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SENS DE L'AUDITION

A. Oreille externe.

nKhlI.l.K EXTERNE

Le pavillon de l'oreille ou conque est un organe assez peu sensible par lui même, et ne jouissant que d'une sensibilité générale et tactile assez obtuse; les ornements dont on le charge souvent, même chez les peuples civilisés» mettent à peine enjeu sa sensibilité. 11 est essentiellement composé d'un cartilage à renversements et contournements particuliers, qui semblent devoir en faire un organe de collection; et en effet, chez les animaux, sa direction et sa forme peuvent être changées par l'action de muscles intrinsèques et extrinsèques, qui les mettent en rapport avec l'attention que les animaux prêtent à tel ou tel bruit.

Chez l'homme, ces muscles sont rudimentaires, et tout au plus les extrinsèques se contractent-ils en même temps que l'appareil fronto-occipital dans les plus hauts degrés de l'attention.

Ce pavillon ne sert que peu à renforcer les sons, car ceux qui en sont privés n'éprouvent guère de modification sensible dans la finesse de l'ouïe. Mais le pavillon paraît être utile pour juger de la direction des sons; une personne qui en est privée, ou un expérimentateur qui le supprime momentanément, soit en l'aplatissant fortement contre la tète, soit en remplissant ses circonvolutions de cire, se trouvent relativement désorientés, quant à la direction dans laquelle viennent les sons ; c'est sans doute par de légères modifications de l'intensité du son, produites par la manière dont les ondes sonores viennent frapper et se réfléchir sur le pavillon, que nous jugeons de leur direction, de leur origine. Nous jugeons aussi de cette direction, grâce à la perception inégale par les deux oreilles ; aussi ne pouvons-nous que rarement distinguer si un son arrive droit devant nous ou droit derrière nous; dans ce cas, nous

Fig. 153. — Schéma de l'ensemble de l'appareil auditif de l'homme*.

* On voit de droite à gauche lY>reilie externe, ]e conduit auditif, la caisse du tympan avec la chaîne des osselets et la trompe ci'Eustache, le labyrinthe (Dalton, Physiologie et Hygiène).

M. Du val, Physiol.

tournons légèrement la tête, et inclinons l'une des oreilles dans la •direction de l'origine présumée du son '.

Le conduit auditif externe est déjà plus important, car s'il est ■obstrué, l'audition est diminuée. Il offre deux moyens de transmission du son : la colon ne d'air qui est dans sonintérieur, et \esparois cartilagineuses et osseuses qui le forment: ces parois, entrant ■en vibration, peuvent transmettre directement leurs ondes aux os delà tète, et de là un liquide labyrinthique. et on conçoit qu'alors la transmission est beaucoup plus facile, puisque les vibrations se propagent dans des milieux solides. Ce conduit auditif est encore très remarquable par sa sensibilité toute spéciale ; à son entrée .-sont des poils de fortes dimensions, et dès que ces poils sont -touchés, ou dès qu'une excitation se porte un peu plus profondément, il survient soit des réflexes singuliers et inattendus comme Veiivie de vomir, soit un sentiment de malaise et de trouble général, qui nous avertit du danger que court l'appareil de l'audition; en un mot, ces phénomènes rentrent dans ceux de la sensibilité générale et nullement dans ceux du toucher. C'est dans ce canal (portion cartilagineuse et fibreuse' que se trouvent les glandes cérumineuses, glandes sudoripares particulières qui sécrètent un liquide plus dense que la sueur des autres régions du corps, et chargé de gouttelettes graisseuses. Mais l'humeur onctueuse, épaisse, analogue à une cire jaune, et qu'on trouve dans le conduit auditif, est formée en réalité par le mélange du produit des glandes cérumineuses et de celui des glandes sébacées annexées aux poils susindiqués. Ce cérumen a pour effet de fixer les corps qui pourraient s'introduire dans le fond du conduit auditif externe, et nuire aux fonctions de la membrane du tympan.

i C'est ce que Gellé a bien montré dans ses expériences avec son tube inter* auriculaire : cet appareil se compose d'un tube en caoutchouc, d'un calibre moveu. dont les deux extrémités sont armées d'embouts de buffle garnis de cire pour faciliter leur fixation dans les méats. Quand le tube est fixé dans les deux méats, les deux oreilles ne reçoivent plus de sons que ceux que leur transmet le tube avec une intensité que ne modifient pas les mouvements de la tête et sans vibrations possibles du pavillon. Or. dans ces circonstances. r tentation auditive est entièrement supprimée, comme le prouve l'expé rience suivante. L'anse du tube passant en face du sujet, une montre e^t mise en contact avec la partie moyenne de cette anse^ le sujet voit la montre devant lui. et annonce qu'il entend un son unique (fusion des impressions bi-auriculaires) qui vient d'en avant. On lui ordonne alors de fermer les yeux, on passe ie rerement et rapidement par dessus sa tète l'anse de caoutchouc jusque derrière lui. et la montre, étant de nouveau mise en contact avec la partie venue du tube, le sujet, interroge sur le lieu d'origine du tic tac. croit encore que la montre est en avant de lui. (Gellé. Exploration de la sensibilité au moyen du tube interauriculaire. Paris, liTT.)

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