SEN8ATI0NS GENERALES
(Weber), et, chose remarquable, cette sensibilité pour Boulever les poids est bien plus line que celle pour la pression déterminée par ces poids (V. |>lus loin : Sens du toucher)^ ce qui preuve encore une fois que la sensibilité musculaire est bien distincte de la sensi bilité de la peau.
Cependant l'étude <lu sens musculaire, dont l'existence et la signification nous paraissent incontestables, présente encore de prrandes obscurités, ce qui fait que plusieurs auteurs ont refusé de l'admettre (Trousseau), et que quelques autres l'interprètent différemment Ainsi, pour Wundt, « le siège des sensations du mouvement ne [tarait pas ître dans les muscles eux-mêmes, mais bien dans les cellules nerveuses motrices (de la substance grise antérieure de l'axe spinal), parce que nous n'avons pas seulement la sensation d'un mouvement réellement exécuté, mais même celle d'un mouvement simplement voulu ; la sensation de mouvement parait donc liée directement à l'innervation motrice » (aussi Wundt lui donne-t-il le nom de sensation d'innervation l). Cependant il est probable que cette sensation, à laquelle nous sommes redevables de sentir le degré de contraction de nos muscles (sens de l'activité musculaire, Gerdy), est la même qui préside au sentiment de fatigue qui se produit à la suite des exercices modérés, mais très longtemps continués, et qu'elle a pour siège les libres contractées. Le sentiment de fatigue qui se développe après un violent effort semble, au contraire, résider principalement dans les tendons (Sappey).
1 V. encore les recherches de Beruhardt (Zur Lehre von Muske'sinn, analysé in Revue des sciences médicales de G. Hayem, janvier 1873). Cet auteur pense, comme J. Millier. Ludwig, Bernstein (les Sens, volume de la Bibliothèque scientifique internationale), que le sens musculaire se réduit à la faculté d'apprécier exactement l'intensité de l'excitation qui part de l'encéphale pour aller provoquer le mouvement voulu. Déterminant la contraction • les muscles par la faradisation. il remarqua qu'il devenait plus difficile au sujet en expérience de reconnaître la différence des poids qu'il soulevait, différence qu'il appréciait très bien lorsque la contraction se taisait sous l'influence de la volonté. Bernhardt eu conclut que le sens de la force est une fonction psychique, mais il reconnaît que les impressions sensi tives nées des parties nielles qui a voisinent les muscles contribuent puissamment a compléter la notion fournie par les centres volitils. Le sens musculaire proprement dit n'existerait donc pas pour lui. (l'est a un point de vue semblable que Trousseau a également nié l'existence du sens musculaire, rapportant tout à la sensibilité des parties nielles déplacées par le mouvement. (Voy. art. Ataxie in Nouv. Dict. de mél. et de chir.prat., t. III. p. 77G.) — D'autre part, dans Recherches expérimentâtes et cliniques sur la sensibilité, thèse, Paris. 1877, {'Ai. Hiehet. avant étudie avec soin plusieurs amputés, a observe, relativement aux phénomènes connus sous le nom d'illusion des amputés (V. ci-dessus Extérioration des sensations, p. iO0),que, pendant les premiers jours qui suivent l'opération, les malades accusaient une sensation bizarre