes, comme, par exemple, le chatouillement.

Ainsi \e^ surfaces muqueuses en général ne nous donnent que des sensations très vagues. La muqueuse digestive ne nous avertit que peu. ou pas du tout, de la forme, de la température et des autres propriétés des corps mis en contact avec elle, excepté vers sa partie supérieure (bouche), où elle présente une disposition toute particulière, de façon à devenir le siège d'une sensation spéciale, à constituer un organe des sens (goût) que nous étudierons bientôt. Mais dans les cas de fistule de l'estomac ou des intestins, on a pu introduire dans ces canaux divers corps, toucher leur surface interne avec divers excitants, sans que le sujet ait éprouvé aucune perception nette, aucune sensation, par exemple, de la nature de celles que nous étudierons sous le nom de tact.

La sensation vague qui nous avertit du besoin de nourriture semble être une sensation gastrique. On croit pouvoir localiser la faim dans la partie supérieure du tube digestif; néanmoins nous avons déjà vu que cette sensation tient à un malaise général ; que c'est un appel fait par le sang devenu trop pauvre. La localisation de cette sensation tient peut-être simplement à cotte connaissance que ifous possédons, à savoir qu'elle cesse quand nous introduisons des aliments dans l'estomac1. Il en est de même dans la soif. Le sentiment

i « J'ai eu occasion d'interroger sur ce point un certain nombre de militaires, me tenant de préférence à des individus sans connaissances anatomiques, pour ne pas obtenir des réponses influencées par une localisation

de sécheresse de la gorge tient à une diminution de sécrétion dans ces parties et en général dans tout l'organisme, car la diminution de la sueur et celle de l'urine coïncident avec cette sécheresse dans la majorité des cas.

A l'autre extrémité du tube digestif, quelques sensations peuvent devenir plus distinctes ; par exemple, la sensation du besoin de défécation, dont le siège est cependant difficile à définir. Nous le plaçons ordinairement au niveau du rectum, mais il parait pouvoir siéger dans le tube intestinal, comme le prouvent les cas d'anus contre nature (Y. p. 388). Cette sensation nous apprend seulement que le rectum est prêt à évacuer les matières qui le remplissent. La défécation, qui suit le besoin, est un phénomène entièrement réflexe, et que nous avons longuement étudié déjà. La sensation agréable qui suit la défécation est celle de la difficulté vaincue: cependant au lieu de cette sensation agréable, nous pouvons éprouver une douleur toute particulière connue sous le nom de ténesme. dans les cas d'irritation intestinale ou rectale, qui fait que nous sentons le besoin d'expulser les matières fécales alors même que nous n'en avons plus dans l'intestin.

Sur la muqueuse des voies pulmonaires, un corps étranger ne fait éprouver aucune sensation nette : ses aspérités, sa forme, sa température, ne sont que peu ou pas senties: mais le corps étranger produit un sentiment très vague de douleur, de gêne, et amène aussitôt un réflexe qui nous force à tousser même malgré nous, pour en produire l'expulsion. Souvent des corps introduits dans ces voies n'ont révélé leur présence qu'à l'autopsie. La surface pulmonaire proprement dite semble être le siège de sensations agréables (respirer l'air pur) oudésagréables(l'airviciéet confiné), qui ont en réalité un siège plus général, et qui, déplus, comme la faim et la soif, sont en rapport avec le besoin qu'éprouve l'organisme entier d'une plus ou moins grande quantité d'oxygène.

La ?nuqueuse gènito-urinaire , que nous étudierons en dernier lieu, ne nous présentera aussi la plupart du temps qu'une sensibilité fort obtuse, toute subjective, d'ordinaire mal localisée, et nullement propre à nous renseigner sur la nature des excitants. Il n'y a pas de sensations proprement dites pour le rein, les testicules, l'ovaire. Nous analyserons plus tard le besoin d uriner ; nous

involontaire de la sensation. Plusieurs m'indiquèrent vaguement le cou ou la poitrine. 23 le sternum, 4 ne surent localiser la sensation dans aucune région déterminée, et 2 seulement me désignèrent l'estomac comme siège de la faim. C'étaient deux infirmiers ayant, par conséquent, une teinte de connaissances anatomiques. » (Schiff, Physiologie de la digestion, Florence, 1866).

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