ORIGINE DE8 GLANDES GENITALES
de sorte que ces tubes finiront par n'être plus constitués que par des cellules de L'épithélium germinatif. Ces tubes représentent «lès lors les tubes seminifères, et c'est leur épithélium qui plus tard donnera naissance, par des transformations spéciales, aux spermatozoïdes. Ces tubes se mettent, en eilet, en connexion avec les canaux de la parti.; sexuelle du corps de Wolff, partie qui représente dès lors l'épididyine (V. ci-après, p. 679, la fig. 192, côté A, en i); la partie urinaire du corps de Wblff s'atrophie, et ne laisse comme trace que le corps innommé de Giraldès, paradidyme de Waldeyer (fig. 192, c«>t<; A, en 2 et en x). Pour Lauth, Follin et Robin, le < s aberrans de Ilaller (x, fig. 192) n'est, lui aussi, autre chose qu'un débris du corps de Wolff; le canal de Wolff devient canal déférent; quant au canal de Millier, il s'atrophie, et ses deux extrémités seules subsistent sous forme d'organes rudimentaires, incompréhensibles sans le secours des données embryologiques ; son extrémité supérieure forme l'hydatide de Morgagni (h, fig. 192, p. 679), petite vésicule kystique placée au-dessusde la tète de l'épididyine ; son extrémité inférieure forme, en se réunissant à celle du côté opposé, l'utricule prostatique qui s'ouvre au sommet du verumontanum (fig. 184, p. 656).
Si, au contraire, la glande sexuelle primitive doit évoluer selon le type femelle, les tubes de Pflùger ne restent pas sous la forme de tubes ; ils s'étranglent de places en places, de façon à prendre la forme de chapelets dont chaque grain est constitué par une masse d'épithélium germinatif entourant un ovule primordial. Bientôt ces chapelets s'égrènent; les grains devenus indépendants constituent alors autant de vésicules de de Graf ou •visacs, formés d'un ovule central entouré d'épithéliums germinatif (ou membrane granuleuse de Vomsac; voir ci-après). Il va sans dire que dans ces conditions aucune connexion ne s'est établie entre les tubes de Pfliïger femelles et les canaux de la partie sexuelle du corps de Wolff. Nous reviendrons plus loin sur quelques-uns de ces détails (V. Ovaire, ci-après, p. 078) ainsi que sur les restes du corps de Wolff chez la femme.
Nous avons parlé du canal de Wolff et du canal de Millier ; pour en compléter l'étude, il nous suffira d'ajouter que ces canaux viennent s'ouvrir, chez le mâle comme chez la femelle, dans la partie postérieure du tube digestif, au niveau du point où ce tube donne naissance à un bourgeon creux destiné à former la vésicule allantoïde (fig. 178, 1 en B, et 2 en S-U, sinus uro-génital). En même temps, la partie tout inférieure du canal de Wolff donne naissance à un bourgeon creux qui se développe en montant derrière lui et va former la glande rénale (fig. 178, 2, en 3).
Si donc on considère surtout les connexions de ces différentes parties avec le tube intestinal, on peut décrire de la manière suivante les dispositions de ce tube à cette époque. 11 présente à son extrémité inférieure (fig. 178) un bourgeon (B); et l'éperon E, qui sépare le tube primitif du bourgeon récent, s'accentuant de plus en plus, on trouve bientôt à ce niveau deux cavités : 1° l'ancienne cavité du tube digestif, qui formera le rectum; 2o en avant, une cavité uro-génitale ou sinus uro-gènital, qui est en connexion avec les tubes sus-indiqués de l'appareil génito-urinaire.
lo Le premier de ces tubes (fig. 178, 2, en 1) présente lui-même destubes latéraux qui en font un organe penniforme. C'est le corps de-
APPAREIL GENITO-URINAIRE
Wolff\ qui parait jouer un rôle important dans la vie fœtale, car il se •développe beaucoup et occupe une grande partie de la cavité abdominale. A cette époque, il renferme des éléments analogues aux glomérules de Malpighi du rein, et il paraît remplir les fonctions que remplira plus tard •cet organe; aussi lui a-t-on donné le nom de rein primordial (Jacobson l, Rathke). Mais vers la fin de la première moitié de la vie fœtale, ces organes s'atrophient et disparaissent presque totalement chez le fœtus femelle,
tandis qu'ils contribuent à former, nous l'avons dit ci-dessus (p. 635), une partie des organes génitaux .mâles.
2° Le second tube ne présente pas de végétations secondaires. C'est le simple tube connu sous le nom de conduit de Millier (fig. 178-2, en 2). Ce conduit est essentiellement appelé à constituer les parties les plus importantes des organes génitaux de la femme : les trompes et l'utérus ; chez l'homme, il ne forme que des organes relativement inutiles, vestiges de l'état embryonnaire, comme Yutricule prostatique et un petit appendice de l'épiâiàyme (Y h yda.tidepédiculcede^lovgagm).
3° Le troisième tube ou csecum (fig.
178-2, en 3) présente un grand nombre de végétations secondaires, mais qui se font à l'extrémité du canal, et en irradiant. Ces bourgeons secondaires prennent eux-mêmes la forme canaiiculée, se juxtaposent, s'entremêlent et vont finalement aboutir à un petit peloton vasculaire contre lequel vient pour ainsi dire buter leur extrémité en csecum ; dès lors ils ne se développent plus. Ils embrassent, chacun par son extrémité caecale, un peloton vasculaire, qui refoule le cul-de-sac dans l'intérieur du tube de façon à se loger dans une capsule terminale (V. fig. 180, p. 639). Telle est la formation des tubes urinifères et des glo mérules de Malpighi, du rein, en un mot.
Enfin, outre ces trois tubes de chaque côté, le sinus uro-génital se développe par son extrémité antérieure 2 et va constituer le canal allantoidien (ouraque) et la vésicule allantoïdienne (fig. 178. 0. A), dont nous étudierons plus tard les fonctions à propos du placenta ; contentons-nous d'indiquer pour le moment que l'allantoïde et son canal, l'ouraque, dispa-
Fiû.lTS. — Schéma de la forma tion des organes gènito-uri naires *.
i Jacobson, chirurgien anatomiste né à Copenhague en 1783; étudia l'anatoraie à Paris sous la direction de Cuvier. 2 Y. Mathias Dorai, Recherches sur l'origine de l'allantoïde, Paris, 1877.
* i) I, I. tube intestinal avec le bourgeon B, qui commence à s'isoler par l'éperon E.
2) L'éperon E s'est très accentué ; le bourgeon B s'est très développé et a donné au loin l'allantoïde A (dont on ne voit que le commencement, le pédicule , et successivement, en allant de l'allantoïde vers le tube intestinal, l'ouraque O, la vessie V, le sinus uro-génital SU, qui lui-même est en connexion avec trois conduits qui sont : 1, pour le corps de Wolff; — S, pour l'organe de Mùller; — 3, pour le rein.
REIN - SÉCRÉTION DE l.'UIUNK 637
raissent chez l'adulte, et qu'il ne reste plus que la partie toute inférieure du «-anal, laquelle se développe énormément sous la forme de réservoir et constitue la vessie.
Ce rapide coup d'œil sur l'origine des appareils génitaux et urinaires nous fait voir entre eux une grande parenté, et par conséquent nous devons nou> attendre à de grandes analogies entre leurs épithéliutns.
Nous allons étudier successivement l'appareil urinaire, l'appareil ital de l'homme, l'appareil génital de la femme. Pour ces deux derniers nous aurons a revenir sur les conditions embryologiques rapidement esquissées déjà, et qui seules nous permettront d'établir l'hornologie des organes des deux sexes.
A. Sécrétion de V urine.
Tubes urinifères. — Les canaux ou tubes qui composent le parenchyme rénal sont des tubes à direction rectiligne dans la partie médullaire du rein (tubes de Bellinii fig. 179), puis repliés et contournés sur eux-mêmes (tubes de Ferrein *) dans la substance corticale (fig. 180). L'union des tubes de Ferrein avec ceux de Bellini se fait non pas directement mais par l'intermédiaire de canaux qui affectent la forme d'anses, et qu'on nomme canaux à anse de Henle3. D'autre part, chaque tube se termine par une dilatation ampullaire dans laquelle fait hernie un peloton sanguin (glomèrule de Malpujlti), formé par la capillarisation d'une artériole (vaisseau afférent) (fig. 180, a). Ces capillaires pelotonnés se réunissent en un petit tronc efférent qui sort du glomèrule par le même point
1 Bellini, anatomiste italien (1643-1794); c'est à dix-neuf ans qu'il publia sa découverte des tubes urinifères, à Pise, où il fut professeur dès 1663.
2 Ferrein (Antoine), médecin français (1693- 1769), fit ses études à Montpellier ei devint professeur à Paris.
3 Les canaux en anse de Henle sont la suite des tubes de Ferrein, qui, à un moment donné, s amincissent considérablement, deviennent rectilignes et descendent dans la substance médullaire des pyramides (à côté des tubes de Bellini), puis se recourbent en se dilatant de nouveau pour remonter dans la substance corticale; là ces canaux s'infléchissent de nouveau, puis se continuent finalement avec le commencement du vrai tube de Bellini. En un mot, les tubes de Henle constituent des anses, en forme de siphons renversés, entre le tube de Ferrein et le tube de Bellini. On n'a, au point de vue physiologique, aucune notion sur le rôle de ces anses, non plus que sur la signification de leur rétrécissement dans leur branche descendante et de leur dilatation dans leur branche ascendante. Signalons enfin un dernier détail, c'est que leur épithélium est clair et transparent dans la branche étroite et descendante, foncé, trouble et granuleux dans la partie large et ascendante.
APPAREIL URIXA1RE
ou par un point voisin de celui par où est entré l'afférent (fig. 180, pX). Mais ce qu'il y a de remarquable, c'est que le vaisseau efférent ne va pas de suite se réunir à ses congénères pour constituer la veine rénale. Presque immédiatement après sa sortie du glomérule, il se divise de nouveau, se capillaiïse et forme dans le
parenchyme rénal un réseau capillaire (RC, fig.
180) dont les mailles s'entrelacent avec les canaux urinifères. Ce tronc efférent (p Y) ne mérite donc pas le nom de veine pure et simple ; c'est un système à part qu'on peut à la rigueur considérer comme une veine porte rénale, puisqu'il est intermédiaire entre deux systèmes capillaires, celui des glomérules et celui du parenchyme rénal ; c'est à ces derniers capillaires que succèdent les vraies ori gin es de la veine rénale (fig. 180. Y).
Circulation rénale. — Cette disposition du système vasculaire dans le rein doit être prise en sérieuse considération dans toute théorie ayant pour objet le mécanisme intime de la sécrétion urinaire.
Si, en effet, nous nous rappelons que les différences de pression existant dans les diverses parties du système circulatoire tiennent non seulement à la forme de ces parties (troncs, petits vaisseaux, ou capillaires), mais encore à leur distance des deux points extrêmes i ventricule gauche et oreillette droite) d'origine et de terminaison de l'appareil vasculaire ( Yoy. p. 232), il nous sera facile de voir que
Fig. 179. — Tubes droits du rein'
* Origine et dichotomie des canalicules urinifères de la substance médullaire du rein humain (tubes de Bellini) — (D'après Schurelansky).
REIN - SECRETION DE L'I RINE
dans les deuxsytêmes de capillaires rénaux, les pressions ne seront nullement ce qu'est la pression normale dans les capillaires ordinaires (des membres, par exemple). En effet (fig, 1 SI), tandis que <lans ces derniers, par suite de leur position moyenne (V. Circulation. p. 2'J'i) entre l'origine du cône artériel et la terminaison du cône veineux, la pression est elle-même moyenne entre les deux pressions extrêmes correspondantes, c'est-à-dire est représentée par
Fig. 180. — Schéma du rein Fig. 181. — Schéma des deux systèmes de capillaires et de sa circulation*. du rein (veine porte rénale)**.
12/100 (celle de l'origine de l'aorte = 25/100, et celle de la terminaison de la veine cave = 0 ou 1 100); dans le système rénal au contraire, ce nombre 12 100 représente non la pression de l'un ou de l'autre des deux ordres de capillaires, mais bien la pression du tronc éfférent glomérulaire (du vaisseau pV de la fig. 180), puisque, comme le montre le schéma (fig. 181), c'est précisément
* Tô, tube droit ou de Bellini ; — T/", tube contourné ou de Ferrein (on n'a pas représenté les canaux à anse de Henle : — G, glomérule avec sou peloton vasculaire; — a, artériole afférente aux capillaires du glomérule ; — pV, vaisseau éfférent qui se capillarise de nouveau au milieu des tubes rénaux (en KG avant d'aboutir dans le véritable vaisseau veineux Y .
La superposition des figures montre que les pressions ne sont pas les mêmes dans les capillaires de la circulation générale, et dans chacun des systèmes capillaires du rein (au niveau du glomérule et dans les interstices des tubes).
1) circulation générale: — V, ventricule; — O, oreillette; — a, artère; — V. veines ; — C, capillaires (pression = 12 .
2) Circulation rénale; — V, ventricule; — O, oreillette; — a, artère rénale et vaisseaux afférents du glomérule; — c, c. capillaires du glomérule (pression = 18 ; — SP, vaisseaux efférents du glomérule (représentant le tronc d'une veine porte, le vaisseau p\, de la figure 180); — c, c, capillaires résultant de la dichotomie de ce tronc effèrent au milieu des tubes rénaux pression —6); — V, veine rénale proprement dite, succédant à ce second système de capillaires.
ce tronc efférent (SP)qui est placé au milieu de la distance entre le ventricule gauche (V) et l'oreillette droite (0).
Quanta la pression dans les capillaires rénaux, un calcul semblable nous montre que dans ceux du glomérule, c'est-à-dire dans ceux qui sont placés entre le système artériel proprement dit et le vaisseau efférent (SP, fig. 181), la pression doit être moyenne entre 25/100 et 12/100, c'est-à-dire de 18/100 (en G'C, fig. 181). Dans ceux qui succèdent au vaisseau efférent, serpentent au milieu des tubes unirifèrespour donner naissance à la veine proprement dite (fig. 180, RG, et fig. 181. GG), la pression doit être moyenne entre 12/100 et 1/100, c'est-à-dire égale à 6/100. (V. Circulation, p. 224).
D'une manière plus générale, on peut donc dire que le sang des capillaires du glomérule est soumis à une pression plus considérable, celui des capillaires interstitiels ou parenchymateux à une pression moins considérable que le sang des capillaires ordinaires.
Théories de la sécrétion. — L'intensité de la pression dans le premier système a attiré l'attention de tous les physiologistes et tous admettent qu'à ce niveau doit se produire une filtration toute mécanique, qui sera la source de la première phase de la sécrétion urinaire ; mais on n'est pas d'accord sur la nature du liquide filtré. Pour les uns (Bowman), ce n'est que de l'eau; pour les autres (Ludwig), c'est de l'urine complète, mais trop diluée, et n'ayant qu'à perdre une partie de son eau pour devenir l'urine telle qu'elle est versée dans la vessie.
Première théorie. — Aujourd'hui la plupart des auteurs se rattachent à la théorie de Bowman, et invoquent en sa faveur les expériences de Heidenhain. Cet auteur, ayant observé que le rein vivant est le lieu particulier d'élimination de l'indigo injecté dans le sang, a pensé que cette élimination de l'indigo devait se faire de la même manière et par les mêmes éléments anatomiques que celle des principes spécifiques de l'urine. Dans la pensée que le glomérule laisse passer seulement de l'eau, et qu'à cette eau, pendant qu'elle parcourt les tubes du rein, viennent s'ajouter les principes constitutifs de l'urine (urée, sels, matières colorantes), lesquels seraient fournis par l'épithélium des tubes, Heidenhain a recherché comment se faisait l'élimination de l'indigo chez les animaux auxquels on faisait une saignée très abondante, ou auxquels on pratiquait la section de la moelle au-dessous du bulbe. Par l'une comme par l'autre de ces opérations on diminue et rend presque nulle la pression du sang dans le rein, et on supprime la production de la partie aqueuse de l'urine, Fmais dans ces cas on voit cependant les canalicules con-
REIN THÉ0RIE8 DE LA SECRETION «;il
tournés de Ferrein et les branches montantes des anses de Henle gorger d'indigo, tandis que les glomérules restent incolores, ainsi que Les tubes grêles de l'anse de Henle. Ces canalicules contournés el les
branches montantes ou larges de l'anse «mt donc fonctionné d'une manière indépendante pour éliminer l'indigo. Orcesparties sont précisément celles qui sont revêtues (voy la note page 637) d'un épithélium granuleux rappelant l'aspect des cellules des glandes. On en conclut donc que les glomérules président à la filtration de l'eau, et que cette eau devient urine en recevant de l'épithélium de certaines parties des tubes urinifères les principes caractéristiques de l'urine1.
Seconde théorie. — Quoique la théorie précédente soit adoptée actuellement par la grande majorité des auteurs, et qu'elle paraisse appuyée sur des faits expérimentaux, nous croyons devoir donner ici quelques développements à une autre théorie (dite théorie de Kuss), qui sans doute repose bien plus sur des arguments que sur des faits, mais qui cependant tient un compte rigoureux de toutes les conditions si particulières de la circulation rénale.
Or, si nous appliquons au peloton vasculaire du glomérule les connaissances que nous fournit la physiologie des capillaires des autres parties du corps, en nous rappelant que les capillaires du glomérule présentent la même structure que ceux de toute autre région, nous devons conclure qu'ici doit se produire normalement, vu l'excès normal et permanent de pression, ce qui se produit anormalement dans toute autre région, lorsque la pression sanguine est exagérée. Or, lorsqu'une ligature comprime les veines du bras, lorsqu'une cause pathologique quelconque arrête la circulation veineuse abdominale, en un mot toutes les fuis que la pression augmente dans des capillaires, ceux-ci laissent filtrer à travers leurs parois la partie liquide du sang, le sérum avec tous ses principes constitutifs, eau, albumine, etc. Nous sommes donc autorises a penser qu'il en est de même normalement au niveau du glomérule, et que celui-ci laisse passer dans le tube urinifère, non de l'eau pure, mais le sérum du sang, sans distinction de ses éléments.
Tel serait donc le premier phénomène de la sécrétion de l'urine : filtration du sérum sanguin. Voyons maintenant comment le produit de la filtration glomérulaire se transforme en urine : il est évident que cette transformation va se faire dans le trajet sinueux des tubes urinifères que parcourt le liquide filtré pour se rendre de son point d'origine vers le bassinet.
Les auteurs qui ne voient dans le liquide filtré que de l'eau pure ne peuvent concevoir l'achèvement de l'urine que par une sécrétion des parois des canalicules urinifères, sécrétion qui vient ajouter à l'eau les matières que l'urine doit contenir, comme il a été dit ci-dessus. Ceux qui, comme
1 Voy. Charcot, Leçons sur les maladies du foie et du rein. 1877, p. 219 M. Duval, Physiol. ^
gg APPAREIL URINAI!
Ludwig et V. Witlich 3. voient, dans le produit filtré, de l'urine trop diluée. .... rare, l'aehèveine: ..e-ci par une simple résorp -
tion aqueuse effectuée parles parois des tubes urinifères et amenant l'urine au c- . ation von
De : . .. admettant que le produit de la filtration . ...-. liai
- . un sangu.... e, d'autre paît. l'étude comparée de la composi-
i'urine montre que d"une manière générale le premier liquide id que par de Talbumine en plus, nous
lues amenés a concevoir Poe I rine par la ptit
de cette albums. . . - i n [tri - fera nécessairement dans le long circuit es - :es.
te manière de concevoir la seconde phase du travail rénal résul - nous nous son rs faite de la première partie
e travail: nous ..'-" us pas de moyen de vérification directe: mais
s pouvons examir. - si . -.- que nous ssons : la structure du rein
si favorable a cette manière de voir.
D'abord U . . la forme si diversement contournée des tubes urini-
s, ::rme qui rappelle si bien les circonvolutions intestinales, porte naturellement a y voir un appareil de résorpti . le cours du liquide si ralenti pour que l'absorption soit favorisée par un contact proloi les parois. D'autre part, l*< I mn qui tapisse ces tubes est.au
::s dans une partie de leu: :. clair et transparent, et non granu-
leux comme les epithéliums des culs- e-sa - s réteurs de glandes. Cet . un parait donc plutôt destiné à prés irption, et sans
s le-t-il d'une manière active en enlevant au sérum préciser. le principe ai ssaïre à l'organisme, et dont le sang ne peut être pi san- - . l'albumine. Que cet épi tL- i soit malade, il ne fonctionnera plus, et alors l'albumine ne sera plus résorbe-. ins les
urir s: : — : ce qui ai os la maladie de Bright, qui porte précisément
sur répithélium rénal. Les auteurs qui font jouer a cet épitbéiium un rôle de sécrétion, par lequel la paroi du tube ajouterait a l'eau filtrée les principes constil its l'urine. - ni en face d'une singulière contradic- . quand ils veulent expliquer la patbogénie de l'albuminurie, car il de leur manière de voir que. quand cet épitbéiium est malade, ii - referait non seulement es i . . : sol - ...aire entrent os la constitution de l'urine, mais encore un nouvel élément, l'albumine -. D'autre part nous Bavons qu'en général l'absorption est favorisée par une faible pi ssà n :ans les vaisseaux sanguins qui doivent recevoir produit de cette eorpt .. nous avons vu que, dans les eapilla:
i Witti .. '■'.-■' A ■ kiv fur pathologische A -. Baad X. —
; a -. I '."..: Menschen* La - ." .BandI.
* Les considéra*., us :e qui se rattachent à la théorie de la
sécre telle que r. - os le l'exposer,
le ralbuminei e, dans la patin'- c ' ." " tint -•'. er.1872. — V. aussi J.-B. (M
s de la phi. de la fonction urina ire, thèse de Pan-.,
SÉCRÉTION l UINA1RK
voisins des tubes urinifèrôs, la pression est moindre que dans les capillaires ordinaires. Le réseau sanguin interstitiel est donc admirablement disposé pour recevoir l'albumine résorbée par L'épithélium, de même que les capillaires glomérulaires le sont pour laisser filtrer le sérum, et en somme c'est l'étude du Bystème circulatoire, de ce que nous pouvons appeler la veine porte rénale, qui nous donne la clef du double phénomène de filtra tion et de résorption qui constitue les deux phases essentielles de la
i étion urinaire. La physiologie comparée montre ce double phénomène d'une manière encore plus évidente. Ainsi chez les ophidiens, dont les urini a sont concrètes, on les voit d'abord liquides au commencement des tubes urinifèrôs, puis s'épaississant peu à peu dans leur trajet jusqu'à acquérir leur consistance si caractéristique.
Ainsi, en résumé, la sécrétion de l'urine se composerait de deux phases bien distinctes : un phénomène de filtration pure au niveau du glouiérule, filtration qui donne passage au sérum du sang, c'est-à-dire à de l'urine, plus de l'albumine : 2° à ce phénomène purement mécanique succède un travail vital de la part des éléments cellulaires de Vépithélium des tubes urinifères ; ces éléments résorbent l'albumine, et cette absorption est aidée par les conditions de faible pression du sang dans les capillaires interstitiels.
Quelle que soit la théorie admise pour le mécanisme de la sécrétion de l'urine, il est en tout cas démontré que le rein ne forme pas, n'élabore pas les principes contenus dans l'urine, mais ne fait que les séparer du sang. On a longtemps cru que le rein formerait l'urée, comme les glandes salivaires forment la ptyaline, l'estomac, la pepsine, etc. ; mais il est prouvé aujourd'hui que toute l'urée que l'on trouve dans les urines était primitivement contenue dans le sang. Les physiologistes ont été longtemps partagés à ce sujet; la question se réduisait à une question de dosage ; il s'agissait de démontrer que l'urée préexiste dans le sang et ne se forme pas clans le rein, c'est-à-dire que le sang de la veine rénale possède normalement moins d'urée que celui de l'artère, et que la ligature des uretères ou l'ablation des reins produisent le même effet. En France, Prévost et Dumas, Ségalas et Vauquelin, Claude Bernard et Barreswil, Picard ', étaient arrivés à ces conclusions ; mais, en Allemagne, on contestait le résultat de leur recherches en attaquant leurs divers procédés de dosage de l'urée ; Oppler, Péris, Hermann, Hoppe-Seyler et Zalesky prétendaient que l'urée se forme en grande partie dans le tissu rénal, comme la ptyaline se forme dans les glandes salivaires ; une macération du rein aurait donné naissance à de l'urée, comme une macération de la parotide
1 J. Picard, De la présence de l'urée dans le sang et de sa diffusion dans l'organisme, Strasbourg, 1856.
une lieu à de la diastase animale. Enfin Zalesky prétendait que l'ablation des reins (néphrotomie) et la ligature de l'uretère, prônaient des accidents différents : que. dans la ligature de l'uretère, l'urée se trouvait en bien plus grande abondance dans le sang, et amenait plus rapidement les accidents urémiques.
La question n'a pu être tranchée que par l'emploi d'un procédé
d'une exactitude incontestable: c'est le procédé qu'a
Iréhant : il s'est servi du réactif de Millon ou nitrate
.eux de mercure, qui décompose l'urée en volumes égaux
l'acide carbonique et d'azote, et il a donné à ce procédé de dosage
son caractère de rigueur et d'exactitude en s'attachant à recueillir
it l'acide carbonique et tout l'azote provenant de cette réaction,
sorte que. dans chaque analyse, l'égalité des volumes trouvés
:ide carbonique et d'azote lui a donné la certitude que i'ui
île avait été décomposée. Il a ainsi démontré que l'accumulation
lana le sang, après la néphrotomie. se fait d'une manière
ntinue, el ts as. comme dans la ligature de l'uretère,
poids d'urée qui s'accumule dans le sang est égala celui que
- reins auraient excrété; que, après la ligature des uretères, le
sî ng qui sort du rein contient exactement la même quantité d'urée
celui qui entre dans cet organe: que. à l'état normal, le sang de
la veine rénale contient moins d'urée que celui de l'artère, et que
ce déficit correspond précisément à la quantité d'urée qui est
1 endant ce temps par les urines :.
On est donc endroit de conclure aujourd'hui, d'une manière
ntestable, que le rein n'est, relativement à l'urée, qu'un orga
produit s'élimine, après s'être formé dans toute
nomie : si la macération du rein a donné à Hermann une
rtaîne quantité d'urée, c'est que le filtre rénal peut être imprégné
oette substance et en abandonner par le lavage. Mais on ne
irait cependant assimiler com . tem ni -rein à un filtre: il se
ss en effet au niveau des épithéliums des tubes rénaux des
aux d'élection sur certaines substances : quelle que soit
la théorie admise pour le mécanisme de la production de l'un
: ces phénomènes spéciaux localisés dans l'épithélium rénal qui
constituent par leur ensemble le pl;éi. . le la sécrétion rénale,
d ne saurait dire, à ce point de vue. que le produit delà sécrétion
- : un produit de nltration pure et simple. C'est ce que
:ve la composition de l'urine.