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CANAL DE WOLFF

Mais bientôt sur le canal de Wolff se disposent une série de tubes qui, par un processus de formation pour lequel nous renvoyons aux traités d'embryologie, prennent naissance par des diverticules creux émanés de la cavité pleuro-péritonéale, mais perdent très vite toute connexion avec cette cavité (du moins chez les vertébrés supérieurs) ; ces tubes apparaissent alors comme partant du canal de Wolff et se dirigeant en dedans (vers l'axe de l'embryon; fig. i7G) et constituent ce qu'on nomme les canaux du corps de Wolff. Dès lors, le corps de Wolff se présente, sur les coupes perpendiculaires à l'axe de l'embryon, comme une masse nettement circonscrite, faisant fortement saillie dans la cavité péritonéale de chaque côté du mésentère (fig. 176 B). Cette masse est tapissée, à sa surface libre, par un épithélium différent de celui qu'on rencontre sur les autres surfaces limites du cœlome. Tandis que sur la surface interne des parois abdominales, sur la mésentère, sur la surface externe de l'intestin, etc., l'épi thélium est mince et plat, revêtent déjà les caractères de l'endol hélium des séreuses, l'épitbélium qui tapisse la surface du corps de Wolff est formé de cellules longues et cylindriques (fig. B). Cette couche plus ou moins épaisse de cellules cylindriques a reçu de Waldeyer le nom d'épithélium germinatif (Keimepithel), parce que c'est elle qui, par deux processus en apparence 1res différents, mais qui sont au fond de même nature, donnera lieu à la formation de la trompe (canal de Millier), d'une part, et à celle des ovaires avec les ovules, d'autre part1.

C'est sur la face externe du corps de Wolff que se forme le canal de Mùller. Il a pour origine, d'après Waldeyer, un pli longitudinal de l'épithélium germinatif qui s'enfonce dans le tissu connectif de la partie latérale externe du corps de Wolff (en M, fig. 177). Ce pli, en s'isolant bientôt de la couche épithéliale superficielle, se ferme et constitue un tube ; mais en haut, c'est-à-dire à son extrémité antérieure, ce pli ne se ferme pas, et le tube reste largement ouvert en ce point. Ainsi se trouvent constitués la trompe et son pavillon.

Sur la face interne de la saillie du corps de Wolff apparaît le premier rudiment de la glande génitale, sous forme d'une petite proéminence que revêt une couche très épaissie d'épithélium germinatif (en 0, fig. 176, B ; eten 0, fig. 177). Cet épaississement épithélial se rencontre aussi jbien chez l'embryon qui évoluera dans la direction du sexe femelle que chez celui qui deviendra un mâle. A ce moment, on aperçoit, au milieu des cellules de cet épithélium germinatif, des formes particulières, remarquables par leur contour sphérique, leur noyau très développé, leur nucléole facilement visible : ces cellules sphériques ne sont autre chose que les premiers ovules formés (ovules primordiaux), et on les rencontre, chose remarquable, aussi bien dans l'épaississement épithélial de la future glande mâle que dans celui de la future glande femelle. Enfin, à la partie profonde de la saillie génitale, et en contact intime avec elle, on aperçoit, sur les coupes, les tubes de la portion supérieure du corps de Wolff (ic, w, ûg. 177), tubes qui se distinguent de ceux de la portion inférieure par leur calibre plus étroit, et par leur épithélium plus clair. On donne a cette région supé-

1 Waldeyer, Eierstock und Ei, Leipzig, 1879.

rieure du corps de Wolff le nom de partie génitale ou sexuelle, la région inférieure étant plus spé:-ialement considérée comme partie urinaire embryonnaire . Voyons comment cette première forme de glande sexuelle indifférente se tranforme en testicule ou en ovaire.

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Fig. 177. — Corps de Wolff d'un embryon de poulet au cinquième jour de l'incubation*.

Dans les premières phases suivantes de son développement cette glande reste encore un certain temps indifférente, ou pour mieux dire, hermaphrodite. En effet, qu'elle doive évoluer selon le type mâle ou le type femelle, on voit toujours l'epithélium germinatif avec les ovules primordiaux qu'il renferme, et qui se multiplient, former, dans le tissu mes dermique sous-jacent. des poussées qui donnent naissanee a des cordons cellulaires : ces cordons cellulaires, auxquels on donne le nom de tubes

Pflûger, sont donc formés par des amas cylindriques de cellules de l'epithélium germinatif, renfermant de place en place des ovules primordiaux.

Si la glande sexuelle doit évoluer selon le type testicule, on voit alors que, dans les tubes de Priiiger mâles, les ovules primordiaux s'atrophient.

* A. aorte ; — au, sut, mésentère l'intestin n'est pas compris dans la ngur- : — pa, paroi abdominale latérale; — G. ramification vasculaire Tenue de l'aorte et allant former un glomérule du corps de Wolif ou rein primitif : — W, coupe du canal de Wolff : — r. . \ ■.:. coupes diverses des ramifications des canaux seconda: du corps de "Wolfif; — GW, un de ces canaux en rapport avec un glomérule) ; — 1. stroma de la glande génitale ; — O, épithélium de la glande génitale (épithéliom germinatif très épaissi et montrant déjà des ovules primordiaux ; — M, involution -jithelium germinatif donnant naissance au canal de Mûller.

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