‹ Cours de physiologieChapitre 173 sur 260 · IV. SENS DU L'AUDITION · texte numérisé non relu

IV. SENS DU L'AUDITION

Le sens de V audition a pour effet de nous faire percevoir les ondes sonores, que les corps en vibration produisent dans le milieu ambiant (air ou eau).

V appareil de l'audition est très compliqué; pour le comprendre, il faut d'abord voir ce qu'il est chez les animaux où il présente le plus de simplicité, chez les animaux qui vivent dans l'eau. La partie essentielle et fondamentale de l'organe de l'ouïe, tel qu'on le trouve constitué chez les poissons les plus inférieurs, se compose d'un petit sac plein de liquide, dans lequel des fibres nerveuses viennent se terminer en se mettant en rapport avec un épithélium particulier, muni de prolongements analogues à de grands cils, ou à de petites verges susceptibles de vibrer parles mouvements du liquide. Ainsi les ondes du milieu ambiant (liquide) se transmettent presque directement aux terminaisons nerveuses qu'elles ébranlent. Chez tous les animaux supérieurs, cet organe se retrouve ; c'est le saccule et Y utricule. A ceux-ci viennent s'ajouter des diverticules analogues, représentant des poches de formes diverses, mais toujours pleines de liquide; ce sont, d'abord, chez les poissons supérieurs, les canaux semi-circulaires ; puis, chez les reptiles et surtout chez les oiseaux, un canal circulaire tout particulier, très long et très compliqué, qui se contournesur lui-même en s'enroulant comme un escalier en spirale, le limaçon en un mot. Le tube de ce limaçon est même divisé, par une cloison que l'on nomme lame spirale, (simple en dedans, double en dehors) en trois rampes: la rampe moyenne, dite rampe auditive, communique avec le saccule, et contient les organes nerveux terminaux les plus essentiels; elle est comprise entre les deux autres rampes (espaces périlymphiques) qui communiquent l'une avec l'autre vers le sommet de l'organe, mais qui, vers la base, communiquent l'une avec le reste de Y oreille interne ou vestibule (rampe vestibulaire), l'autre avec l'oreille moyenne ou tympan (par la fenêtre ronde, rampe tympanique).

Cet ensemble des sacs membraneux (utricule et saccule), des canaux semi-circulaires et du limaçon forme Y oreille interne des vertébrés supérieurs. Le nerf auditif, ou nerf de la huitième paire, vient s'y terminer par des organes de formes diverses en apparence, mais qui se ramènent tous au même type, celui d'appareils susceptibles d'être ébranlés par les vibrations du liquide dans lequel ils baignent ; ce sont, au niveau des sacs membraneux (utricule et saccule), des cellules épithéliales en contact avec des

cristaux de carbonate de chaux (otolithes), qui viennent frapper contre elles à chaque oscillation du liquide; ce sont, dans les canaux semi-circulaires (ampoules de ces canaux), des cellules épithéliales munies de cils longs et raides et directement ébranlables. Au niveau du limaçon, la disposition est plus compliquée: la branche cochléenne du nerf auditif vient s'étaler sur la membrane spirale dans 3 ou 4000 petits organes articulés (organes de Corti), dont la description ne peut trouver place ici, et qui, en définitive, se ramènent par la pensée à des pièces soudées et pouvant subir un mouvement de balancement sous l'influence des oscillations du liquide ambiant. Toute cette oreille interne ou labyrinthe provient d'une végétation profonde des téguments de la partie latérale de la tête de l'embryon , végétation qui s'isole ensuite plus ou moins de la surface qui lui a donné naissance. Ainsi l'organe de Corti lui-même est une production épidermique.

A l'oreille interne s'ajoute, chez les animaux à vie aérienne, un. appareil de perfectionnement : c'est Y oreille moyenne ou caisse du tympan. Cette nouvelle partie, inutile chez les animaux aquatiques où les ondes sonores se transmettent facilement du liquide ambiant au liquide labyrinthique, est nécessaire pour faciliter le passage des ondes d'un milieu gazeux dans le milieu liquide de l'organe ; on sait, en effet, que le son éprouve une grande difficulté à passer de l'air dans l'eau. V oreille moyenne est une caisse creusée dans le rocher, et contenant un appareil de conduction destiné à faciliter cette transmission (fig. 155) ; c'est une tige osseuse plus ou moins régulière, qui va de l'oreille interne (fenêtre ovale) vers la membrane du tympan ; cette dernière membrane est en contact direct avec l'air extérieur, quoique placée au fond d'un appareil collecteur, appelé oreille externe (composée du pavillon de l'oreille et du conduit auditif externe). D'une manière schématique, nous pouvons comprendre tout cet ensemble en réduisant Y oreille interne à une goutte de liquide : sur ce liquide, nous supposons appliquée une membrane qui peut vibrer (membrane de la fenêtre ovale et base de l'étrier), et qui vibre, en effet, par l'intermédiaire d'une tige solide, la chaîne des osselets, dont l'autre extrémité est en rapport avec un appareil collecteur, la membrane tympanique et la cavité de la conque. Comme la deuxième membrane (la plus profonde, fenêtre ovale) est beaucoup plus petite que la première (M. du tvmpan), il en résulte que la moindre vibration communiquée à celle-ci ébranle fortement celle-là. Nous pouvons maintenant étudier le rôle de ces parties en les prenant en sens inverse, c'està-dire de dehors en dedans, dans le sens que parcourt la progression des ondes sonores elles-mêmes.

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