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URINE; REACTION; MATIÈRES COLORANTES

'acidité urinaire doit persister également pendant an temps beaucoup plus long.

Matières colorantes; acides sulfo-conjuguès . — Les matières colorantes les mieux connues de l'urine sont Yurobiline et Vîndican.

L'urobiline se trouve dans l'urine normale, où elle peut être cependant représentée seulement par une matière cliromogène incolore, Yurobiline réduite, qui par oxydation se transforme en urobiline colorée ou îiydrobilirubine. L'urobiline provient de la matière colorante biliaire, transformée dans l'intestin ; une partie de l'urobiline ainsi produite est rejetée avec les excréments, l'autre est résorbée, passe dans le sang, et de là dans les urines. Mais l'urobiline paraît pouvoir être produite aussi par transformation directe de la matière colorante du sang, de l'hémoglobine l.

Uindican appartient à la classe des substances dites acides s idfo- conjugicés ; c'est une combinaison de l'indol avec l'acide sulfurique. L'indol se produit par la décomposition des matières nlbuminoïdes dans la digestion pancréatique. Toutes les causes qui augmentent la production de l'indol, en prolongeant le séjour de cette substance dans l'intestin, augmentent la production d'indican; aussi Tindican est- il d'autant plus abondant dans les urines que l'alimentation est plus azotée, plus riche en viandes.

Nous venons de dire que l'indican est un acide sulfo-conjugué. Or, un grand nombre de substances, formées dans l'organisme, s'unissent à l'acide sulfurique provenant de la désassimilation des matières albuminoïdes et se retrouvent dans l'urineà l'état d'acides sulfo-conjuguès , composés comparables à des éthers, car ils représentent la combinaison d'un acide et d'un alcool (phénol); tels sont : l'acide phénosulfurique, qui provient du phénol produit dans l'intestin aux dépens de la tyrosine produite dans la digestion pancréatique des albuminoïdes ; l'acide crésolsulfurique (le crésol se forme dans l'organisme dans les mêmes conditions que le phénol; l'acide scatolxylsulfurique (pour le scatol voir ci-dessus, page 386), l'acide sulfopyrocatéchique, etc.

i Dans les cas d'ictère, d'obstruction des voies biliaires, la bile, n'étant plus versée dans l'intestin, est résorbée dans le sang et ses principes constituants -apparaissent alors en abondance dans l'urine. On reconnaît dans l'urine la présence des pigments biliaires par la réaction de Gmelia : dans un tube à réaction un verse d'abord de l'acide nitrique, puis, au-dessus, l'urine; au contact des deux liquides se forment des zones ou anneaux colorés (vert, bleu, pourpre, ,aune) caractéristiques. — On reconuait dans l'urine la présence des acides biliaires par la réaction de Pettenkofer : par l'addition d'un peu de sucre de canne en poudre et de quelques gouttes d'acide sulfurique, il se produit une belle coloration pourpre.

Toxicité des urines normales, — Les divers composés que nous Tenons d'énurnérer sont des produits de désassimilation qui doivent être rejetés de l'organisme, où leur présence produirait des effets toxiques. Le plus. Pouchet et Bouchard ont reconnu la présence dans l'urine d'alcaloïdes toxiques iptoniaï;.— . C'est pourquoi l'urine normale injectée expérimentalement dans le sang se montre douée d'un pouvoir toxique, plus ou moins grand selon les animaux. Ainsi L'homme élimine en vingt- quatre heures, et par kilogramme, une quantité de poison urinaire capable de tuer 425 grammes d'animal vivant. L'urine du lapin, celle du cochon d'Inde seraient plus toxiques encore. D'après Mairet2 les matières colorantes sont la cause essentielle de la toxicité de l'urine.

Influence du système nerveux. — On ne sait rien de bien précis sur l'influence du système nerveux sur la sécrétion de l'urine : il est probable, d'après ce qui précède, que cette influence se réduit à une action vaso-motrice modifiant et l'afflux et la pr sion du sang dans les capillaires du gloméruie et de la masse rénale. Et en effet, nous avons vu précédemment (p. 94 1 que les lésions du plancher du quatrième ventricule, où paraissent être disposés divers centres vaso-moteurs, agissent sur la sécrétion de l'urine.

Les conducteurs qui vont de ces cent:— ■■ . - le rein sont représentés par des filets du sympathique, comme il était facile de le prévoir et comme l'ont prouvé les expériences de Vulpian, expériences qui ont porté sur les nerfs splanchniques. bè< qu'on coupe l'un des nerfs splanchniques, le rein correspondant s'injecte, dévient rose, augmente de volume; la veine se distend et le sang y paraît artériel: l'urine, sécrétée en beaucoup plus grande abondance, est alors albumineuse 3.

L'autre part Arthaud et Butte ont montré que le pneumogastrique exerce une action vaso-constriotive sur le rein. L'excitation de ce nerf, pratiquée au-dessous du cœur, arrête la sécrétion rénale, et arrête l'écoulement du sang parla veine rénale, tout en augmentant la pression générale du sang artériel.

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